Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Torreben

Libertés Publiques : nous serons tous fichés !

C’est en catimini, en plein week-end de la Toussaint, et malgré les recommandations de la Commission nationale de l'informatique et des libertés que le «Journal officiel » a publié l'acte de naissance du plus grand flicage biométrique jamais mis en place en France : «TES », pour « titres électroniques sécurisés ». Nous serons donc bientôt tous fichés !

Le décret est signé par le Premier ministre et quatre ministres : Intérieur, Défense, Affaires étrangères et Outre-Mer. Il n'a fait l'objet d'aucune discussion devant les élus de la nation ce qui est un véritable scandale et un déni de démocratie alors que le texte implique de lourdes conséquences pour les libertés publiques.

A cet égard, l’actuel garde des Sceaux du gouvernement « socialiste » Jean-Jacques Urvoas, n’avait pas de mots assez durs pour fustiger en 2012 la constitution d'un fichier informatique centralisant les données personnelles de tous les Français. « Un fichier à la puissance jamais atteinte dans notre pays puisqu'il va concerner la totalité de la population. Aucune autre démocratie n'a osé franchir ce pas ». Plutôt versatile, il se dédit aujourd’hui alors qu’un sénateur PS et membre de la Cnil, Gaétan Gorce, déplore que le gouvernement ait décidé de créer « une sorte de monstre ».

Rêvée par Sarkozy et votée par sa majorité, la loi du 5 mars 2012 attendait son décret d'application, Hollande l’a fait.

Auparavant, il existait deux fichiers distincts : celui des cartes d’identité et celui des passeports. 60 millions de Français vont maintenant être recensés selon une multitude de critères : état civil, sexe, taille, couleur des yeux, adresse, filiation, image numérisée du visage et de la signature, empreintes digitales, voire adresse mail et numéro de téléphone...

La finalité d’un tel mégafichier avait pour objectif – en principe – de sécuriser les démarches, lutter contre l'usurpation d'identité et d’éviter les piratages.

« Cependant, souligne Félix Tréguer, membre de l’association de défense des libertés numériques, quand un outil existe, il est très dur d’en limiter l’usage à des fins de surveillance délimitées. C’est quelque chose que l’on a bien vu ces dernières années, notamment avec la loi renseignement qui “légalisait” des pratiques déjà existantes. Ce décret s’inscrit dans la même fuite en avant technicienne. On autorise une nouvelle technique, un nouveau fichier, tout d’abord dans un cadre technique précis. Et ensuite, on l’élargit peu à peu. En matière de surveillance, on sait bien que la fin justifie les moyens. »

En effet, la création d’un fichier recensant la quasi-totalité de la population française implique d’énormes risques propres à tout fichier centralisé de cette taille. Et comme l’avait souligné Urvoas en 2012 qui parlait alors en orfèvre : « Qui peut croire que les garanties juridiques que la majorité prétend donner seront infaillibles ? […] Aucun système informatique n’est impénétrable. Toutes les bases de données peuvent être piratées. Ce n’est toujours qu’une question de temps. »

ALRX

Commenter cet article