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Publié par Torreben

La batterie électrique est déjà à plat

IL S'EN VEND de plus en plus, et demain, promis, on ne verra plus qu'elles sur les routes : les voitures électronucléaires, dites « voitures électriques ». On ne cesse de nous le rabâcher, la voiture électrique est très écolo et très bonne pour la planète. Toutes ces vertueuses centrales nucléaires dont elle aura besoin ! Ces milliers de bornes à installer sur les routes pour qu'elle puisse recharger sa batterie !

Sa batterie, justement. Regardons-la de près. Très lourde, très coûteuse, bourrée de métaux très rares. Voyez celle de la Tesla Model S. Elle pèse pas moins de 544 kg (soit le quart du poids total de la voiture). De quoi lui permettre – quel exploit ! – une autonomie d'un peu plus de 500 km.

Dans la batterie, on trouve 16 kg de nickel. Ce qui affole les industriels. Le nickel est plutôt rare, sur cette terre. « Le goulet d'étranglement de la transition énergétique se fera sur le nickel », vient d'affirmer le patron français de Tesla (« Les Echos », 6/10). Dans dix ans, il en faudra dix fois plus qu'aujourd'hui. Et ce ne sera qu'un début...

En prime, extraire du nickel, c'est une vraie galère. Non seulement il faut aller le chercher dans des pays exotiques, l'Indonésie, surtout, ou la Nouvelle-Calédonie, mais on ne le trouve jamais à l'état pur. Dans les minerais, il n'existe qu'en très faible proportion... Il suffit qu'ils en contiennent plus de 1,3 % pour qu'on les exploite. Creuser, extraire, broyer, cribler, hydrocycloner, etc. Résultat : de colossales montagnes de résidus. La plupart du temps, on les déverse dans la mer. Tant pis pour la biodiversité et les coraux. La mobilité verte n'a pas de prix.

Il y a aussi du lithium. Il en faut 15 kg. On en trouve sur les hauts plateaux des Andes, à plus de 3 000 mètres d'altitude. Il faut pomper sous les salars (lacs de sel asséchés) la saumure riche en lithium, ce qui fait migrer l'eau douce vers les profondeurs. « Une catastrophe écologique », disent les autochtones, qui souffrent déjà du manque d'eau (Reporterre, 2/9).

Il y a aussi 10 kg de cobalt. On va le chercher surtout au Congo. Son cas inquiète particulièrement les constructeurs automobiles soucieux de leur image d'amis du genre humain. Le cobalt est en effet « associé au travail d'enfants qui creusent à mains nues dans des mines artisanales pour à peine 2 dollars par jour » Les Echos », 23/9). C'est embêtant. Faudrait faire quelque chose. Mais il y a plus urgent. Il faut rattraper la Chine. Elle est déjà le champion mondial de la batterie électrique. L'Europe va lancer l'« Airbus des batteries », « un enjeu de souveraineté européenne », a dit Macron.

Ah, un détail : comme la batterie électrique est affreusement lourde, tout le reste doit être léger. La carrosserie de la Tesla est donc en aluminium. Dont l'extraction produit des boues rouges très toxiques et est très gourmande en énergie. On nous promet donc pour demain matin un « aluminium vert ». Les pauvres amish doivent en rester babas.

Jean-Luc Porquet (Le Canard Enchaîné)

Merveilleuse voiture électrique

Deux heures et demie de charge et 23 euros pour faire 300 kms !

Le pourtant très pro-électrique magazine Automobile Propre (https://www.automobile-propre.com/)vient de réaliser un test grandeur nature du Kia e-Niro 64 kWh sur un trajet Paris Lille (220 km) et en dresse le bilan.

Au-delà des conditions du voyage que nous vous laissons découvrir à la lecture de l’article d’Automobile Propre, faisons simplement un focus sur l’autonomie et les aléas rencontrés pour recharger le Kia.

Nos braves essayeurs sont partis de Paris avec un véhicule chargé à bloc et affichant une autonomie prévisionnelle de 477 km permettant, en théorie, de faire allègrement l’aller-retour.

