Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Torreben

Affaire Kerviel : et l’argent des français ?

La Société générale devra rendre l'argent public

Bercy a lancé, dans la plus grande opacité, une procédure pour récupérer tout ou partie des 2,2 milliards que la banque a touchés en raison des pertes qu'elle imputait à son ex-trader.

C'est la suite logique du jugement qui a fait basculer l'affaire dite Kerviel en affaire de la Société générale. Selon les Échos, Bercy a décidé de lancer une procédure pour récupérer tout ou partie des 2,2 milliards d'euros de crédit d'impôt dont a bénéficié la banque suite à la perte en 2008 de plus de 6 milliards d'euros, soit 4,9 milliards liés aux positions de Jérôme Kerviel et ceux liés à la crise des subprimes. Une décision qui vient à la suite de celle de la cour d'appel de Versailles, qui a estimé cet été que la Société générale est responsable à 99,98 % de la perte de son ex-trader.

Jérôme Kerviel a salué « une très très bonne nouvelle pour tout le monde, notamment pour le contribuable français »,ajoutant au micro de RTL que « cela (lui) était insupportable que la banque, après avoir trompé la justice, ait pu tromper l'administration fiscale et se fasse 2,2 milliards d'euros sur (son) dos ». Pour l'extrader, « cela signe la fin de l'impunité des banques ».

L'opacité du « secret fiscal »

Dans la matinée, le secrétaire d'État à l'Industrie, Christophe Sirugue, a indiqué sur LCP la « volonté (de l'État) de rentrer dans ce processus » de remboursement des aides par la banque. Alors que Bercy et la Société générale n'ont pas souhaité commenter cette information, se disant tenus par le « secret fiscal ».

Une opacité dénoncée par l'écologiste Julien Bayou, pour qui celle-ci « protège uniquement les intérêts de la banque au mépris de ceux des Français ». Car, explique le porte-parole d'EELV « il faudra , attendre le prochain rapport annuel de la banque pour connaître le sort fait à ce crédit d'impôt » et si oui ou non l'administration a récupéré les sommes. « Entre-temps, Michel Sapin sera parti. Il sera trop tard pour le poursuivre pour avoir agi trop légèrement avec l'argent du contribuable », a-t-il regretté. D'autant que la banque ne compte pas se laisser faire. Dans un communiqué, elle assure que « la décision de la cour d'appel de Versailles n'est pas de nature à remettre en cause le bien-fondé de la déductibilité fiscale de la perte. La banque utilisera donc, le cas échéant, tous les moyens de droit pour faire valoir cette position ».

Clotilde Mathieu (journal L’Humanité du 16 novembre 2016)

Commenter cet article