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Publié par Torreben

Editorial de Patrick Apel-Muller (journal l’Humanité du 3 février 2017)

Le péril est grand, juché sur les échasses de la vertu ! L'homme qui prétendait notre État en faillite, prétendait traquer les pauvres, baptisés « assistés », supprimer 500 000 fonctionnaires jugés coûteux et inutiles, confier la Sécu aux prédateurs des assurances... chute avec fracas et la droite tombe de haut, elle qui jugeait cette élection imperdable.

Que la justice le poursuive ou non, François Fillon a permis des emplois de complaisance, menti les yeux dans les yeux aux Français, dévoilé un vif intérêt pour l'argent qui tisse entre les puissants de la société des fils souterrains de connivence. Comment pourrait-il maintenir sa candidature ? Pourtant, 4,4 millions de personnes ont voté pour désigner leur champion... Cet abandon produira des chocs en retour. Il alimentera la rengaine du « tous pourris », qui aveugle sur la nature des groupes trop comblés dans la société, pousse à l'inaction dans la vie civique, et abandonne la République au lieu de vouloir la transformer. L'extrême droite, qui entretient des relations très lâches avec la morale démocratique, espère bien pousser l'exaspération citoyenne vers des extrémités de haine.

Les libéraux et les conservateurs avaient perdu la première étape des élections en ne parvenant pas à écraser les débats sous les thèmes de l'identité et de la sécurité. Les questions sociales sont apparues au premier rang : COP contre l'évasion fiscale, sécurité professionnelle, augmentation des salaires, durée du travail, abrogation de la loi El Khomri, contrôle des fonds publics, transition énergétique... Ne les laissons pas disparaître sous le feuilleton des affaires. La droite et l'extrême droite retourneraient alors la situation à leur profit.

Dans notre paysage politique disloqué, une gauche de progrès et de transformation de la société a des chances de s'imposer. Si elle ne lâche pas un pouce de terrain aux réactionnaires et aux libéraux et si elle trouve la force et l'intelligence de se rassembler.

 

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