Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Torreben

Donald Trump a tendu aux Américains un miroir aux alouettes. En plus de tomber dans le piège, ils ont cru s'y reconnaître. C'est sans doute l'une des plus grandes et des plus inquiétantes escroqueries politiques de l'histoire. Ses conséquences ne concernent pas seulement les États-Unis et les millions d'électeurs trompés dont on souhaite qu'ils en prennent conscience, mais le devenir du monde, qu'il s'agisse de la paix ou de l'environnement. On se souvient que le milliardaire, lié à plus de cent sociétés opérant dans près de vingt pays, avait mené campagne en accusant Hillary Clinton d'être trop proche de Wall Street et de la sulfureuse et énorme banque Goldman Sachs. Il a déjà nommé trois anciens membres de cette même banque aux ramifications mondiales dans son équipe, et Wall Street a chaque fois salué ses choix. On a pu penser un temps, peut-être, qu'un incertain principe de réalité pourrait tempérer les excès de sa campagne.

On y a même cru un brin lors de sa première rencontre avec Obama. On s'aperçoit qu'il n'en est rien. C'est un proche des industries et climatosceptique qui va à l'Environnement, un farouche adversaire de l'IVG qui va à la Santé, un roi du pétrole, le PDG d'Exxon Mobil, qui devrait être nommé à la diplomatie. Dans le même temps, Donald Trump s'engage en toute conscience dans une stratégie de tension géostratégique avec la Chine, dont l'enjeu est planétaire et économique. Nous devons être inquiets.

L'histoire nous a appris que les aventures les plus extrémistes pouvaient aller très, très loin. Il nous faut aussi réfléchir à ce que cela peut signifier pour la France. C'est le même piège que Marine Le Pen, son Philippot et sa nièce tendent aux Français, jouant de ces mêmes miroirs orientés un peu différemment pour attirer, qui les votes conservateurs, qui les votes populaires. On ne saurait oublier que Marine Le Pen a salué avec bonheur l'élection de Donald Trump et derrière les miroirs il y a la même chanson : « Alouette, gentille alouette, alouette je te plumerai... »

Editorial de Maurice Ulrich (L’Humanité du 13 décembre 2016)

 

Commenter cet article