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Publié par Torreben

Jean KERVISION

HOMMAGE DU PARTI COMMUNISTE FRANÇAIS A JEAN KERVISION

Chère Marianne, mesdames, messieurs, cher(e)s ami(e)s et camarades,

Jean vient de nous quitter.

Pouvions-nous croire un seul instant qu’il puisse disparaître, nous qui le prenions encore pour un jeunot à quatre vingt treize ans.

Sa faconde, son sens de l’humain, sa détermination éclairant tous les combats qui conduisirent sa vie devaient – n’en pas douter – caractériser et fixer pour les générations à venir le chemin vers les temps nouveaux auxquels il aspirait.

Jean avait de qui tenir ; son père, marin de la marchande, à la demande de la direction du parti communiste et du Kominterm, s’impliqua fortement dans cette épopée que fut celle de France Navigation.

Des armes pour l’Espagne !

De Mourmansk, en URSS, aux environs de Bordeaux, des cargos affrétés déchargèrent à la barbe du gouvernement de la non intervention, pourtant issu du Front Populaire, quantité d’avions démontés, de tanks dépiécés, de canons encore silencieux et d’autres armes tout aussi terribles, qui ensuite, clandestinement, par convois, prenaient le chemin de la frontière pour être livrés à l’armée de la République Espagnole.

Oui décidément Jean avait de qui tenir.

Le temps imparti pour cette cérémonie étant cruellement courte, je m’abstiendrai de parler de toutes les facettes de la vie de Jean, elles furent si nombreuses que la mémoire des faits et des prouesses, parfois, donnent le vertige.

Du normalien au militant syndical, du défenseur de la laïcité à l’élu de la commission administrative paritaire de la fédération de l’éducation nationale, du directeur du journal « Le Travailleur Bigouden » au secrétaire du Secours populaire, du maire adjoint à Guilvinec au secrétaire de notre section du pays bigouden… et tant d’autres responsabilités encore prises tout au long de sa vie ; toute une vie au service de notre peuple, au service de l’éducation populaire, toute une vie où les mots solidarité et combat se croisent pour finalement n’en faire qu’un.

Car il connaissait bien le sens et la valeur des mots, lui, l’instituteur, le passeur de connaissances, lui le communiste, le passeur de dignité… avec des mots…comme disait Louis Aragon.

 

                            Avec des mots à l’échelle du vent

                            Avec des mots ou notre amour se fonde

                            Avec des mots comme un soleil levant

                            Avec des mots simples comme le monde

 

Jean n’est plus. Il était membre du Parti communiste français depuis 1945. Une fidélité de 75 ans, cela aussi comment l’oublier… et cette fidélité de lui à nous, de nous à lui, seule la mort pouvait la rompre…elle l’a fait.

Chère Marianne nous t’adressons à toi, tes enfants, petits enfants et arrières petits enfants, à ta famille et à tes proches l’expression de la douleur et de la tristesse des communistes du pays bigouden.

Adieu Jean.

Lettre d’Ismaël DUPONT, secrétaire départemental du PCF

 

Bonjour,

Les communistes du Pays Bigouden et les communistes finistériens ont l'immense tristesse de perdre un camarade extraordinaire: Jean KERVISION, militant communiste depuis 1945 et fils de militant communiste engagé dans la guerre d'Espagne avec France Navigation, les combats du Front Populaire et la Résistance, instituteur laïque, directeur d'école, militant syndical au SNI, secrétaire de section du PCF à Guilvinec dans les années 1970, rédacteur en chef du Travailleur Bigouden, le journal de la section PCF du Pays Bigouden (tiré entre 10 000 et 20 000 exemplaires à partir de 1966 pendant 35 ans), ancien secrétaire du comité de Guilvinec-Tréffiagat-Plomeur du Secours populaire français, adjoint communiste au Guilvinec dans les années 80.

Jean KERVISION est décédé à 93 ans. Il est resté un militant communiste jusqu'au bout, attaché à transmettre la mémoire du parti communiste, de la Résistance et du mouvement ouvrier dans le Pays Bigouden, avec son ami et complice Gaston Balliot. Il avait transmis la collection complète du Travailleur Bigouden à Gaston Balliot pour qu'il soit numérisé, puis confié au PCF, ainsi que de nombreux autres documents d'archives.

Nous rendons un hommage vibrant à l'homme et au militant et transmettons toute notre sympathie à sa famille, ses amis, ses proches, ses camarades.

 

Fraternellement,

Ismaël DUPONT

 

 

 

En 2016, Jean KERVISION avait accepté que le titre et le logo du Travailleur Bigouden soient utilisés pour les publications de la Section du Pays bigouden et pour le Blog.

oooooooooooooooooooooooooooooo

NOTICE BIOGRAPHIQUE DE JEAN KERVISION

Source : https://maitron.fr/spip.php?article107837, notice KERVISION Jean, Yves, Marie par Jacques Girault, version mise en ligne le 18 novembre 2010, dernière modification le 21 février 2013.

