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Publié par Torreben

Macron et la spirale non vertueuse

 « En marche », le parti politique du nouveau président de la République a investi ses candidats pour les prochaines élections législatives.

Des femmes et des hommes « neufs », des représentants de « la société civile », ont claironné les membres de l’équipe Macron en se livrant au dernier moment à un exercice digne des arrières cuisines électorales avec un François Bayrou proche de ses sous ou plutôt de ceux revendiqués pour chaque voix par un Modem à la recherche de reconnaissance, notamment pécuniaire.

Alors qui sont ces candidats de la « société civile » emmenés par le tout nouveau Premier ministre, député maire Les républicains du Havre, Edouard Philippe confirmant ainsi que la formule chère à M. Macron ni de gauche ni de droite aboutissait en fait à droite toute ?

57 patrons, 17 avocats, 13 médecins, une majorité de professions libérales et quelques stars anciennes ou actuelles de la tauromachie, de la police avec en attente quelques membres de l’ancien gouvernement et quelques recalés comme Manuel Valls humilié à un point tel, dit-on, qu’il en crèverait de rage.

En matière de « neuf » on fait mieux, le plateau proposé se présentant comme une entreprise de recyclage. En adressant leurs CV aux DRH de « En marche », 17.000 postulants ont passé leur temps pendant plusieurs jours à enchaîner autour des représentants du nouveau souverain plus de génuflexions que la liturgie n’en exige. De quoi pouffer de rire. Mais les objectifs de la bande à « en marche » sont trop dangereux pour esquisser le moindre sourire.

Vous me direz qu’au FN on recrute souvent des gens peu reluisants, que chez les Républicains c’est pas mieux, que les socialistes se spécialisent dans le changement de vestes et qu’ailleurs souvent le carriérisme n’arrive pas à se camoufler sous un fond de teint insoumis. Il reste toutefois des candidats honnêtes, enracinés dans leurs circonscriptions, prêts à mener le combat contre l’ultralibéralisme macronien. Ils ont bien du mérite dans ce contexte délétère où prévaut l’intérêt personnel, l’image et le fric.

Le concept de « société civile » brandi ici et là pourrait séduire. Mais, comme le souligne Amar Bellal, rédacteur en chef de la revue « Progressistes », ce concept aujourd’hui « sert à dénigrer, ringardiser encore un peu plus l’engagement dans un parti politique. Comme si les militants de parti politique n’étaient pas dans la société, salariés, adhérents dans des syndicats, dans des associations. » Et Amar Bellal de s’interroger : « Quelqu’un qui ne serait pas issu de la société civile, cela voudrait donc dire qu’il provient d’une société non-civile ? »

L’autre soir, je dînais avec une amie cadre qui sortait d’un stage de management. Elle m’a dispensé un cours sur « les méthodes d’accompagnement du management des compétences » qualifiée de « spirale vertueuse ».

Je vous la fais courte : pour dynamiser les salariés dans l’entreprise il faut, selon cette méthode, prendre en compte les données essentielles suivantes :

Tirer vers le haut les « inconscients, incompétents » pour leur permettre d’accéder à la deuxième phase qui les rendra « conscients incompétents ». Arrivé à ce stade, il s’agit, toujours selon mon interlocutrice, de les faire passer au stade de « conscients complets » qui permettra d’exploiter toutes leurs capacités. Puis, après utilisation, ils redeviendront « incompétents » et il faudra reprendre depuis le début. D’où la formule « spirale vertueuse ». Du cynisme à l’état pur.

En l’écoutant, je pensais à la situation politique actuelle et à cette mascarade de choix des candidats macronistes. La France risque de sombrer au cours des cinq prochaines années dans le management entreprenariat. A moins qu’après les prochaines élections législatives, un nombre suffisant de députés communistes et progressistes puissent organiser la résistance à l’Assemblée nationale et dans la rue.

José Fort (Blog : http://josefort.over-blog.com/)

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