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Publié par Torreben

Disons-le. Nous vivons une séquence nauséeuse de notre histoire politique. En plus des affaires, ce sont deux anciens premiers ministres qui viennent de manifester on ne peut plus cyniquement leur mépris de la parole donnée. L'un devait démissionner s'il était mis en examen. L'autre, Manuel Valls donc, s'était engagé à soutenir le candidat issu de la primaire de la Belle Alliance populaire. Ils voudraient discréditer plus encore la parole politique dans l'opinion qu'ils ne s'y prendraient pas autrement. C'est méprisable. C'est « minable » pour reprendre, à propos de Manuel Valls, l'expression d'une députée du Parti socialiste. Jean-Christophe Cambadélis, le premier secrétaire du PS, est « triste ». C'est peu pour celui qui devait exclure ceux qui rejoindraient Emmanuel Macron et qui semble soutenir Benoît Hamon comme la corde soutient le pendu. On sait que les crocodiles peuvent verser des larmes. Mais au-delà, Jean-Christophe Cambadélis comme d'autres, comme sans doute le chef de l'État lui-même, savent très bien ce qui se passe : une recomposition majeure au centre droit de l'échiquier politique avec Emmanuel Macron à la manœuvre pour la mise en place à une nouvelle échelle de cette politique libérale déjà engagée pendant le quinquennat.

Face à cela, la réponse ne peut se trouver qu'à gauche. Benoît Hamon a semblé prendre acte hier de l'ampleur du lâchage, on a presque envie de dire du lynchage de son camp en appelant à de nouvelles discussions et à un rassemblement avec les communistes, la France insoumise et Jean-Luc Mélenchon, quand bien même il entend toujours rester au centre du jeu. Pierre Laurent, pour le PCF, invite à les reprendre. Bien malin qui saurait dire aujourd'hui ce qui peut aboutir, mais face à l'opération politique et idéologique majeure qui est en cours, c'est bien là le chemin pour redonner de l'espoir et une vision à la France qui aspire à de véritables changements. Ce n'est pas une autoroute mais de l'air, le champ à ouvrir de nouveaux possibles.

Editorial de Maurice Ulrich (Journal L’Humanité)

De l'air

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