Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Torreben

Le Malamok : un désastre social, politique et humain

 

Essayons d’imaginer que Hénaff à Pouldreuzic, Leclerc à Pont-l’Abbé, ou l’Hôtel-Dieu à Pont-l’Abbé, ou tout autre « gros » employeur du secteur ait décidé d’un seul coup, avec une incroyable brutalité, de licencier une trentaine de travailleurs. Les rues se seraient emplies de manifestations diverses, le ban et l’arrière-ban des élus, députés, conseillers départementaux, la CCPBS etc, se seraient penchées sur le drame social, et des interventions diverses – négociations, médiations – seraient intervenues pour tenter de résoudre le problème...

Pour le conflit social du Malamok aux prises avec une municipalité réactionnaire, malgré la presse qui rendait compte régulièrement, malgré quelques porte-voix, des associations et de trop rares militants, cette mobilisation générale et indispensable pour tenter de contrecarrer l’entreprise de Jean-Luc Tanneau n’aura pas eu lieu.

Nous venons de vivre un épisode électoral important. Combien de candidats se sont-ils penchés sur le drame du Malamok, combien se sont-ils portés réellement aux côtés de ceux qui allaient perdre leur emploi ? Dans les professions de foi, les conférences de presse, les débats et les rencontres, combien de fois le mot « Malamok » a t’il été prononcé ? Combien de fois un semblant de solidarité s’est-il manifesté ?

Où étaient Mme Le Loch, l’encore députée « socialiste », M. Tanter le satrape « socialiste » président de la communauté de communes, Mme Caoudal, vice-présidente « socialiste » en charge des « solidarités » et ces d’élus « de gauche » qui ici ou là se sont tus ou qui répétaient et répètent encore des « éléments de langage » dispensés par les communicants de la municipalité du Guilvinec ?

Dans ce conflit social, le pire aura été sans doute que l’on ait tenté de faire croire que celles et ceux qui perdaient leur emploi étaient responsables de leur propre malheur !

Il n’y aura pas de combat d’arrière-garde. Les batailles qui ne sont pas menées sont perdues d’avance.

Mais prenons garde, l’anesthésie générale qui a prévalu dans le conflit du Malamok « dégage le terrain » pour un scandale d’une autre importance : l’engagement de l’argent public dans le partenariat « public-privé » qui se profile à l’horizon pour le futur port de plaisance du Guilvinec ; un projet pharaonique, un projet fou à 25 millions d’euros, un projet inutile, destructeur de l’environnement, sans emplois pérennes, mais porteur de profits privés...

UNE METHODE IMPLACABLE 

Tel le prédateur venant s’assurer si la proie bouge encore, le maire du Guilvinec, a dû jubiler lorsqu’une dizaine de jours après la liquidation de la structure, le « travail » accompli, il a pu récupérer les clefs du Malamok que lui remettait le liquidateur judiciaire.

Aujourd’hui, au-delà de la disparition du centre social, de son coût humain, l’objectif de la municipalité Tanneau ayant été atteint, il importe de dégager les raisons, les objectifs, qui sous-tendent cette liquidation qui justifieraient qu’une méthode aussi radicale ait été employée : une sale besogne accomplie avec cynisme, malgré le plan de redressement «réaliste et adapté à l'activité », un plan accepté par la CAF, la mairie de Tréffiagat, mais refusé par Guilvinec suivi par Plomeur.

L’ENJEU

Il faut se hâter d’aller sur le site officiel de la mairie (cela va certainement disparaître) pour comprendre l’importance de l’enjeu social, (http://www.leguilvinec.com/centre-culturel-malamok-guilvinec_fr.html) :

Le Malamok est une association d’éducation populaire agréée par le Ministère de la Jeunesse et des Sports dont les valeurs sont la tolérance, la solidarité intergénérationnelle et l’inclusion de toutes les personnes quel que soit le milieu social et d’origine.

