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Publié par glazik-plomeur

 

Par Luc Foulquier,

ingénieur chercheur en écologie

 

Il a fallu deux ans de débats pour que la loi de reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages voie le jour. Rien d’étonnant à cela ! Les discussions ont été vives lors de la conférence sur l’avenir de la biodiversité à Nagoya (Japon) pour signer l’accord de 193 pays en octobre 2010, autour de 20 objectifs pour freiner l’érosion de la biodiversité. Il fallait obtenir le droit des états sur leurs ressources naturelles et le partage des avantages tirés de leur exploitation.

 

Lors du Grenelle de l’environnement (juillet 2010), le titre IV du texte de loi traitant de la biodiversité visait à réduire la consommation d’espaces, à garantir la qualité des écosystèmes, à réduire les pollutions et à assurer une cohérence écologique qui permette d’enrayer la perte de biodiversité.

 

Un combat de classe

 

Aujourd’hui, les problèmes demeurent et les enjeux sont immenses.

C’est un combat de classe qui est engagé car la nécessité de rapports harmonieux entre les hommes et la nature ne pourra s’établir sans la même harmonie des rapports des hommes entre eux. Le sujet de la biodiversité est vaste et comporte plusieurs facettes si on regarde sa dé- finition qui est « la diversité des organismes vivants qui s’apprécie en considérant la diver sité des espèces, celle des gènes au sein de chaque espèce, ainsi que l’organisation et la répartition des écosystèmes ». (Journal offi ciel du 12 avril 2009). Disons d’emblée que ce domaine implique un gros travail d’inventaire des espèces et d’écologie scientifique. Il y a besoin pour cela de chercheurs, de moyens financiers et de budget plus importants pour la recherche biologique en général et le Muséum d’Histoire naturelle en particulier. Nous souhaitons que la création de l’Agence française pour la Biodiversité aille dans ce sens !

 

Marchandiser la nature ?

 

Face au désir du capital de tout marchandiser au nom de « l’économie verte », la bataille est rude pour que nul ne puisse s’approprier le vivant et privatiser les ressources biologiques. C’est tout le problème de la brevetabilité du vivant, des « réserves d’actifs » gérés par des banques qui permettraient de compenser les dégâts du système. C’est la question des services écosystémiques d’ordre matériel ou immatériel que nous retirons des écosystèmes et qui sont de plus en plus évalué afin de leur donner une valeur marchande. La question des pollutions est également au centre de la biodiversité. Que l’on songe par exemple à l’utilisation des nicotinoïdes (insecticides) qui provoque des régressions de population des abeilles qui sont indispensables à la pollinisation des espèces végétales. Le mode de production agricole (utilisation d’OGM), comme la qualité des sols et de l’eau l’aménagement du territoire, la déforestation pour les biocarburants ou l’huile de palme, la santé, l’impact des changements climatiques, sont au cœur de débats et de luttes con crètes.

 

De nouveaux modes de production et de consommation

 

Insistons sur l’importance des zones marines détenues par la France et la protection des récifs coralliens. Notre pays dispose de beaucoup de zones prioritaires pour la biodiversité, de 40% des espèces végétales et de 58% des espèces d’oiseaux d’Europe. À tous ces problèmes des solutions existent. Il y a des techniques nouvelles à mettre en service, par exemple celles du bio contrôle qui utilisent pour produire la connaissance des relations des organismes entre eux et avec les substances naturelles. Mais il reste à prendre conscience que des solutions durables impliquent d’autres modes de production et de consommation qui soient contraignantes pour le capital qui est destructeur et des hommes et de la nature. C’est un choix de civilisation. 

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