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Publié par Torreben

Le feuilleton des turpitudes de François Fillon a assurément un mérite ; il montre à qui pouvait encore en douter la profondeur de la crise de notre vie politique, de la décadence des classes dirigeantes, de leur illégitimité radicale à présider aux destinées d'un peuple de 65 millions d'individus intelligents et capables. Oui, si le peuple ne se mêle pas de politique, ces gens-là continueront, Fillon ou un autre, de marier grands discours et petites combines.

L'heure est décidément à l'implication populaire et l'exigence démocratique est plus actuelle que jamais.

Mais la telenovela filllonesque a un défaut majeur : en nous submergeant tous les jours de son écume sale, elle noie la campagne électorale et la juxtaposition des postures peut tenir lieu de débat politique. Pourtant, derrière le vernis marketing des uns et des autres, c'est un plan de bataille de classe d'une virulence extrême qui se prépare avec le soutien actif de Gattaz, Rothschild, Dassault et les autres. Feu sur la Sécurité sociale ! l'eu sur le Code du travail ! Feu sur les services publics ! Feu sur la fonction publique ! C'est bien ce programme historique de terre brûlée que partagent Macron et Fillon, déclinaison française ripolinée de la Dame de fer et du cow-boy Reagan. Mais, de ces projets de société, on ne parle guère, Penelopegate oblige. Cela fait évidemment les délices du crapuleux clan Le Pen, l'imposture pouvant continuer à faire illusion tant qu'on ne parle pas du fond.

La possibilité d'une alternative de rupture a pourtant rarement été aussi forte. L'électorat socialiste, entraîné depuis des décennies vers l'acceptation du capitalisme et, même, vers celle de sa version libérale et financière, a désavoué avec puissance et netteté cette orientation mortifère à l'occasion de la primaire. Dans le même temps, Jean-Luc Mélenchon a trouvé l'oreille de millions de nos concitoyens ; à coup sûr, la campagne autonome des communistes n'y est pas pour peu, même si nous avons sans doute à lui donner une ampleur et une vigueur nouvelles qu'appellent la situation et ses périls. Dans notre peuple, ils sont déjà des millions acquis à l'idée qu'il nous faut changer de cap.

Alors, comment ne pas gâcher ces possibles? Le rassemblement est à l'ordre du jour : nous l'avions bien identifié, en œuvrant depuis des mois à ce que l'emportent la voix de la raison, la voie de la victoire. Unir les 88 % de salariés, unir, au-delà encore, les 99 % qui ont objectivement intérêt à sortir de l'impasse criminelle et absurde du capitalisme Financier : c'est la tâche permanente des communistes.

Devant les difficultés, une partie de notre peuple s'inquiète, quand elle ne se décourage pas. Sachons nous faire entendre d'elle en étant jusqu'au bout les militants du rassemblement. Cet appel au rassemblement ne peut toutefois porter largement que s'il est lourd de contenus répondant aux aspirations populaires. C'est le sens de l'adresse au peuple de France du PCF. Oui, il faut rassembler très largement pour que l'évasion fiscale, sujet occasionnel de larmes de crocodile, soit l'objet d'une lutte déterminée pour qu'y soit mis un terme. Des millions de citoyens sont disponibles pour cela. Nous les appelons à prendre la parole, à imposer cette question à l'agenda des élections présidentielle et législatives, ils pourront compter sur les candidats présentés et soutenus par le Parti communiste. Après l’été encore et quelle qu'en soit l'issue, il faudra poursuivre en ce sens. D'ici là, œuvrons à ce que notre peuple puisse s'appuyer sur des relais puissants dans les lieux de pouvoir politique. Bien sûr, ce cap est dur à tenir par gros temps, mais, conscients de nos responsabilités devant notre peuple, nous le tenons, nous le tiendrons.

Guillaume Rouboud-Quashic Directeur de la Revue du Projet

 

Journal L’Humanité du 21 mars 2017

Le rassemblement pour changer de cap

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