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Publié par Torreben

Le ventre est encore fécond d'où a surgi la bête immonde...

L’ultranationaliste breton Boris Le Lay, autoproclamé « hyper raciste » et « fasciste », a été de nouveau jugé en son absence, le 8 juin 2017 à Quimper. 36 ans, originaire de Rosporden, il a déjà été condamné à neuf reprises depuis huit ans pour ses propos sur le site internet Breiz Atao, qu’il a fondé et dirige.

Provocation à la discrimination, à la haine raciale et à la violence, injures publiques et raciales, incitation aux crimes, menaces de mort : la quinzaine de victimes présentes, dont la Licra, la Ligue des Droits de l’Homme ou encore le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme, ont eu une nouvelle fois à subir la violence des propos orduriers dans une vingtaine d’articles.

Un des avocats a évoqué un discours « délirant mais extrêmement travaillé car on retrouve une culture du fascisme des années 1930. C’est la même configuration que ceux qui appellent au djihad et au terrorisme ».

Contre tous ces propos « immondes et abjects qui donnent la nausée », le procureur a requis 4 ans de prison ferme et la poursuite du mandat d’arrêt. Arrêter le prévenu « n’est pas simple », entre un site hébergé au Texas, Facebook qui refuse de collaborer « en l’absence d’atteinte physique » et une intervention au Japon « qui dépend de conventions d’entraide internationale ». (O.F.)

Le jugement sera rendu début juillet.

 

Notre camarade Yvonne Rainero, secrétaire de la section PCF de Quimper rappelle les faits :

« En octobre 2014, en réplique à une manifestation d'extrême-droite sur le thème « Nous sommes chez nous », une manifestation pour le vivre ensemble avait été décidée par les organisations démocratiques de la région quimpéroise, et une conférence de presse avait eu lieu au Ceili pour l'annoncer. J'y participais au titre de notre section, ainsi que nombre de responsables de mouvements de la région.

Par la suite le site néo-nazi Breiz Atao s'était déchaîné contre les organisateurs de cette manifestation, appelant à identifier les personnes présentes sur les photos de presse et ajoutant aux propos injurieux, diffamatoires, des menaces de mort explicites, le tout accompagné d'écrits racistes, révisionnistes, xénophobes, à la gloire du nazisme. Les premiers visés avaient été Piero, moi, Yves jardin, et par la suite des militants du droit d'asile et de la Ligue des Droits de l’Homme.

Notre section avait pris l'initiative d'une réplique citoyenne, jusqu'à 24 associations, syndicats (dont l'UD-CGT), partis s'y sont impliqués, très au-delà de Quimper. »

MOBILISATION ANTIFASCISTE À QUIMPER

Depuis quelques mois des groupuscules d'extrême-droite se sont efforcés de mobiliser tout ce que notre région compte de racistes, d'islamophobes, d'identitaires, de nostalgiques de l'OAS, voire du régime de Pétain, contre un projet de mosquée porté à Quimper par une association culturelle turque. Prétendant défendre la laïcité et la République, ils ont même osé afficher sur leur page Facebook le tableau de Delacroix,  « La Liberté guidant le peuple ».

Au bout du compte, quelques dizaines de personnes seulement, venues de Bretagne et des pays de Loire, défilèrent le 25 octobre 2014 à Quimper aux cris de « Nous sommes chez nous », « La France aux Français » et autres slogans évocateurs d'un passé sinistre.

Plusieurs organisations démocratiques, dont le parti communiste, estimant qu'il n'était pas possible d'abandonner l'espace public à ces idées de haine et de division, avaient appelé le même jour mais en un autre lieu de la ville, à un rassemblement pacifique et citoyen contre l'intolérance, le racisme et le fascisme, pour le vivre-ensemble et la fraternité, l'égalité des droits.

