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Publié par Torreben

Droite au pouvoir : demandez le programme !!

Selon les dires de Fillon, dès son élection (déjà actée...) dix à quinze ministres formeront le nouveau gouvernement, ministres qui auront déjà les « réformes » en poche. Dès le 1er juillet, ceux-ci devront mener une Blitzkrieg, en utilisant tous les moyens à leur disposition : ordonnances, 49-3, vote bloqué. Pendant deux mois sans discontinuer, le Parlement adoptera tous les textes « incarnant le changement ».

  • abrogation des 35 heures et suppression de toute durée légale du travail
  • abrogation de l’impôt sur la fortune
  • réforme de la fiscalité sur le capital avec l’adoption d’une taxation forfaitaire de 25 %.
  • nouveau code du travail allégé, renvoyant toutes les règles au niveau de l’entreprise.
  • réforme de l’assurance chômage avec dégressivité des allocations dans le temps.
  • report de l’âge de la retraite à 65 ans.
  • lancement du programme d’économie sur les dépenses publiques.

En deux mois, Fillon veut transformer tout le cadre économique, social et public du pays, et dit-il « pour prolonger la tension », quelques référendums auront lieu en septembre pour de rendre « très difficile la contestation sociale »

Ces référendums porteraient sur le principe d’égalité entre les différents régimes sociaux (suppression des régimes spéciaux), la fusion des départements et des régions, la diminution du nombre de parlementaires.

il veut revoir l’impôt sur les sociétés, qui serait réduit à 25 % et supprimer toute une série de taxes payées par les entreprises sur les salaires comme la taxe sur les transports, sur la formation, etc. soit 40 à 50 milliards d’euros d’allégements supplémentaires qui viendront s’ajouter à tout le reste.

Ces nouveaux cadeaux faits aux entreprises devraient être payés par l’ensemble des ménages, y compris les plus pauvres puisqu’il est prévu d’augmenter de 2,5 % à 3,5 %. la TVA sur les deux taux les plus élevés (10 % et 20 %).

Fillon veut abroger les mécanismes de revalorisation automatique du Smic et mettre fin aux hausses pour les autres salaires. Le paiement des heures supplémentaires disparaîtrait, puisqu’il n’y aura plus de durée légale du travail. La progression automatique des carrières dans la fonction publique sera supprimée.

500 000 emplois dans la fonction publique seront supprimés ce qui suppose de ne pas remplacer des milliers d’infirmières, de professeurs, de fonctionnaires territoriaux, de magistrats, de greffières, de gardiens de prison, de policiers partant en retraite...

Au nom de la rigueur, et de la « lutte contre l’assistanat », Fillon veut instaurer une allocation sociale unique, qui remplacera les dispositifs d’aide existants : RSA, prime pour l’emploi, allocation de solidarité, allocation pour parent isolé, allocation pour adulte handicapé, minimum vieillesse, minium invalidité, allocation logement. Cette « allocation sociale » sera ramenée au niveau du RSA : 535,17 euros par mois.

(infos Mediapart)

Face à la menace de droite , que fait la gauche ?

Eparpillée façon puzzle, la « gauche », – appelons-là ainsi, bien qu’on ne sache plus très bien ce que recouvre ce concept – s’ingénie à parfaire son inéluctable échec, chacun prônant « le rassemblement » voire le « large rassemblement », mais chacun pour soi.

Dans le désordre, il y aura des « insoumis » (les autres sont-ils « soumis ? »), les Verts (d’autres ou ceux qui sont au gouvernement ou les deux ?), des frondeurs, des non frondeurs, Macron, Valls ? Hollande ? Monsieur Poutou et Madame Lutte Ouvrière et on en oublie sans doute...

Les mots d’un début de campagne électorale pour le « large rassemblement » résonnent dans le vide. Ici on propose les 32 heures (alors que l’urgence c’est de sauver si possible les 35 heures, là on manie le « programme demain on rase gratis » , on s’extasie qu’à telle ou telle rencontre de citoyens « de gauche » il y ait deux ou trois visages « qu’on ne connaissait pas ». Les rassemblements électoraux se résument toujours aux mêmes camarades ou « citoyens » comme on se plaît à dire, « cartés » ou « non cartés », mais toujours les mêmes, convaincus par avance parce que militants.

Dans tous les cas, on perd de vue que l’époque a changé. Les vrais problèmes sont devant nous : la numérisation, la robotisation, l'ubérisation de l'économie mondialisée, qui sera dominée par la génétique, les big data, les nanotechnologies, les conséquences du changement climatique etc. Dans ce monde toutes les cartes sont entre les mains des Etats-Unis (Google, Amazon, Facebook...). Ce qui s’annonce, c’est le bouleversement du monde du travail, du monde du salariat, du monde de la santé,due monde de la retraite... Dans ce monde limité, la croissance ne pourra pas être illimitée, l’emploi se raréfiera.

Aujourd’hui, les programmes, tout le monde s’en fout, le débat politique est celui d’une époque révolue et c’est une des raisons sans doute de la désaffection envers « la politique » et « les politiques »...

Alors que faire ? Il y a quelques semaines, un camarade rappelait qu’il lui semblait impérieux aujourd’hui, de s’adresser aux millions de personnes déclassées, au chômage, travailleurs pauvres, ceux qui hantent les files d’attente du Secours Populaire, des Restos du cœur, ceux qui survivent avec quelques centaines d’euros par mois, aux jeunes sans espoir. Trouver un autre langage que les sempiternels « programmes » auxquels plus personne ne croit. Ces millions de personnes se murent aujourd’hui dans le silence de l’abstention ou s’apprêtent à « renverser la table », faire un bras d’honneur à un monde qui les rejette, et les ignore en votant pour les fachos.

Il faut trouver les mots pour les intéresser, les amener à penser qu’on a pu pourtant faire ou imposer de « vraies » réformes, 36, le programme du CNR, 68... faire comprendre comme le rappelait Ambroise Croizat (le fondateur de la Sécu) qu’il n’existe pas « d’acquis sociaux » mais seulement des « conquis sociaux ». Point de salut sans les luttes, à condition de ne pas être seuls.

A propos des législatives, combien a t’on « fait » en 2007 : 4.20 %, en 2012 6.77 %.

Il y a du pain sur la planche... mais autrement.

Faute de quoi...

ALRX

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