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Publié par Torreben

Un article de Jacqueline BRAIRE (Le Guilvinec)

Il y a aujourd'hui deux femmes qui se distinguent parmi les milliers d'anonymes qui s'investissent dans leur travail, que ce soit à la maison, dans leur profession, les associations, les syndicats et les partis politiques progressistes... les autres, réactionnaires de tribord ne souhaitant qu'une chose : les renvoyer derrière leurs casseroles et les couches de leur progéniture espérant sans doute faire baisser les statistiques du chômage... Ah, «travail, famille, patrie» cela ne vous rappelle rien ?

La première d'entre elles c'est Ségolène Royal dont je ne suis pas une fan inconditionnelle mais qui a remis les pendules à l'heure en lançant un pavé dans la mare depuis Cuba ! Cette île, étranglée par un embargo inhumain depuis 50 ans et des tentatives incessantes de déstabilisation par le grand voisin américain marri d'avoir perdu son lupanar et ses quasi-esclaves après la chute du dictateur Batista et la révolution castriste, a un taux d'alphabétisation de 99,8 % donc supérieur à celui de la France et des USA. La santé y est gratuite et les médecins cubains ont soigné des milliers d'enfants irradiés après Tchernobyl. Cuba a été le premier contributeur sur les lieux lors de l'épidémie par le virus Ebola en Afrique avec un contingent important de personnel soignant si bien que les Nations-Unies ont exhorté les pays riches à suivre son exemple.

La situation de Cuba sur le plan économique a connu des difficultés à partir du moment où le bloc de l'est a explosé car l'ex-URSS lui apportait beaucoup de produits de première nécessité ce qui explique la dérive autoritaire du gouvernement pour maintenir la stabilité sur son territoire dont les ressources sont réduites comme dans beaucoup d'îles. La responsabilité de cette situation incombe aussi aux pays occidentaux qui ne se sont pas exonérés de la tutelle américaine interdisant le commerce avec un régime considéré comme «non démocratique». Pourtant, Castro a libéré son peuple, lui a donné accès à la culture et à l'éducation ainsi qu'aux soins quelle que soit la grosseur de son portefeuille...

Ce que je trouve admirable d'hypocrisie c'est le comportement de nos gouvernants et de nos politiques de tous bords (hormis ceux qui sont vraiment à gauche) flanqués de leur commis du Medef, que ce soit le PS, les écolos, la droite et son extrême qui hurlent au scandale après les propos de Mme Royal mais qui sont bien prompts à s'acoquiner et à commercer avec de vrais démocrates qui pratiquent la lapidation, les coups de fouets, qui tranchent les mains des voleurs et la tête des meurtriers après des jugement plus qu'aléatoires ! Comme quoi... les droits de l'homme sont à géométrie variable dans certains partis bien-pensants, non ?

La deuxième femme à laquelle il faut rendre hommage en tant que «lanceuse d'alerte» c'est le Docteur Irène Frachon, pneumologue au CHRU de Brest, qui vient d'être élue «bretonne de l'année» même si elle est née à Paris d'une famille d'origine charentaise et dont le combat est relaté dans le film sorti récemment «La fille de Brest». Elle a mis au grand jour un scandale sanitaire avec l'affaire du Médiator, médicament fabriqué par le laboratoire Servier qui, comme beaucoup d'établissements du même genre avait et a toujours ses entrées sous les ors de la République par le biais du ministère de la Santé. La parution de son livre « Médiator 150 mg... combien de morts» – dont la deuxième partie du titre a d'abord été censurée – a révélé la nocivité d'un médicament normalement destiné au traitement du diabète mais employé donc prescrit par les médecins pour une tout autre indication – la perte de poids – alors que cette molécule était quasiment la réplique d'une autre retirée du marché en 1997, l'isoméride, à cause de ses effets délétères. Sa lutte a été celle du pot de terre contre le pot de fer quand on connaît la puissance des lobbys de l'industrie pharmaceutique et elle n'est pas terminée encore aujourd'hui puisque le déni de réalité persiste chez Servier qui rechigne toujours à indemniser les victimes. Le Dr Frachon continue donc son combat après avoir résisté aux pressions diverses qu'elle a subi de la part du laboratoire, de son entourage professionnel et même du corps médical d'abord sceptique devant ses arguments. La démonstration faite sur la dangerosité de ce traitement, les autorités sanitaires se sont enfin emparées du problème mais que de temps perdu, un certain nombre de victimes étant d'ores et déjà décédées.

Quant à la collusion qui existe entre plusieurs pouvoirs (financiers, économiques et politiques) elle ne fait plus mystère puisqu'à l'heure actuelle l'agrochimie continue tranquillement d'empoisonner la nature avec ses produits, donc en premier lieu ceux qui les utilisent, suivi de la faune et la flore dont on voit la destruction au niveau des sols qui meurent d'être trop traités et des abeilles qui disparaissent, l'eau impropre à la consommation et qui permet le développement des algues vertes sur le littoral où il y a une agriculture intensive. Toutes ces molécules se retrouvent dans les productions animales et végétales que nous mangeons donc s'accumulent dans nos organes. L'effet cocktail de tous ces poisons est dénoncé par de nombreux scientifiques aujourd'hui mais beaucoup de nos politiques ont visiblement des boules Quiès dans les oreilles et préfèrent protéger les multinationales de l'agroalimentaire et de la chimie que la santé de nos concitoyens... il faut dire que les dividendes sont plus bien intéressants que le coût pour la sécurité sociale représenté par le traitement des cancers.

(Article publié dans L'Echo de la Corrèze)

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