Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Torreben

LE PEN, FILLON et MACRON disent vouloir revaloriser le pouvoir d’achat, mais sans jamais prendre sur les profits.

 

Chassez le naturel, il revient au galop. Se revendiquer de la défense des travailleurs, comme Nicolas Sarkozy l'avait feint en son temps avec sa « France qui se lève tôt » peut faire long feu jusqu'à ce que la supercherie soit mise au jour... et que sous la peinture sociale de piètre qualité apparaisse le béton armé des intérêts du capital.

Marine Le Pen l'a elle-même avoué en évoquant, mercredi, sur Europe 1, « la charge supplémentaire pour les entreprises » que représenterait une augmentation du Smic, en pleurnichant sur leur « très grande difficulté dans notre pays ». Avec le FN, pas de risque pour le capital de se voir ponctionner pour accroître les salaires puisque c'est par une sibylline « contribution sociale à l'importation », que sa candidate dit vouloir verser une « prime de pouvoir d'achat » en lieu et place d'une augmentation du taux salarial horaire qui rémunère le travail.

Dans la liste de ces candidats qui prétendent augmenter les ressources tout en donnant d'une main et en prenant de l'autre, François Fillon n'est pas en reste puisqu'il dit vouloir « concentrer ses efforts sur la classe moyenne, cette classe silencieuse qui », dit-il, « n'est souvent pas payée en retour de ses efforts ». Comment donc ? Eh bien en diminuant les cotisations salariales « afin d'augmenter le salaire net des classes moyennes (suppression de la cotisation salariale maladie) ».

Là encore, le transfert de la partie socialisée du salaire sur sa partie nette ne peut s'apparenter à une augmentation de la fiche de paye puisque l'assiette n'évolue pas. La recette d'Emmanuel Macron s'inspire elle aussi des mêmes principes puisque le candidat d'En marche ! veut « diminuer les cotisations sociales de trois points pour augmenter le salaire net » en prévoyant « une augmentation plus limitée de la CSG ». Dans les trois cas, les candidats se placent objectivement du côté du capital puisque, à aucun moment, il n'est question de prendre sur les profits pour revaloriser les grilles salariales.

La synthèse de leurs propositions en matière d'augmentation des revenus pourrait se résumer en ces mots : « Donne-moi ta montre et je te donnerai l'heure. »

Olivier Morin (journal l’Humanité du 27 janvier 2017)

 

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article