En théorie, seulement !

Ils rejoignent Lille à une vitesse moyenne de 96 km/h pour constater amèrement que vitesse et chauffage de l’habitacle ont sévèrement réduit l’autonomie : il ne reste que 90 km d’autonomie !

Il faut donc « faire le plein » pour pouvoir rentrer. Ils décident de repartir en direction de Paris et de charger sur l’aire de Saint-Léger, à 57 km au sud de Lille. Cette aire est équipée d’une borne rapide « Corri-Door » censée délivrer jusqu’à 50 kW en courant continu. Arrivés sur place, il leur reste seulement 5% de batterie pour 15 km d’autonomie affichée. Ouf !

Mais, nouvelle déconvenue, la charge plafonne à 40 kW et va s’interrompre soudainement après avoir fourni seulement 1,9 kWh à la batterie de la Kia. Une seconde session de charge permet de récupérer 1,7 kWh de plus. Les appels auprès du gestionnaire de la borne ne parviennent pas à résoudre le problème.

Après 4 sessions et plus d’une heure de manipulations (!) nos testeurs ont récupéré seulement 7,3 kWh. Ils repartent pour terminer la charge dans une autre station. Ils doivent parcourir 75 km avec 26% de batterie pour atteindre l’aire de Ressons-Ouest qui dispose aussi d’une borne du réseau « Corri-Door ». Inquiétude à bord.

À 110 km/h, ils rallient la borne non sans suées… froides : le e-Niro est passé en « mode tortue » sur la bretelle d’accès à l’aire. La vitesse décline très rapidement et, subitement, tombe à 15 km/h ! À la borne, il reste 1% de batterie et 1 km d’autonomie.

Dieu merci, cette fois la borne fonctionne correctement et le Kia récupère 58 kWh… en 1h20 ! Cela permet de rentrer à Paris. Le temps de charge total approche les 2 h 30. Heureusement qu’il n’y avait pas d’attente à la borne et que nos intrépides testeurs n’avaient pas prévu un rendez-vous en soirée. Notons encore qu’ils ont fait le trajet de jour. Imaginez la galère s’ils avaient effectué le même parcours de nuit (avec les feux allumés), sous la pluie (essuie-glaces) et avec le dégivrage de la lunette arrière. Prévoir le groupe électrogène dans le coffre !

Le tarif de la recharge est particulièrement salé : via le Pass Chargemap, ils ont dû acquitter 23,16 euros, pour les 300 km effectués. Un coût qui porte l’usage de la Kia e-Niro 64 kWh au même niveau que son équivalent thermique à essence, pour une source énergétique pourtant non encore frappée de fiscalité ! Ce qui n’est pas tout à fait vrai (voir en annexe).

Cette expérience a permis de mettre aussi en lumière la problématique concernant la fiabilité des bornes de recharge et, son corollaire, le coût de leur maintenance. Car il faudra bien le supporter d’une façon ou d’une autre. Enfin, elle pose la question de la tarification très variable des différents opérateurs de réseaux et bornes et de leurs opérateurs commerciaux (ChargeMap, Sodetrel, Ionity…).

ANNEXE

L’énergétique des stations de recharge est-elle exempte de fiscalité ?

NON... La fameuse TIPP (taxe intérieure sur les produits pétroliers) a été rebaptisée TICPE (Taxe Intérieure sur la Consommation des Produits Énergétiques). Tiens, et pourquoi ça ? Pas difficile à deviner, c’est pour intégrer l’électricité à l’assiette de cette juteuse taxe.

Quand tous les gogos auront leur bagnole électrique et qu’ils la rechargeront sur leur prise spéciale raccordée à « INDEX INACTIF5 » de leur compteur Linky, ils comprendront leur douleur : sur cet index-là, le Kw/h ne coûte pas 0,75 € comme celui qui fait fonctionner le grille-pain mais 1,35 € soit 86 € le plein de 64 Kwh… pour parcourir 200 Km.

Source : Texte Brut sur Facebook (Message pour les bobos écolos) en commentaire de Automobile Propre

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