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Publié par Torreben

Dynamite et champagne...

La machine à laminer les solidarités

Emmanuel Macron sait bien qu'il n'en sera pas quitte de ce nouveau tour de piste avec les acteurs sociaux. Les syndicalistes ont été échaudés par le simulacre de concertation sur la loi travail XXL et ne sont pas prêts à reproduire la séquence. « Discuter, ça sert toujours, mais nous n'avons pas des têtes d'alibis », a notamment jugé Philippe Martinez, au sortir du rendez-vous qui portait essentiellement sur l'assurance-chômage et la formation professionnelle.

Le fond du projet se dessine de rogner les allocations des chômeurs et leur durée d'attribution mais en masquant le projet par un chamboule-tout du financement. L'assurance ne serait plus fondée sur un salaire différé, cotisé par le salarié et le patronat, mais étatisée en appui sur la CSG. Le projet est motivé par l'élargissement du dispositif aux indépendants et entrepreneurs. Une baisse des prestations sera ensuite justifiée par l'augmentation du nombre d'allocataires, élargi encore par l'indemnisation (de façon un peu floue) à ceux qui démissionnent de leur emploi. Quant au financement, l'État détiendra désormais les cordons de la bourse et rentrera directement dans la gestion, reléguant sur un strapontin les syndicalistes et les employeurs... le dispositif étant baptisé abusivement « tripartisme ».

Avec toutes les facilités pour licencier que mettraient en place les ordonnances sur le Code du travail, les salariés et les chômeurs seront les dindons de cette farce. Là encore, la sécurité d'un parcours professionnel mariant travail et formation n'est pas assurée, cette dernière semblant assez étroitement circonscrite aux besoins à court terme du patronat. Dès la semaine prochaine, le président de la République va passer les commandes à Édouard Philippe et Muriel Pénicaud, après avoir démarré cette machine à laminer les solidarités.

Patrick Apel-Muller (Journal L’Humanité)

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La cuvée du président a un goût de cadeau fiscal

Avec la « Flat Tax » et l’impôt sur la fortune immobilière ‘IFI) les riches seront encore moins taxés qu’avec Sarkozy et son bouclier

Alors qu'on fait revenir les échalotes au vin blanc avec un succès assuré, les apprentis cuisiniers de la majorité gouvernementale prétendent qu'on fait revenir les exilés fiscaux et les investisseurs au champagne. Prétextant provoquer le retour en France des « gens qui réussissent », comme aime à le répéter le secrétaire d'État Benjamin Griveaux, la majorité LREM à l'Assemblée a fait approuver en commission mercredi soir l'introduction d'un prélèvement forfaitaire unique de 30 % (12,8 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux) sur les revenus du capital.

Un manque à gagner pour les finances publiques de 1,3 milliard d'euros en 2018 et de 1,9 milliard en 2019. Et de quoi trinquer tant et plus pour les riches, qui n'avaient même pas connu des taux d'imposition aussi confortables sous Nicolas Sarkozy. Avec son bouclier fiscal de 39 % hors prélèvements sociaux, l'ex-locataire de l'Élysée avait pourtant permis à ceux qui vivent de l'effort des travailleurs d'avoir les coudées franches... sans pour autant qu'ils reviennent en masse des paradis fiscaux. Mercredi, la majorité macroniste a poussé le bouchon encore plus loin en offrant aux riches un taux d'impôt sur le revenu inférieur à celui des salariés. « Quand un employé à 1,2 Smic mensuel qui obtient une augmentation payera sur celle-ci un taux de 14 %, un milliardaire qui gagne 10 millions d'euros de plus par une opération financière n'acquittera que 12,8 % d'impôt sur ce nouveau gain », a dénoncé Valérie Rabault (PS). Si on ajoute le tour de passe-passe de l'impôt sur la fortune immobilière (IFI) qui épargne les dividendes et autres placements, le coût de ces nouvelles mesures fiscales dépassera à terme plus de huit fois le bouclier fiscal de Sarkozy. Santé les riches !

Olivier Morin (Journal L’Humanité)

 

Dynamite et champagne...
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