Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Torreben

Macron : le commis de la finance quitte le navire Hollande

Solde de tout compte

Editorial de Maud Vergnol (Journal L’Humanité du 31 août 2016)

On pourrait se réjouir, après tout. Se dire que les masques tombent, que le peuple de gauche respirera mieux après avoir subi l'humiliation d'être représenté par un champion du mépris de classe. Pourtant le symptôme Macron en dit tellement long de l'agonie de ce quinquennat, et de la Ve République, que l'heure n'est vraiment pas au contentement. Faut-il que notre démocratie soit si malade pour qu'un ministre de l'Économie, entré par effraction démocratique avec la complicité du chef de l'État, quitte le navire en plein naufrage pour assouvir ses ambitions personnelles, et ose s'imaginer président de la République ?

Car le départ du commis de la finance ne repose absolument pas sur un désaccord politique, comme ce fut le cas pour d'autres ministres, Christiane Taubira en tête, qui eut le courage de se désolidariser du gouvernement sur la proposition indigne de déchéance de nationalité. À l'inverse, l'ancien banquier s'enfuit par la petite porte qui le mènera directement à l'université d'été du Medef, où l'on ne manquera pas de lui dérouler le tapis rouge, comme le patronat n'hésitera pas à mettre la main au portefeuille pour faire gravir les marches à son obligé. D'ailleurs, M. Gattaz ne s'en cache pas, lui qui affiche publiquement sa liste de courses pour 2017, et sait qu'il ne faut jamais mettre tous ses œufs dans le même panier...

Pour François Hollande, par contre, la trahison risque d'être plus difficile à digérer. Ce ne sont pas « les éléments de langage » distillés ici et là qui réussiront à masquer l'isolement absolu du chef de l'État, dont les cinq années au pouvoir s'achèvent dans une lente agonie. Le bilan du ministre est à l'image de celui du quinquennat. La loi qui porte son nom, censée « doper » l'économie, n'aura encouragé que la précarisation des travailleurs et la libéralisation des services publics. « Jugez-moi sur les actes, il n'y a que ça qui compte », invitait, il y a deux ans, Emmanuel Macron... Dont acte.

Macron : le commis de la finance quitte le navire Hollande

Commenter cet article