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Publié par Torreben

 

 

Editorial de Maurice Ulrich (L’Huma du 30 novembre 2016)

Pourquoi l'un des deux leaders mondiaux de l'aéronautique, avec un carnet de commandes à hauteur de 1000 milliards d'euros, 140 000 salariés dans le monde dont 54 000 en France et des résultats financiers en hausse constante, annonce-t-il la suppression de plus de mille emplois ?

La réponse, la voici : depuis 2010, les dividendes versés par le groupe à ses actionnaires ont été multipliés par six et son objectif est affiché en toute clarté sur son propre site : « En 2013, Airbus Group a formalisé sa politique de dividendes en s'engageant à générer de solides rendements pour ses actionnaires. » Derrière la formidable réussite industrielle et technique du groupe, c'est la logique financière qui est aux commandes et les salariés qui ont contribué à cette réussite sont jetés par-dessus bord pour un délestage. Ce n'est pas seulement le problème d'Airbus, c'est le mal de l'économie mondiale et c'est, plus encore, un mal français. Des chiffres, là encore. En 2015, les dividendes versés par les entreprises françaises à leurs actionnaires ont augmenté de 11 %. À titre de comparaison, dans cette Allemagne qu'on nous donne en permanence en exemple, ils n'ont augmenté que de 3 %. Mais là-dessus les donneurs de leçons du capital restent muets, qui n'en discourent pas moins à tout-va sur la fiscalité qui accable, selon eux, nos entreprises plus que d'autres, les réglementations qui les entravent.

On s'inquiète vivement, et il le faut, de l'avenir de la fonction publique et des services publics, mais ce n'est pas tout. L'objectif du nouveau champion de la droite, c'est le même que celui d'Airbus, le service des actionnaires et parmi eux des plus puissants. Face à cela, le petit jeu Valls-Hollande est pathétique. C'est pendant ce quinquennat que des dizaines de milliards sont allés vers les entreprises et vers cette explosion des dividendes. Ils en appellent aujourd'hui au rassemblement de la gauche !

Désolés, Monsieur le président, Monsieur le premier ministre, mais notre ennemi, c'est la finance et la compromission avec la finance.

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