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Publié par Torreben

EOLIENNES : une énergie pas si bon marché

L'électricité produite par éolienne est coûteuse.

Pour l'État, mais aussi pour le consommateur.

 

CHÈRE À PRODUIRE

Entendu, le vent ne coûte rien mais le transformer revient très cher. D'où, probablement, la faible part de marché des éoliennes (6,3 % de la production nette d'électricité en France), inférieure à celle de l'hydraulique (11,2 %) et surtout du nucléaire (70,6 %), deux énergies beaucoup moins onéreuses. La preuve en chiffres : le coût moyen de production par des éoliennes en France s'établit entre 73 et 81 € le mégawattheure (MWh), selon une étude réalisée à la fin de 2016 par le cabinet Pöyry pour France énergie éolienne. À comparer avec les 59,80 € le MWh du parc nucléaire en 2013, selon la Cour des comptes.

Certes, sur le front économique, I'éolien bat le photovoltaïque (trois fois plus cher), mais, pour devenir le fer de lance de la montée en puissance des énergies renouvelables dans le mix énergétique français, le chemin est encore long. D'autant que I'éolien offshore, dans l'idéal moins nuisible que l'onshore pour les riverains et plus efficace car bénéficiant de vents plus forts et plus réguliers, ne pèse rien chez nous : la France n'a toujours pas de parc éolien en mer. Les premiers devraient être opérationnels d'ici peu, mais, selon l'Ademe (Agence de la transition écologique, ex-Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie), le coût de production de l'électricité éolienne en mer pour ces projets lancés il y a près de dix ans est estimé de 134 € à 148 € le MWh. Autant dire très peu abordable. Pis. selon la Cour des comptes, les contrats de l'éolien offshore « coûteraient aux finances publiques 2 milliards d'euros par an pendant vingt ans (soit 40,7 milliards d'euros en cumulé) » pour atteindre un volume équivalent à seulement «2% de la production électrique »...

COUTEUSE POUR L’ÉTAT

Jusqu'ici, les dépenses de soutien aux énergies renouvelables électriques équivalaient chaque année à environ 5 milliards d'euros, dont 1,3 milliard pour les éoliennes. Ces dépenses publiques sont pour l'essentiel prélevées sur les consommateurs via la facture d'électricité sous la forme de la contribution au service public de l'électricité (CSPE), dont la part attribuable à l'éolien dans la facture totale d'électricité d'un ménage moyen est passée de 1,1 % en 2011 à 2,9 % en 2015, selon l'Ademe. Si la France réalise la trajectoire qu'elle s'est fixée, les dépenses relatives aux éoliennes devraient même atteindre près de 3 milliards d'euros en 2023. Pas un coût neutre. D'autant qu'il est en réalité inflammable : les éoliennes ne produisent de l’électricité qu'environ 25 % du temps, puisqu'elles ne fonctionnent pas quand il n'y a pas assez de vent, ni quand il y en a trop – afin d'éviter de potentiels dégâts matériels. Il faut donc prévoir à chaque projet des énergies de substitution. Et, par conséquent, planifier des investissements supplémentaires.

PAS A LA PORTÉE DE TOUS

Un véritable investissement. Les ménages peuvent implanter des hélices géantes dans leur jardin et se fournir en électricité à la force des courants d'air ou bien la vendre à EDF. Un rapide tour des comparateurs de prix sur Internet montre que le coût des éoliennes domestiques oscille entre 10 000 et 50 000 €, pouvant même atteindre 90000 € pour les machines permettant de revendre l'électricité. Coût auquel il faut ajouter celui du raccordement au réseau, qui varie entre 1000 et 3000 €. L’éolien peut à terme rapporter, mais, pour se lancer dans l'aventure, mieux vaut donc avoir les poches bien profondes...

 

Source : Mathias THÉPOT ( Marianne )

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