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Publié par Torreben

Editorial de Maud Vergnol (L’Humanité du 12 janvier 2017)

 

La relaxe espérée n'a pas eu lieu. Hier, la cour d'appel d'Amiens a condamné sept des huit anciens salariés de l'usine Goodyear à douze mois de prison avec sursis. Certes, les syndicalistes échappent à la prison ferme qu'avait requise le tribunal correctionnel il y a un an, un jugement inique devenu le symbole de la criminalisation de l'action syndicale. Mais ce couperet s'ajoute à la longue liste des répressions ordinaires de tous ceux qui refusent de rentrer dans le rang.

Contester les choix stratégiques patronaux est en passe de devenir un délit, quand la cupidité des dirigeants des grands groupes, dont la seule motivation est la rémunération des actionnaires au détriment de l'intérêt général, n'est jamais convoquée au banc des accusés. L'actuelle majorité aurait pu voter en 2013 la proposition de loi communiste d'amnistie sociale, concernant des délits commis lors de conflits sociaux. Elle s'est lâchement dérobée, en dépit des engagements de François Hollande. Cette nouvelle condamnation, après celle des syndicalistes d'Air France en novembre, ne redorera pas l'image d'une justice de classe que le procès Lagarde a tristement mise en lumière. La présidente du FMI, pourtant reconnue coupable d'une escroquerie en bande organisée qui aura coûté à l'État la bagatelle de 405 millions d'euros, n'a pas été condamnée. Alors, oui, c'est un bien triste spectacle qui se joue depuis plusieurs mois dans les tribunaux de France.

D'autant qu'à cette répression antisyndicale s'ajoute celle exercée à l'encontre de citoyens dont le crime est d'avoir fait preuve d'humanité en accueillant des réfugiés ! Tout cela s'inscrit dans un même mouvement de radicalisation sécuritaire, de la répression des mouvements sociaux à la criminalisation de la pauvreté. Pas moins de onze procès seraient ainsi programmés cette année pour délit de solidarité, c'est-à-dire pour assistance à personne en danger. Pour eux aussi, réclamons l'amnistie !

 

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