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Publié par glazik-plomeur

François Hollande a annoncé ce jeudi soir en direct à la télévision qu'il renonçait à se présenter à l'élection présidentielle de 2017.

Le chef de l'Etat, dont la décision était attendue depuis des semaines par une majorité socialiste divisée et pessimiste sur les chances de même figurer au second tour, a expliqué qu'il entendait continuer à être président jusqu'au bout de son mandat. "Aujourd'hui je suis conscient des risques que ferait courir une démarche, la mienne, qui ne rassemblerait pas largement autour d'elle, aussi j'ai décidé de ne pas être candidat à l'élection présidentielle", a-t-il dit à l'Elysée. C'est la première fois qu'un président en exercice de la Ve République renonce à briguer un second mandat.

 

Pas candidat à sa propre succession, une première dans la Ve République depuis Georges Pompidou et son décès durant son mandat, François Hollande effectue dans le même temps un droit d’inventaire et un éclair de lucidité. Droit d’inventaire, en défendant longuement un bilan de son quinquennat quelque peu enjolivé. « J’ai agi pour redresser la France et la rendre plus juste » défend-il, jugeant « la Sécu à l’équilibre », « la dette préservée » et même la finance « régulée » -euphémisme signant en creux l’échec. Au titre des libertés, il cite le mariage pour tous bien sûr, mais aussi se targue d’avoir fait avancer l’égalité homes-femmes, et avoir « amplifié la lutte contre les discriminations », en se gardant bien d’en citer des exemples. C’est pourtant  « la lucidité » que le chef de l’Etat revendique pour renoncer. Il concède des « erreurs »,  et un seul « regret », le débat sur la déchéance de nationalité, qui « nous a divisé ».  Avis à Manuel Valls, en pointe sur ce projet… Sur le chômage, le critère qu’il se donnait depuis 2012 pour pouvoir se représenter, il assure que « les résultats sont là », qu’il « a pris tous les risques ». Alors pourquoi renoncer, au terme des ces longues minutes de défense et illustration  de son bilan ? « Je suis conscient des risques que ferait courir une démarche, la mienne, qui ne rassemblerait pas largement autour d'elle. Aussi, j'ai décidé de ne pas être candidat à l'élection présidentielle », a-t-il conclut en fin d’allocution, la voix blanche et hésitante. 

 

Avec des intentions de vote actuelles qui le reléguaient en cinquième ou sixième position, derrière François Fillon, Marine Le Pen, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon, des sondages montrant que quel que soit le candidat soutenu par le PS, il ne dépasse à ce stade de la campagne jamais les 10% au premier tour de l'élection présidentielle d'avril 2017 (9% pour Harris Interactive, 8% pour Odoxa), François Hollande n’avait guère de choix. Sinon prendre acte du rejet qu’il porte dans l’opinion, à rebours du bilan qu’il a défendu lors de son allocution.  

 

Pour l’heure, il demeure président durant cinq mois,  et s’est contenté d’un appel à l’unité de la gauche, sans pencher ouvertement pour un candidat plutôt qu’un autre. Si la candidature de Manuel Valls ne fait plus guère de doute,  et entrainera un remaniement sans doute a minima, François Hollande s’est voulu au dessus de la mêlée,  souhaitant un « sursaut collectif », appuyant implicitement la primaire du PS fin janvier et expliquant « comme président de la République je me dois de diriger l'État. Comme socialiste, je ne peux me résoudre à la dispersion de la gauche». Il met en garde contre François Fillon, dont « le projet met en cause le modèle social », et l’extrême droite, sans nommer Marine Le Pen, qui « nous appelle au repli ». Nul doute qu’il sera plus tard, dans la campagne, tout sauf un observateur.

 

 

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