Le Centre s’adresse donc à tous les habitants et se veut un outil d’animation socioculturelle, géré par des bénévoles et des professionnels, qui a pour vocation de renforcer les solidarités et de prévenir les exclusions. Il permet ainsi à chacun de s’épanouir, de tisser des liens, mais aussi de participer et d’agir sur le territoire !

Les valeurs du Centre Social sont affirmées avec conviction dans les statuts. Elles sont la base de sa compétence sociale et sont soutenues par les bénévoles du Conseil d’Administration. Le Malamok ambitionne en effet d’être plus que jamais un lieu de rencontre, non seulement pour ceux que la vie a fragilisés, mais aussi pour tous ceux qui ont besoin de se sentir utiles à la société, de retrouver ou de garder leur place dans la cité. Il doit être un lieu d'expression de la solidarité, un lieu d'échange de savoirs, d'expériences.

DETRUIRE LE CENTRE SOCIAL

Cet objectif a été dévoilé par Mme Bourhis maire de Tréffiagat (Ouest-France du 7 avril) : « Jean-Luc Tanneau a souhaité récupérer les bâtiments du Malamok et du Ty-Malamok, pour un projet sans centre social. Nous n'adhérons pas à ce mode de fonctionnement. Laisser trois communes représentant 9 000 habitants sans centre social, ce n'est pas pensable. ».

Mme Rousseau, administratrice de la CAF, a rappelé que la liquidation entraînait automatiquement le retrait de tous les agréments du Malamok (ALSH, famille...). Sachant que pour un nouveau projet il faut actuellement un minimum de 15 000 habitants, « il n'y aura plus jamais de centre social au Guilvinec, à Penmarc'h ou ailleurs » a t’elle indiqué.

Pour Jean-Luc Tanneau, « récupérer » les locaux répond à un autre objectif qui passe par la destruction du centre social. Cet objectif a pris corps – sauf incroyable duplicité - courant 2016 si on se réfère au financement de la structure tel qu’il apparaît dans le premier conseil municipal de 2016.

 

LA METHODE

Discréditer l’association, propos diffamatoires (Où est passé l’argent ?) laissant entendre que des malversations, voire des escroqueries (cavalerie), existaient dans la gestion de l’association, pressions diverses, tout le registre pouvant déstabiliser la structure y est passé. Le coup de grâce a été donné en asséchant les finances...

Les subventions pour l’année 2016 ont été votées lors des Conseils municipaux des 29 janvier et 27 avril 2016. (voir les liens ci-après)

http://www.leguilvinec.com/userfile/fichier-telechargement/1455705039-Compte-rendu-du-CM-du-29-janvier-2016.pdf

http://www.leguilvinec.com/userfile/fichier-telechargement/1464622601-Compte-rendu-du-27-avril-2016.pdf

En janvier, le conseil municipal se montrait « prévenant » : « une avance de 70 000 € est consentie pour que la structure ne soit pas confrontée à des problèmes de trésorerie ». En avril, le dispositif des subventions et leur versement était précisé (à l’unanimité) : « la somme de 170 000 € est budgétisée. Avec ce second acompte [de 70 000€ NDLR] l’association aura perçu 140 000€. Les 30 000 € restants seront versés en fin d’année. »

En décembre le maire Jean-Luc Tanneau appuyait sur la détente : les 30 000 € ne seront pas versés.

Quand nous disons « le maire Jean-Luc Tanneau », on doit s’interroger sur le caractère légal et le caractère personnel de la non exécution de la délibération du mois d’avril. En droit, le maire doit certifier sous sa responsabilité le caractère exécutoire des délibérations dès lors qu’elles ont été transmises au contrôle de légalité préfectoral d’une part et qu’elles aient été publiées par affichage ou publication d’autre part, ce qui est le cas. (Code général des collectivités territoriales).

MUNICIPALISATION

Monsieur Tanneau n’est pas à une imposture près. Dans la presse locale du 17 juin (Télégramme et Ouest-France), il tente de faire accroire que la structure va redémarrer comme si de rien n’était, en « régie municipale » : « Mon job de maire, déclare t’il, c’est de remettre la machine en route », ajoutant par ailleurs « Je veux que les Guilvinistes se réapproprient la structure.»

