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Publié par Torreben

COMPRENDRE LE LIBERALISME « EN MARCHE ! » (1/4)

Aux sources des politiques de régression sociale

1- L’HISTOIRE

Extrait d’une conférence de Henri GUILLEMIN

https://blogs.mediapart.fr/corinne-n/blog/210517/la-naissance-du-liberalisme-par-henri-guillemin

Naissance du libéralisme

« Voici donc le vrai ralliement comme je vous le dis. C’est-à-dire des affairistes intelligents qui se travestissent en républicains.

Et puis ce sont des « libéraux ». Alors, il faut que je vous explique, puisque ce mot « libéral » a eu dans l’histoire intérieure française – et je n’oublie pas que je prépare un livre sur les origines de la guerre de 1914. Ce mot « libéral », a eu une fortune extraordinaire. Les gens de droite s’appelaient toujours « les libéraux ».

Qu’est-ce que ça voulait dire ? Et bien pour bien comprendre, il faut remonter à l’histoire de la Révolution française et aux Girondins. Les Girondins étaient ceux qui, en face de Robespierre et des Montagnards se proclamaient « les amis passionnés de la Liberté ». Mais pour eux il y avait une liberté qui était capitale, qui était première, qui était fondamentale : c’était ce qu’ils appelaient eux-mêmes : « la liberté économique ».

Ce qui signifie ceci : l’Etat, la collectivité n’a pas à intervenir dans les affaires privées surtout dans les affaires commerciales. Cela s’était vu surtout en 1791, lorsque le ministre girondin Rolland (Jean-Marie Roland de La Platière) s’était trouvé aux prises avec le problème du « Maximum », et je prononce le mot « Maximum » comme il le prononçait à ce moment-là.

De quoi s’agit-il donc ?

A cette époque, il y avait des pauvres gens, des affamés, qui réclamaient une intervention de l’Etat pour la fixation d’un prix maximum du pain. Ça leur paraissait évidemment nécessaire qu’ils ne paient pas trop cher la miche de pain.

A ce moment-là le ministre de l’intérieur, Rolland, girondin, avait fait une déclaration capitale, qu’il faut retenir parce qu’elle recouvre toute notre histoire du XIXème et du début du XXème siècle français :

« Tout ce que le pouvoir, tout ce que l’Etat peut décider en matière économique, c’est qu’il n’interviendra jamais ».

Autrement dit, du côté des profits, de la vente et des commerçants, l’Etat a les mains liées. Il ne peut rien faire. Mais ces mêmes industriels et commerçants se tournent du côté de l’Etat pour lui demander des avantages.

Par exemple pour lui demander des concessions de mines. Par exemple pour lui demander au XIXème siècle des concessions de chemin de fer. Par exemple pour demander des primes à l’exportation.

Alors, d’un côté vous avez l’Etat qui est répudié, comme inconvenant, qui ne se mêle pas des affaires, mais d’un autre côté vous avez le même Etat, c’est-à-dire la Collectivité, qui fait l’objet de sollicitations permanentes afin d’avoir de l’argent.

Alors je répèterai donc, l’Etat a les mains liées du côté du Peuple, du grand nombre, mais il a les mains ouvertes du côté du petit nombre.

Lamartine, qui n’a pas la réputation qu’il mériterait, Lamartine qui était un homme lucide avait dans son « Histoire des Girondins » (1847) donné une définition que je tiens à vous apporter, de la liberté économique.

Lamartine disait : « La liberté économique, c’est la liberté pour le commerçant et le riche de s’enrichir indéfiniment, et c’est la liberté pour le pauvre de mourir de faim, s’il ne peut pas faire autrement »

Et bien à partir de 1879, ce sont ces affairistes-là, ces « libéraux »-là, qui vont être au pouvoir en France et ils vont l’être – vous savez – pour des décennies.

Ce sont des gens qui sont costumés en républicains et qui ne pensent en réalité qu’à la protection des grands intérêts. Leur République, c’est la République des riches, dirigée par les riches, et au bénéfice des riches. »

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