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Publié par Torreben

L'échec lamentable du CICE
Alors que l’État et les collectivités locales sont pressés de toutes parts pour faire des économies, ce dispositif qui revient à disperser de l’argent public sans discernement et sans contrôle est un véritable gaspillage.
Le CICE se révèle coûteux, de plus en plus coûteux, et l’État accorde les allègements sur la seule foi des déclarations des entreprises.
En 2013, le coût de ce crédit d’impôt était de 11,3 milliards d’euros. En 2015, il s’élève à près de 19 milliards d’euros. Le poids de cette mesure grossit à vue d’œil : le montant devrait dépasser les 20 milliards d’euros en 2020. Si l’allégement passe de 6 % à 7 % de la masse salariale à partir de 2017, comme le souhaite François Hollande, le coût du CICE passera de 19,7 à 23 milliards d’euros dès cette année-là.
Un tiers des recettes de l’impôt sur les sociétés est amputé par le CICE ! La mesure représente déjà 1 % du PIB.

ALRX

L'échec lamentable du CICE

Pierre Ivorra (Chronique économique - L’Humanité du 5 octobre 2016)

Dans son rapport 2016, le comité de suivi du CICE (crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi) mis en place par le gouvernement vient d'estimer probable qu'il y ait eu, grâce au dispositif de baisse des cotisations et des impôts des entreprises, « de l'ordre de 50 000 à 100 000 emplois créés ou sauvegardés sur la période 2013-2014 ». Au-delà d'une assertion aussi peu vérifiable, que constate-t-on comme évolutions ?

Selon les données du ministère du Travail, le nombre de chômeurs de catégorie A, c'est-à-dire sans activité, est passé - de mai 2012, date de l'élection de François Hollande, à la fin août 2016 - de 3,160 millions à 3,814 millions, augmentant ainsi de 20,7 %. Le nombre de chômeurs de toutes catégories a progressé de 1,160 million, soit de 26,6 %, et s'élève à 5,518 millions, contre 4,360 millions en mai 2012. François Hollande n'a pas réussi à inverser la courbe du chômage.

Cette politique repose sur l'illusion qu'en baissant le coût du travail, on redressera l'économie.

Le CICE a-t-il au moins permis de dynamiser l'économie française ? En fait, la croissance reste faible, baissant même au deuxième trimestre de cette année de 0,1 %. L'emploi progresse légèrement, mais l'industrie continue à en perdre. De l'aveu même du comité de suivi du CICE, il n'y a pas « d'effet observable sur l'investissement, la recherche & développement (R&D) et les exportations ». Il n'y a pas non plus d'embellie du côté du commerce extérieur. Enfin, le niveau de vie des Français stagne. Seule réussite : le taux de marge des entreprises s'est redressé, les profits réalisés rapportés à l'activité augmentent.

Cette prétendue politique de l'offre repose sur l'illusion qu'en baissant le coût du travail, en relançant les profits, on redressera l'économie. Et, au final, c'est un ratage complet. Cela d'autant que la plupart des pays européens en font autant. C'est une sorte de course de sacs où chacun essaie de faire chuter son voisin, mais, au final, où tout le monde tombe. Face à cela, certains, notamment au sein de la gauche socialiste, répliquent en y opposant la politique de la demande. Il faudrait notamment augmenter la dépense publique et les salaires. Certes, mais avec quel argent ? C'est là que le bât blesse. C'est là sans aucun doute la question clé des prochaines élections : où trouver l'argent pour engager une autre politique ? En vérité, trois choses sont à changer. Il s'agit de trouver de nouveaux financements mais pour une offre et une demande elles aussi transformées, permettant de maîtriser et de pousser en avant la révolution technologique en cours afin de répondre aux besoins sociaux et environnementaux, en permettant notamment l'accès de tous aux biens communs.

L'échec lamentable du CICE

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