Ce dernier propos est scandaleux, car c’est prétendre que les Guilvinistes ont été exclus du Malamok, ce qui est totalement faux (voir le CM du 27/4/2016 ci-dessus ): « La fréquentation du Malamok par les Guilvinistes est d’environ 30% » chiffre devant être rapporté aux 3 communes).

Désormais, le Malamok « municipalisé » – la « machine » dixit M. Tanneau – délesté du centre social n’est plus qu’une coquille vide. Pour l’accueil-loisirs (ALSH), les enfants iront à Rosquerno (Pont-l’Abbé), la semaine scolaire de 4 jours va faire disparaître les temps d’activités périscolaires (TAP). Sur la base du bénévolat on « bricolera » quelques activités de loisirs à condition qu’on laisse les locaux nettoyés [sic]. Quant à « l’aspect culturel » [sic], il fera l’objet d’un « travail spécifique », c’est à dire remis aux calendes grecques...

Monsieur Tanneau n’aura pas eu un mot pour les 30 personnes qui ont perdu leur emploi.

« PROJET SANS CENTRE SOCIAL »

Quel objectif est-il poursuivi avec la mise à mort du Malamok ? Que se cache t’il derrière ce « projet sans centre social », jamais démenti, évoqué en avril par la maire de Treffiagat Mme Bourhis ? Quelle est la nature de ce « projet » jamais précisé ?

Il existe certainement des raisons politiques, et/ou idéologiques, ainsi que nous l’avons rappelé. Elles se situent dans un contexte plus général : tout ce qui touche au « social » donne des boutons à la droite. Mais si l’objectif n’est pas de « gagner de l’argent » ce sont les politiques culturelles et sociales qui sont les premières touchées, même si ce n’est pas ce qui a prévalu au Guilvinec.

La commune dispose d’un atout-maître au plan économique : le port de pêche, premier port de pêche fraîche de France. Mais on connaît le contexte compliqué de cette filière avec les « sorties de flotte », la question des quotas, et désormais les problèmes du Brexit susceptibles de remettre en cause les droits historiques de la pêche bigoudène. Ce contexte amène certains lobbys à envisager d’autres valeurs d’usage pour de nouveaux profits en sollicitant l’argent public. Au Guilvinec existe un projet « pharaonique » : c’est le port de plaisance, le « bébé » de Jean-Luc Tanneau...

La pêche dispose d’une « vitrine » touristique destinée à promouvoir la filière : Haliotika. Formulons une hypothèse : dans le projet insensé à 25 millions d’euros qui a déjà coûté cher aux finances communales, le Malamok ne serait-il pas idéalement cette vitrine promotionnelle du futur port de plaisance ?

Pascal Lelarge, Jean-Luc Tanneau et Danielle Bourhis se sont retrouvés sur le site ce lundi. « Quand on voit ce bassin naturel, il n’y a plus qu’à y mettre des bateaux… » a commenté le préfet.(Ouest-France du 20 juin 2017)

Le Préfet, M. Tanneau et Mme Bourhis (la maire de Tréffiagat qui connaît si bien les pensées et arrière-pensées de Jean-Luc Tanneau) tournent le dos à l’arrière-port et font face au Malamok.

T. et des militants

Commenter cet article

théo 04/08/2017 09:03

je ne tire pas sur les miens

théo 04/08/2017 09:02

certains on du sortir leur dictionnaire afin de rechercher la signification du mot "satrape" et en etre peut etre "mortifiés"

Patrick F 26/07/2017 19:35

Bien, cet article sur la Malamok et son désastreux destin. Certains élus sont tancés fortement. mais vous avez oublié les élus du Conseil Municipal Guilviniste qui ont eu une opposition très douce, vraiment très douce. En attendant, si ils se sont manifestés, je ne connais pas le réseau d'information. Affaire à suivre sur le futur projet Guilviniste !!
Un citoyen guilviniste ... pas encore adopté. Patrick F