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Publié par Torreben

Comment mettre la transformation sociale à l’ordre du jour des élections de 2017 ? L’agora de l’Humanité - 6 mars 2017

 

Le capitalisme atteint un seuil critique. Ses meneurs de jeu, sous le couvert de la compétence, derrière la complexité supposée et la nécessité d'efforts sans fin, contrôlent de plus en plus la société sous tous ses aspects. La pensée néolibérale, catastrophe intellectuelle, à laquelle ont œuvré d'un commun accord droite et gauche de gouvernement, sous la bénédiction d'une technocratie européenne incontrôlable par les peuples, enveloppe la guerre des classes d'un brouillard dense, d'une nuit impénétrable. L'exploitation de l'homme par l'homme en jouit, les inégalités économiques et sociales s'en accroissent d'autant mieux que ce qui est félicité pour les uns et désespoir pour les autres est vécu comme l'évidence. Le peu de pouvoirs et de richesses qui sont laissés aux classes moyennes et aux classes populaires est un leurre. Chez les dominants, on sait à quoi s'en tenir : la concentration des savoirs, des responsabilités et des fortunes au sein d'une même caste est la condition pour que ses intérêts soient défendus en tous lieux et en toutes occasions. Dans les affaires, tout se tient. Le découpage du réel a l'avantage d'empêcher la réflexion par la mise en relation de secteurs de l'activité économique et sociale qui sont présentés comme autonomes. L'arbitraire des privilèges, et des pouvoirs qui vont avec, doit rester masqué.

L'élection présidentielle qui nous est imposée, à longueur d'antenne, traversée par des soubresauts juridiques dont on peut supposer qu'ils se contentent d'effleurer une réalité encore plus perverse, avec l'injonction « démocratique » de bien vouloir choisir notre monarque au sein d'une petite poignée de candidats dont la plupart sont issus de la « bonne » société ou, à tout le moins, en sont proches, paraît bien loin des volontés de changements radicaux aujourd'hui indispensables. À part un jeune banquier de chez Rothschild, les autres sont des professionnels de la politique. Élus ? Pas vraiment puisque le premier parti de France est celui des abstentionnistes, avec plus de 50 % des voix de citoyens, le plus souvent d'origine modeste, refusant consciemment un choix qui ne saurait leur convenir. Une posture qui deviendrait totalement respectable si l'inscription sur les listes électorales et le vote devenaient obligatoires. Les votes blancs comptabilisés parmi les suffrages exprimés permettraient de prendre en compte un acte politique exprimant qu'aucune offre politique ne correspond à la demande et que, entre un bonnet riche et un riche bonnet, le choix est un non-sens. Les projets de lois sont prêts, mais ils n'ont jamais été mis à l'ordre du jour des assemblées parlementaires.

Nos enquêtes menées depuis trente ans auprès des dynasties familiales les plus fortunées démontrent une violence de classe et un appétit de richesses et de pouvoirs insatiable auxquels il est urgent de mettre fin avant qu'il ne soit trop tard. C'est pourquoi nous sommes atterrés devant l'impossibilité d'une dynamique entre la France insoumise, les communistes et tous les militants qui se reconnaissent dans la gauche radicale. Ne jamais oublier que nous sommes dans une guerre de classes dans laquelle l'ego des petits chefs n'a pas sa place et que c'est seulement dans la solidarité, la fraternité et le collectivisme que nous gagnerons cette guerre, qui, sinon, détruira la planète et l'humanité.

Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, sociologues

Face à l’arbitraire des privilèges et des pouvoirs

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