 

KERVISION Jean, Yves, Marie

Né le 29 janvier 1928 au Guilvinec (Finistère) ; instituteur ; militant syndical ; militant communiste dans le Finistère, adjoint au maire du Guilvinec.

Son père, marin de la Marine marchande, membre de la CGT, adhéra au Parti communiste en 1934 et en resta membre jusqu’à son décès en 1981. A la demande de la direction du Parti communiste, il navigua sur deux navires de la compagnie France-Navigation et participa au transport maritime des armes acheminées pour les troupes républicaines espagnoles depuis Mourmansk en URSS à Bordeaux et à Honfleur. Engagé dans les FTPF, il participa au siège puis à la libération de la poche de Lorient en 1944. Sa mère était aussi membre de la CGT. Jean Kervision reçut les premiers sacrements catholiques. Élève du lycée de Quimper (1939-1940) puis du cours complémentaire du Guilvinec (1940-1945), il entra à l’Ecole normale d’instituteurs d’Angers (Maine-et-Loire) en 1945. Titulaire du baccalauréat, il commença sa carrière d’instituteur en 1949 à Segré puis revint dans le Finistère en 1950 après son mariage uniquement civil en septembre 1950 à Tréffiagat (Finistère) avec Marianne Quéffelec, fille d’un marin pêcheur, institutrice, future adhérente du Parti communiste français. Le couple eut deux enfants. Il enseigna à Guiller-sur-Goyen dans le canton de Plogastel-Saint-Germain, puis en 1961 devint directeur de l’école de Plomeur dans le canton de Pont-l‘Abbé. Il y resta jusqu’à sa retraite en 1983. Face à la concurrence de l’école catholique, l’école publique passa de deux à huit classes sous sa direction.

Kervision adhéra au Syndicat national des instituteurs en 1948. Secrétaire du SNI dans le canton de Plogastel-Saint-Germain (1954-1961) puis dans celui de Pont-l‘Abbé (1962-1981), il fut membre du conseil syndical de la section départementale du SNI de 1956 à 1981, secrétaire-adjoint de la section de 1967 à 1969. Il était aussi secrétaire-adjoint de la sous-section cantonale de la Fédération de l’Éducation nationale. Il fut de 1958 à 1982 élu à la Commission administrative paritaire départementale et au Comité technique paritaire.

Kervision adhéra aux Jeunesses communistes en septembre 1944 puis à l’Union de la jeunesse républicaine de France. Il fut secrétaire du cercle de l’école normale. En mars 1945, il adhéra au PCF à l’école normale et fut membre de la cellule communiste de l’école jusqu’en 1949. Il fut par la suite militant communiste dans la section de Plozévet. Il participa en 1955 au stage central organisé par le PCF pour les instituteurs communistes. A partir de 1961, il milita dans la section communiste du Guilvinec et en fut le secrétaire à partir de 1972. Par la suite, il fut secrétaire de la section communiste du Pays bigouden qui regroupait les différentes sections des cantons du Guilvinec et de Pont-l’Abbé. Il entra au comité de la fédération communiste en 1974, y resta jusqu’en 1982 puis présida la commission fédérale de contrôle financier. Il fut le trésorier de l’Association des élus communistes et républicains du Finistère de 1983 à 1989. Il fut le directeur et le rédacteur en chef du Travailleur bigouden, mensuel puis trimestriel des sections bigoudènes de PCF de sa fondation en 1966 à sa disparition en 1993.

Kervision s’investit dans les luttes laïques du département par l’intermédiaire des amicales laïques dans les localités successives où il milita activement avec son épouse. Secrétaire général du Comité départemental d’action laïque, il fut directeur de la revue Action laïque Bretagne. En outre il fut le secrétaire de l’association des parents d’élèves du lycée de Pont-l’Abbé de 1961 à 1968.

Kervision fut candidat au Conseil général dans le canton de Pont-l’Abbé en 1979. Il fut élu conseiller municipal et adjoint au maire du Guilvinec de 1983 à 1989.

En 2010, Kervision habitait Tréffiagat. Toujours militant, il n’eut plus de responsabilités dans le PCF après 2005. Il fut le secrétaire du comité de Guilvinec-Tréffiagat-Plomeur du Secours populaire français de 1990 au milieu de l’année 2010. Son épouse en était une des membres actives.

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théo 19/02/2021 09:20

A l'entrée des magasins où l'on vend Ouest France une affiche indiquant le sujet important du journal était écrit en grandes lettres "Jean Kervision est décédé" Je n'ai pas connaissance d'un autre fait de ce genre

théo 19/02/2021 09:19

A l'entrée des magasins où l'on vend Ouest France une affiche indiquant le sujet important du journal était écrit en grandes lettres "Jean Kervision est décédé" Je n'ai pas connaissance d'un autre fait de ce genre