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Publié par Torreben

COREE DU NORD: au risque de provoquer la guerre...

Corée du Nord : les États-Unis prêts à des frappes

Après sa rencontre avec son homologue chinois, le président Trump a procédé unilatéralement à l'envoi d'un porte-avions à propulsion nucléaire au large de la Corée. Le Conseil de sécurité nationale n'exclut aucune option.

Donald Trump fait une nouvelle fois la démonstration qu'il n'a aucun problème à s'affranchir de tout cadre légal et multilatéral. Après avoir court-circuité l'ONU en procédant à des frappes en Syrie, le président américain a donné le feu vert à l'envoi du porte-avions polyvalent à propulsion nucléaire USS-Carl-Vinson, l'un des plus grands navires militaires au monde. Cette démonstration de force intervient seulement quelques jours après la rencontre avec son homologue chinois, Xi Jinping, dans la villa du milliardaire à Mar-a-Lago (Floride). Si la rencontre était avant tout destinée à lever les incompréhensions entre les deux géants, elle n'aura toutefois pas permis de produire de communiqué commun sur la question du déficit de la balance commerciale du côté américain ou sur la Corée du Nord. Selon des responsables états-uniens, les deux pays entendent dérouler un programme sur cent jours afin de résorber les différends commerciaux et un mécanisme de consultation afin de réduire la défiance sur une série de questions. L'agence Xinhua rapporte de son côté que Xi Jinping, sans doute échaudé par les frappes en Syrie, « a proposé que les deux parties mettent en place ou améliorent le mécanisme de notification mutuelle en cas d'opération militaire majeure ainsi que le code de conduite en cas de rencontre militaire navale ou aérienne ».

Comme une mesure de précaution

Seulement, ces demandes n'ont pas tardé à être balayées par une déclaration du secrétaire d'État, Rex Tillerson, qui a assuré que les États-Unis se préparaient à une action unilatérale contre Pyongyang. Des frappes de missiles contre des sites militaires nord-coréens ne sont désormais plus à exclure. Ce nouveau déploiement présenté par l'administration américaine comme une mesure de précaution destinée à « lever la menace » confirme que Washington ne s'interdit aucune option. Le conseiller à la sécurité nationale du président Trump, le général H.R. McMaster, a confirmé, sur la chaîne Fox News, qu'aucune solution n'était écartée face à un régime « paria désormais doté de la capacité nucléaire ». Samedi, le premier ministre japonais, Shinzo Abe, s'est entretenu avec Donald Trump afin d'apporter son soutien aux frappes américaines en Syrie et en promettant de coopérer sur le dossier nord-coréen. « Le message que tous les pays peuvent en tirer est que si vous violez le droit international, si vous violez les accords internationaux, si vous ne respectez pas les engagements, si vous devenez une menace pour les autres, à un moment une réponse sera probablement apportée», a, pour sa part, expliqué Rex Tillerson sur ABC. À en croire l'administration américaine, les options étudiées n'englobent pas un changement de régime à Pyongyang. Différents travaux du Conseil de sécurité nationale américain évoquent en revanche le redéploiement par Washington d'armes nucléaires dans le sud de la péninsule après leur retrait dans les années 1990. Une autre option résiderait dans le sabotage des infrastructures nord-coréennes avec l'aide du Sud afin d'entraver les avancées balistiques.

Au risque de provoquer la guerre

Loin de paralyser la République populaire démocratique de Corée, ces plans justifient « plus d'un million de fois », selon Pyongyang, les essais nucléaires. Après avoir qualifié les bombardements en Syrie d'« acte d'agression intolérable», les Nord-Coréens n'ont pas tardé à se dire «prêts à la guerre». À l'occasion du 105e anniversaire de la naissance de l'ex-président Kim Il-sung, célébré le 15 avril, Pyongyang pourrait procéder à un nouveau tir de missiles balistiques afin de démontrer que sa puissance de feu est autrement supérieure à celle de Damas. Un équilibre des forces confirmé par le démocrate Ted Lieu, élu à la Chambre des représentants américaine : « À la différence de la Syrie, la Corée du Nord a des bombes et peut faire pleuvoir son artillerie sur la Corée du Sud. Vous faites n'importe quoi et des millions de personnes peuvent mourir dans la péninsule coréenne. » Avec l'envoi d'un porte-avions, les États-Unis prouvent être parvenus au bout de leur doctrine de « patience stratégique » tablant sur un effondrement lent mais certain du régime des Kim. Au risque de provoquer la guerre dans une région où les tensions sont déjà à leur comble depuis des mois.

Lina Sankari (Journal L’Humanité du 11 avril 2017)

 

COREE DU NORD: au risque de provoquer la guerre...

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