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Publié par Torreben

 

 

Ce soir, les français peuvent compter sur 11 député-e-s communistes qui ont été élu-e-s, Jean-Paul Dufrègne (03), Pierre Dharréville (13), André Chassaigne (63),  Fabien Roussel  (59) et Alain Bruneel  (59), Jean-Paul Lecoq  (76), Sébastien Jumel (76) et Hubert Wulfranc (76), Elsa Faucillon  (92), Marie-George Buffet (93), Stéphane Peu (93) et sur les député-e-s qui formeront, avec eux, un groupe parlementaire d'opposition au gouvernement pour permettre à cette voix libre et combative de servir les intérêts populaires. Les députés communistes travailleront dès cette semaine à constituer ce groupe et agiront sans attendre en faveur des propositions alternatives qu'ils ont élaborées durant leurs campagnes.

Le groupe PCF – Front de Gauche (GDR) est le seul groupe parlementaire qui progresse.

La cote d'alarme démocratique est une fois encore dépassée, avec une nouvelle baisse de la participation.

Le Parti communiste français demande d'urgence l'ouverture d'un débat national sur le changement de nos institutions, à commencer par l'instauration de la proportionnelle. Tout doit être repensé pour sortir progressivement de la présidentialisation à outrance et pour mieux représenter nos citoyens dans leur diversité.

Les résultats confirment par ailleurs que le Président de la République va disposer d'une majorité écrasante de députés. Le paradoxe est qu'elle ne correspond à aucune majorité dans le pays, ni chez les salariés, ni chez les jeunes et les privés d'emplois qui aspirent à une sécurité d'emploi et de formation pour une vie digne.

C'est inquiétant. Nous appelons à une riposte immédiate la plus large possible pour empêcher que l'été soit celui des mauvais coups.

En effet, dès cet été, les députés d'En Marche ! vont être sommés d'obéir au doigt et à l’œil au Président et au 1er ministre pour leur donner les pleins pouvoirs, au service des milieux financiers et du MEDEF, pour casser le Code du Travail par ordonnances et liquider des acquis que le mouvement progressiste et populaire a gagnés dans notre pays de haute lutte.

Au-delà, les résultats appellent les forces de transformation sociale à ouvrir un immense chantier de reconstruction politique.

Le Parti communiste français prendra pour sa part des décisions dès son Conseil national des 23 et 24 juin.

La Fête de l'Humanité, en septembre, sera un moment fort de cette riposte et de cette reconstruction.

Le Parti communiste français

Paris le 18 juin 2017

EDITORIAL de Patrick Apel-Muller  (L'Humanité du 19 juin 2017)

Bouillonnements sous les cendres

Emmanuel Macron détient les pleins pouvoirs à l'Assemblée, mais le pays ne les lui a pas accordés. Les 58 % d'abstention – un record absolu pour des législatives sous la Ve République – signent un tremblement de terre démocratique, une motion de défiance à l'égard de l'édifice politique qui se dessine. Le système pervers qui indexe l'élection des députés sur celle du président, le dégoût des régimes précédents qui se sont succédé sans rien améliorer des conditions de vie des Français, le sentiment que le scrutin était joué d'avance et que le Parlement jouerait un rôle accessoire, la disparition au second tour de candidats qui présentaient de vraies alternatives se sont additionnés pour réduire la participation à une minorité. Les élus d'En marche ! qui vont se bousculer au Palais-Bourbon ne mesurent pas que, sous les cendres des grands partis qui dominaient jusqu'alors notre vie politique, bouillonne une puissante insatisfaction sociale qui ne se reconnaît pas dans un système démocratique corseté. Un Parlement aux ordres ne relèvera pas les défis de l'égalité et de la justice.

François Hollande a laissé derrière lui une gauche en ruine qui ne remporte que quelques dizaines de députés. Le PS est exsangue et ses représentants ­ frondeurs ou pas ­ paient le discrédit de cinq ans de reniements et de conversion libérale. S'ils n'ont pas capitalisé – du fait de la division – les presque 20 % qu'avait recueillis Jean-Luc Mélenchon lors de la présidentielle, la FI et le PCF constitueront des points de résistance notables. Les communistes compteront plus d'élus (11) que dans la précédente Assemblée et les Insoumis font élire pour la première fois des porte-parole (16). EELV a quasi disparu de l'hémicycle du Palais-Bourbon.

Le chantier de reconstruction est immense. La droite a maintenu des positions dans ses zones historiques d'influence. Mais l'addition est lourde et LR est miné par les tentations macronistes, lézardé par l'influence des nouveaux réacs, nié dans sa vocation par le programme commun de la bourgeoisie qu'a présenté Emmanuel Macron, menacé sur son flanc droit par le FN qui, s'il ne transforme pas son score de la présidentielle, fait cependant rentrer des ténors dans l'Hémicycle.

Les semaines qui viennent vont être marquées par les régressions sociales programmées dans la réforme du Code du travail. Une nouvelle alchimie devra s'envisager entre les forces politiques progressistes, les mobilisations syndicales et tout le tissu citoyen qui n'est pas prêt à renoncer au progrès. De quoi inventer au coude-à-coude de nouvelles façons de faire du commun. En commun.

 

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