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Publié par glazik-plomeur

Pierre-Laurent-2012-septembre.jpg« Rock’n’roll », « congrès de renaissance », Pierre Laurent, secrétaire national du PCF a multiplié les adjectifs pour qualifier l’ambition de notre prochain congrès. Qu’en est-il vraiment ? Quels sont à ses yeux les avancées nécessaires ? Quel est le rôle des communistes ? Il répond à nos questions.

Quelle est pour vous la question principale du congrès ?

Pierre Laurent : comment être utile ? Comment être utile à la France, à l’Europe ? À l’humanité ? Nous sommes dans une période historique singulière. La crise nous invite au bouleversement du monde, mais elle peut aussi conduire à des chocs terribles. Etre utile à ouvrir des chemins nouveaux d’émancipation, c’est la question centrale. Tout le reste, stratégie, élections, rassemblement, découle d’une seule et même question, assumer nos responsabilités.

 

Cela paraît assez logique...

Non, ça n’a rien de naturel. Quand des millions de nos concitoyens, quand des millions d’européens considèrent la politique comme inutile, coupée de leur vie, c’est tout sauf évident. Les forces populaires doivent trouver la force d’affronter la finance. Je vois le danger d’extrême-droite, la montée du désespoir et du ni-droite-ni-gauche. Copé multiplie les provocations à caractère raciste... il y a urgence. L’heure n’est plus à finasser : nous devons être à la hauteur.

Revenons au congrès...

Mais nous sommes en plein dans le congrès ! L’austérité n’a pas d’avenir. Et
les conséquences d’une détresse sociale massive sont imprévisibles.
Soyons clair : dans les débats auxquels j’ai participé sur le traité européen, les participants n’ont qu’une seule question : comment faire autrement ? Quelle politique d’avenir ? Comment construire le changement ? Alors oui, je suis pour un congrès d’offensive sur l’avenir, qui nous engage à poursuivre le travail de rassemblement, avec et au-delà du Front de gauche, pour agréger le maximum de forces contre l’austérité et pour une nouvelle politique.

 

Quelles sont pour vous les éléments de rupture nécessaire ?

La clé de tout, c’est l’implication démocratique, la prise de pouvoir populaire sur les débats et les choix politiques. Les communistes vont débattre pendant plusieurs mois. Et chacun, chacune compte pour un. Il faut aussi dépasser les anciens clivages, les anciennes divisions. Ce congrès doit être un grand congrès de rassemblement et de fraternité, qui envoi des signaux clairs de nouveauté à la société. Je prends un exemple : l’industrie. Il faut reprendre le flambeau de la production. Qui peut croire qu’il est plus écologique de fermer ici des usines pour produire à 10 000 kilomètres les biens dont nous avons besoin ? Qui peut croire que nous pourrons longtemps produire des téléphones portables, jetés en moyenne tous les 18 mois, irréparables, alors que la fabrication de leurs composants est hautement polluante. Aujourd’hui, un ouvrier dans l’automobile produit quinze fois plus qu’il y a 40 ans... Et nous devrions nous plier à l’injonction de la compétitivité ? Il faut donc se retrousser les manches, définir une politique industrielle, sociale et écologique et sortir du modèle dominant. Cette audace, nous devons l’avoir sur tous les sujets. Notre base commune de discussion est une invitation à créer des idées, du projet et de l’action.

 

Pourquoi parler d’un communisme de nouvelle génération ?

Parce que la génération actuelle a vécu à la fois dans le monde du chaos social et écologique et dans le monde de l’explosion des capacités de partage. Les nouveaux adhérents me frappent : ils sont décomplexés. Il faut s’appuyer à fond sur cette poussée nouvelle en partant du réel, du réel et encore du réel. Et le réel, c’est l’explosion des capacités de partage. Donc oui, un communisme de nouvelle génération.

 

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