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Publié par glazik-plomeur

Hôpitaux de proximité, la loi les réduit aux soins de premier secours

(Photo d'archive: manifestation pour la défense des urgences de Pont L'Abbé)

L'entrée en vigueur des GHT (groupements hospitaliers de territoire) au 1er juillet dont l'objectif serait selon le ministère de "garantir à tous les patients un meilleur accès aux soins en renforçant la coopération entre hôpitaux publics autour d’un projet médical." précisant qu'il s'agit "d'accéder aux meilleurs soins au meilleur moment et au meilleur endroit" . En réalité les GHT sont mis en place alors que le projet médical partagé n'existe pas (il est renvoyé à un an...) et le but poursuivi est clairement de réduire l'accès aux soins et de favoriser les économies sur la Sécu (amputation de 690 millions d'€ en 2016 pour la seule dépense hospitalière alors que les besoins augmentent! )

Est visée particulièrement l'offre de soins de proximité, déjà fortement attaquée ces dernières années

Et si l'ARS Bretagne a dû reculer devant les résistances notamment des personnels, y compris des médecins, sur le nombre de GHT (c'est ainsi qu'il y aura pour notre département 2 GHT, un au nord et un au sud, Quimperlé étant rattaché au Morbihan, et non 1), les risques de voir de nouvelles disparitions de services et d'activités n'ont pas disparu, il faut rester vigilants et mobilisés.
Au sujet des GHT et de l'offre de soins de proximité, voir l'article du Globule rouge d'août, ainsi que celui de Frédéric Rauch dans Économie et Politique http://www.pcf.fr/8999
7.

Y.R.

Nouus reprenons ici Un article DANIEL ROUCOUS pourHUMANITE.FR

Les hôpitaux de proximité sont limités en nombre et en soins par la nouvelle politique de GHT (groupement hospitalier de territoire). Ils n’ont plus droit d’assurer maternité et chirurgie.

Voici la liste officielle des hôpitaux de proximité ici

Elle en agrée 243 dont les services sont limités aux soins de premiers secours dans les territoires qu’ils desservent. Ils n’ont pas ou plus le droit d’exercer une activité de chirurgie ou d’obstétrique. Pour cela et pour tous les autres soins, il faut se rendre dans une des 135 GHT (Groupements hospitaliers de territoire) et donc de plus en plus loin et même difficile d’accès.

Outre la condition de soins et donc d’abandon de tous autres services, pour avoir droit à l’appellation « hôpital de proximité », les hôpitaux devront (article-R6111-24-code-sante-publique ) desservir un territoire présentant au moins deux des quatre caractéristiques suivantes :

- avoir une part de population âgée de plus de 75 ans,

- avoir une part de population vivant sous le seuil de pauvreté supérieure à la moyenne nationale,

- avoir une population de médecins généralistes pour 100 000 habitants inférieure à la moyenne nationale ;

- avoir une densité de population inférieure à 150 personnes au km2.

Cependant peut être considéré comme hôpital de proximité, celui qui ne répond qu’à une seule de ces conditions mais est le seul établissement autorisé à exercer une activité de médecine sur le territoire qu’il dessert ET l’activité de médecine y est exercée en totalité ou en partie par un médecin assurant également le suivi des patients et la coordination de leur parcours de santé au sein de l’offre de soins ambulatoires.

De là à devenir des dispensaires et dispatcheurs…

C’est quoi le problème ?

Il s’agit là d’un effet de la loi du 26 janvier 2016 dite de modernisation de notre système de santé et de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2015 (article 52) puisque le financement des hôpitaux de proximité est conditionné au respect de cette obligation de soins. Et donc à la suppression des services maternité et chirurgie contre laquelle de nombreux habitants se mobilisent comme en témoigne la Coordination nationale pour la défense des hôpitaux de proximité ici et la lettre de la députée Jacqueline Fraysse (FG) à la ministre de la santé téléchargeableici

Cette réforme, expliquée par le ministère des affaires sociales et de la santé s'en explique dans son guide_hopitaux_proximites ,oblige, depuis ce 1er juillet, les 850 hôpitaux publics de former des GHT (groupements hospitaliers de territoires). Leur nombre dépend des bassins de populations et la tendance est à la spécialisation. Ce qui veut dire que des services seront encore abandonnés.

En 2013, un rapport de la Cour des comptes concluait que les hôpitaux de proximité avec des services suffisants étaient utiles et la solution pour arrêter les inégalités de l’accès aux soins. Ce rapport est téléchargeable sur le site de l’AMF (association des maires de France) ici

Quant au financement des hôpitaux de proximité « agréés », il dépend du volume d’activité (ce qui laisse présager la poursuite de leur suppression) et des engagements de partenariat avec les établissements exerçant des soins de deuxième recours vers lesquels orienter les patients et aussi le développement de la télémédecine par internet !

Du financement sur mesure et sous contrainte en somme. Le but : regrouper pour économiser.

INFOS +

- Telemedecine-fiche-CISS

- conseil des ministres du 31 août 2016 le-point-sur-les-GHT

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