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Publié par glazik-plomeur

Les chroniques Latines de Jean Ortiz 

 

 

 

 

Quelques amis bien intentionnés, c’est-à-dire le plus souvent anticocos- « mais je n’ai rien contre les communistes »- m’accusent de tout politiser dans notre combat (devoir, travail) de mémoire historique. Alors, que l’on me permette cette mise au poing.

Partout, nous avons besoin de réinjecter du sens, de la lutte des classes, donc de la politique.

Depuis une trentaine d’années, la droite a gagné la bataille des idées ; l’historiographie française se caractérise par une droitisation galopante... l’histoire sociale agonise à l’université et ailleurs.

Ce mouvement vise entre autres à jeter la suspicion sur tout un secteur, souvent « hégémonique » (cela ne veut pas dire exclusif) de la lutte antifasciste : les « Rouges »... Les militants, bombardés de partout, font parfois le gros dos, cantonnant leurs propos à une mémoire victimaire, qui cache les enjeux, une mémoire sentimentale, affective, souvent vide de contenu politique. Un seul exemple : les Brigades internationales étaient majoritairement communistes. Pourquoi l’oublier ? Ce n’est pas un hasard et il faudrait en être fier et non décaféiner le propos. Il en va de même avec la « Nueve », avec la Résistance étrangère, avec les Guérilleros espagnols. Formidable retournement de l’histoire. Tous staliniens, tous marionnettes manipulées !... Le communisme a vertébré la lutte, mais cela ne signifie pas qu’il en eut l’exclusive ; l’antifascisme était pluriel.

Cet insupportable révisionnisme anticommuniste doit être combattu avec vigueur. Les « nouveaux révisos » entendent réécrire le passé pour en occulter les luttes sociales, la mémoire ouvrière, le contenu de classe, les utopies révolutionnaires. Pour ces faussaires, les héros ne sont pas des héros, mais ils deviennent des martyrs, manipulés et finalement sacrifiés, voire des bourreaux...

Voilà pourquoi notre réappropriation de l’histoire ne peut être neutre, mais critique, offensive, exigeante.

La mémoire historique est devenue un enjeu central de la lutte idéologique. N’en obscurcissons pas le sens, les leçons, par des célébrations trop consensuelles. Les classes dominantes entendent plier le passé à leurs intérêts d’aujourd’hui, et nous faire accepter toutes les régressions. Elles veulent mettre la mémoire au service de la recomposition du monde autour du néo-libéralisme. Qu’on se le dise !

Alors, oui, réinjectons de la politique !

 

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