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Publié par Torreben

RETRAIT DE LA LOI DE « SECURITE GLOBALE » !

Le peuple des Lumières s'est levé contre la loi dite de « sécurité globale ». Les manifestations ont été belles, combatives ; dans toutes les villes, la foule a battu le pavé pour clamer son refus d'un nouveau tour de vis liberticide.

La coordination StopLoiSécuritéGlobale à l'origine de ces rassemblements de la révolte des esprits attachés aux libertés fondamentales est diverse et plurielle. Qui aurait pu croire hier encore à un appel signé par les syndicats de journalistes, la CGT et Philippe Martinez, Solidaires, la FSU, des associations de défense des libertés, des éditeurs, des défenseurs de l'environnement, des associations d'aide aux immigrés et aux défavorisés, des gilets jaunes, des comédiens et écrivains, des avocats, mais aussi par des sociétés de journalistes de rédactions aussi diverses que BFMTV, M6, Europe 1, l'Express, l'Humanité, des artistes, des réalisateurs, des partis politiques de toute la gauche, de Fabien Roussel (PCF), Jean-Luc Mélenchon (FI), Olivier Faure (PS) à Christiane Taubira. La liste des signataires est historique. À la hauteur des défis lancés par le gouvernement d'Emmanuel Macron. Aujourd'hui, le président de la République tente de terminer de façon autoritaire les basses œuvres commencées par ses prédécesseurs. Pour sauver un système à bout de souffle et tenter de pérenniser un libéralisme financiarisé sans limite, il a besoin d'anesthésier les citoyens et de vouer à l'échec toute tentative d'opposition à sa politique.

Code du travail, pensions de retraite, indemnisation du chômage ont été réformés à marche forcée et la précarité de l'emploi institutionnalisée ; l'existence même de services publics est de plus en plus menacée. Mais cela n'est pas encore suffisant pour l'initiateur de la start-up nation. Il tente une mise au pas des esprits : l'école primaire, le collège, le lycée et même l'université, c'est-à-dire toute l'éducation, sont démantelés pour favoriser l'émergence des établissements privés ; la recherche est offerte aux grandes entreprises ; l'information écrite et audiovisuelle est colonisée par les grands groupes dirigés par ses amis milliardaires ; la culture n'est pas oubliée ou plutôt si, elle est l'absente des discours à propos de l'aide pour lutter contre les effets de la pandémie du coronavirus, preuve d'un mépris absolu.

Emmanuel Macron, tel un despote, s'attaque à tout ce qui peut éduquer, développer l'esprit critique et élever l'homme; en un mot, il s'en prend à l'intelligence et aux capacités de réflexion individuelle et collective. Il veut installer une France des riches (avec ses écoles et ses universités privées, ses journaux chers, ses spectacles haut de gamme) et une France des pauvres (avec ses services publics réduits à l'essentiel, ses jeux du cirque style Puy du Fou, ses journaux people et sa télévision réduite au seul « entertainment », le football et ses paris), avec son lot de misère en croissance exponentielle. Une caste de nantis aura tout ; ceux qui n'ont rien seront, chaque jour, plus nombreux et leur force de travail, réduite à des tâches précaires, sera rémunérée à vil prix.

Aujourd'hui, avec la loi dite de « sécurité globale », nous sommes à un tournant décisif : ou la France bascule dans un vrai régime autoritaire, ou la coordination d'un peuple épris de liberté s'agrandit encore pour faire échec à Macron et le contraindre à retirer sa sale loi, et entreprendre une reconquête de la liberté d'expression et de toutes les libertés fondamentales. Pour refuser un pays à deux vitesses. Pour faire nation fraternelle.

Ce qui se joue en ce moment est essentiel. La période est révolutionnaire.

Michel DIARD, journaliste honoraire (Journal L’Humanité)

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