Dans les jours qui suivirent, un site d'extrême-droite intitulé Breiz Atao du nom d'un mouvement breton dont les animateurs collaborèrent avec les nazis, se déchaîna contre ceux qui avaient initié ce rassemblement pour le vivre-ensemble. À partir de photos de presse, il lança un appel à identifier et dénoncer « les traîtres » présents sur ces photos pour qu'ils reçoivent leur  « châtiment ». Depuis ce site nauséabond et d'autres qui reprennent ses contenus ne cessent de déverser leur haine sur les associations démocratiques de notre région et sur leurs représentants. Les communistes, les militants d'organisations de solidarité et de Droits de l'Homme (AFPS, Droit d'Asile, LDH...), ceux des mouvements bretons progressistes sont particulièrement visés : prétendues « biographies », insultes, diffamation, menaces qui vont jusqu'à la publication de photos de poteaux en bois portant la mention « réservés » et de fosses creusées, je vous laisse deviner à quel usage.

Le rédacteur de ce site Breiz Atao n'en est pas à son coup d'essai. Il a déjà été condamné par plusieurs tribunaux pour diffamation, discrimination raciale, apologie de crime contre l'Humanité, provocation à la haine raciale, contestation de crime contre l'Humanité. Parmi ses victimes, un champion de Bretagne de bombarde, membre du bagad Kemper, dont la couleur de peau ne lui semblait pas répondre au « type nordique breton » que revendiquait l'un de ses maîtres à penser, collaborateur des nazis, Olier Mordrel. Michel Mazéas, ancien maire communiste de Douarnenez décédé fin 2013, subit aussi la haine de ce fasciste qui osa écrire « L'ignoble pourriture communiste nous a fait le plaisir de crever », comme Missak Manouchian qualifié sur ce site de « pourriture rouge à l’œuvre avant d'être mis hors d'état de nuire ».

Mais les condamnations ne sont pas exécutées car le coupable reste introuvable, et le site qui serait hébergé aux Etats-Unis continue à fonctionner et à publier ses insanités : références à Goebbels, appel à un « conflit d'extermination entre deux camps opposés », invocation de « la colère divine » et de la « grande purge », de l'Ébola comme « la divine surprise que nous attendions tous», dénonciation de la « tyrannie socialo-marxiste », de la « justice rouge confite de sionisme »...

Une telle situation ne peut perdurer. Ce serait intolérable.

La violence et le caractère ouvertement fasciste de ces écrits, repris sur d'autres sites similaires et sur les réseaux sociaux, les menaces contre des personnes nommément désignées sont à prendre au sérieux.

À l'initiative de la section du parti communiste, 17 associations, partis, syndicats de Quimper et de la région (ACAT – AFPS – ARAC – CIMADE - Droit d’Asile – LDH – FSU - Solidaires – ADECR – EELV - Ensemble - MJCF – Nouvelle Donne - NPA - PCF – PG – UDB) ont interpellé le préfet du Finistère pour lui demander quelles mesures il comptait prendre pour mettre un terme à ce déni de justice, à cette insulte aux droits de la personne humaine et aux valeurs républicaines, et pour assurer la sécurité et la protection des personnes menacées. Le préfet a reçu lui-même une délégation de ces organisations qui lui a remis une motion.

Sans avoir annoncé publiquement cette entrevue, car nous ne souhaitions pas faire de publicité à ce site nauséabond, nous étions accompagnés par un rassemblement d'une centaine de personnes devant la préfecture de Quimper.

Kevre Breiz, fédération des associations culturelles bretonnes, qui regroupent 50 000 adhérents en Bretagne et Loire Atlantique, l'union départementale CGT et l'Amicale Laïque de Concarneau se sont associées à leur tour à cette démarche.

Dans un 2ème temps, après plusieurs réunions de concertation, les organisations du Finistère et de Bretagne engagées dans cette mobilisation démocratique et antifasciste, qui sont aujourd'hui au nombre de 24, ainsi que les personnes concernées, ont décidé de donner une suite judiciaire à cette affaire.

La fédération départementale de la LDH agissant en leur nom, a fait un signalement auprès du procureur de Quimper le 9 janvier 2015.

Le 26 janvier 2015, celui-ci a répondu qu'il ouvrait une information judiciaire et saisissait le juge d'instruction.

Yvonne Rainero, le 6 janvier 2015

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