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Publié par glazik-plomeur

 Le scandale de la vente de STX-France


Le groupe sud-coréen STX Offshore and Shipbuilding, placé en redressement judiciaire par la justice coréenne, veut vendre le chantier naval de Saint Nazaire -STX France- pour rembourser aux banques une partie de ses dettes et éviter la liquidation. Il fait appel à un spécialiste de la fusion-acquisition pour gérer l’opération.

STX Offshore and Shipbuilding détient les deux tiers des parts du chantier (l’Etat français possède les parts restantes soit un tiers). STX France, un des rares du groupe à dégager des bénéfices, a un carnet de commandes plein jusqu’en 2026 : 14 paquebots de croisières commandés par l’italo-suisse MSC Croisières, par l’états-unien Royal Caribbean. Ces navires représentent, au total, près de 12 milliards d’euros de commandes et quelque 100 millions d’heures de travail. De quoi susciter l’intérêt des repreneurs mais pas forcément dans le sens d’un développement de l’entreprise.

L’Etat, avec le tiers des parts de STX France, dispose d’une minorité de blocage et a un droit de regard sur le choix d’un nouvel actionnaire. Les négociations entre le gouvernement et d’éventuels repreneurs se passent dans la plus grande opacité pour les travailleurs de STX, mais en lien étroit avec B. Retailleau, Président LR de la Région Pays de la Loire, qui exprime sa satisfaction « Je suis en contact régulier avec le Ministère de l’Economie et des Finances…J’ai beaucoup travaillé sur ce dossier avec le ministre de l’économie… l’Etat a la main et les dernières nouvelles sont rassurantes… ». C’est « l’Union Sacrée » entre le PS et Les Républicains pour régler le sort de STX France…

La presse avance le nom de plusieurs repreneurs : groupe chinois Genting Hong Kong qui a déjà racheté quatre chantiers allemands et dont le principal intérêt est le transfert de technologie, le néerlandais Damen et l’italienFincantieri qui sont des concurrents directs de STX…

Quel que soit l’actionnaire il continuera la politique de casse sociale qui a été mise en place depuis de nombreuses années avec l’aide des gouvernements qui se sont succédés.

Dans l’immédiat, le carnet de commande de STX impose une politique de recrutement bien supérieure à celle proposée par la direction qui a pour objectif de faire sous-traiter par d’autres chantiers européens certains éléments des paquebots commandés.

L’entreprise emploie 2600 salariés et les entreprises sous traitantes 40000,nombre insuffisant pour satisfaire les commandes. La direction prévoit 150 embauches et évalue à 500 le nombre de salariés de plus chez les sous-traitants, ces chiffres compensent tout juste les départs en retraite…. La politique de restriction des effectifs, de précarisation des emplois fait qu’en 13 ans le nombre de CDI est passé de 3000 à moins de 900… La CGT revendique dès maintenant la création de 800 CDI et l’augmentation des salaires.

STX repris par une entreprise capitaliste de quelque nationalité qu’elle soit continuera à être gérée dans le seul sens des intérêts des capitalistes, ce ne sera pas une solution pour le développement de l’industrie navale. 90% du commerce mondial se fait par voies maritimes, les besoins sont immenses, les chantiers navals doivent construire des navires de tous types répondant aux besoins du transport maritime des marchandises et des personnes et ouvrant des perspectives sociales et économiques.

Les chantiers navals doivent être entièrement nationalisés, gérés par le peuple, c’est le seul moyen d’instaurer une véritable politique de développement de la filière industrielle navale répondant aux besoins de la société.

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