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Publié par Torreben

CCPBS : la taverne de Maître Tanter...

La polémique a agité le landerneau politique du Pays Bigouden

au sujet de l’installation sur un terrain appartenant à la CCPBS – « Toul car bras » à Tréffiagat – d’une boite de nuit itinérante, « Magic Mirrors ».

On se gardera bien d’intervenir dans le différend commercial entre les discothèques institutionnelles et cet établissement, qui devrait démarrer le 29 juillet jusqu’au 4 septembre, la Fédération nationale des discothèques dénonçant « une concurrence déloyale vis-à-vis des discothèques régulières » et donc de capter leur clientèle.

Il existe cependant quelques questions qui doivent interpeller les citoyens. Tout d’abord, si on se réfère aux informations parfois contradictoires parues dans la presse, « le projet du Magic pour l'été 2016 a été déplacé en Pays Bigouden au mois de juillet, apparemment sans faire de bruit, au point que les élus locaux en sont alertés seulement quelques jours avant la probable ouverture à Treffiagat »(Ouest-France).

M. Tanter a donc décidé quasiment seul avec Mme Bourhis, maire de Tréffiagat, qui endosse ainsi toute la responsabilité, et accordant à titre gracieux ( !) l’installation de la boite de nuit sur le site public communautaire. Cette décision a été prise en écartant les considérations du maire de Pleuven qui a accueilli en 2015 cette activité et refusé sa réinstallation cette année en raison des nuisances et du « mauvais comportement de la clientèle ». Le maire de Clohars-Fouesnant a lui aussi écarté d’emblée le projet d’installation sur sa commune invoquant des problèmes de sécurité. On se passe ainsi de commune à commune la patate chaude, personne n’en voulant sur son territoire... hormis M. Tanter qui fait passer en catimini le projet, s’affranchissant de toute information préalable et par dessus la tête des élus locaux.

Quels arguments sont-ils invoqués pour justifier ces décisions « à la hussarde » ? Mme Katia Gravot, vice-présidente en charge du tourisme – qu’on connaît plus inspirée – a expliqué sérieusement que le projet « correspond à deux attentes du schéma [pour le tourisme] : proposer des choses pour les jeunes et les moins jeunes, et au manque d'activité le soir ». Mme Bourhis a répété le même scandaleux argument de « l’apport pour la jeunesse ». On croit rêver. Ainsi, pour la CCPBS et certains élus locaux, l’horizon indépassable des loisirs de la jeunesse et du développement du tourisme passe par la boite de nuit et la consommation d’alcool...

Car le véritable problème est justement là, au delà des questions de sécurité. Comment ne pas être interpellé par les remarques des maires des villes précédentes qui ont refusé l’accueil de cette boite de nuit. Ce n’est pas le fait de danser, ou la musique qui induit ces nuisances et les débordements dans les boites de nuit et au dehors. M. Desfonds, le responsable du projet lui-même en est conscient selon ses déclarations (Ouest-France du 27/7/2016), ces débordements gênant la pérennité de son projet.

Quel que soit le jugement qu’on puisse porter sur ce projet précis, ce sont essentiellement les responsabilités des maires et du président de la CCPBS qu’il convient de relever. Mme Bourhis ne peut, en sa qualité de maire, ignorer les dispositions de la loi 2011-302 du 22 mars 2011 adaptant la législation au droit de l’Union européenne en matière de santé (Jo du 23 mars 2011). Ces règles entrées en vigueur le 1er juin 2011 ont été rappelées et expliquées aux maires par les préfets. Aux termes de ces textes, la boite de nuit « éphémère » de M. Desfonds ne répond à aucun des critères des débits de boissons temporaires à consommer sur place, son établissement ne participant pas à une « exposition ou foire organisées par l’Etat ou les collectivités publiques » (Art. L3334-1 du code de la Santé publique), ni d’une buvette à l’occasion d’une fête publique (L3334-2 CSP), (L3334-2 CSP) : on ne peut donc y vendre de l’alcool.

M. Desfonds affirme utiliser pour cela la licence 4 de l’établissement Le Coatélan de Plougonven. Mais cette licence est attachée à un lieu d’exploitation (établissement permanent), et ne peut ainsi faire l’objet d’un transfert pour un établissement temporaire (discothèque « éphémère »).

Il est pour le moins scandaleux dans cette affaire, au delà des décisions prises en secret, du manque d’information et de concertation, des problèmes évidents de sécurité, que des élus municipaux et le président de la CCPBS lui-même se soient affranchis sous un prétexte pour le moins fallacieux des règles en vigueur en matière de santé publique. Quels intérêts sont-ils réellement en jeu ?

PCF du Pays Bigouden

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Georges 15/08/2016 09:03

Un article que le Fhaine aurait pu signer ! . Rétrograde et scandaleux de la part de "progessistes".

Jérémie 01/08/2016 17:19

Que de bêtises et de fantasmes au sein de cet article ! Le PCF faisant le jeu des gros patrons de boîte de nuit, ou comment le principe d'opposition amène à cracher sur ses propres principes.
Sortir et s'amuser n'est certes pas "un horizon indépassable", mais vous ne pouvez pas nier que cela fasse partie des aspirations de la jeunesse : ne soyez pas rétrograde.
Enfin, et pour info, on peut parfaitement transférer une licence IV de manière temporaire (demandez à la préfecture).

lucas 29/07/2016 12:30

Avant de dire autant de conneries, avez vous interrogé les jeunes ?
Corine maman de 3 jeunes et heureuse de voir que l'on propose enfin d'autres activités aux jeunes adultes et à toute la population...moi-même je n'aime pas les boîtes de nuit mais c'est dans une boîte que j'ai rencontré mon mari...alors ne jouez pas les ayatollahs svp !

Rugiero 30/07/2016 09:57

Ce qui est posé, n'est-ce pas d'abord ce que l'on offre à nos "jeunes", je ne suis pas contre l'ouverture d'une discothèque, quoiqu'il en existe déjà, mais plutôt contre l'incitation à la consommation d'alcool ce qui se produit naturellement dans ce genre d'endroit, c'est d'ailleurs là que se postent les fonctionnaires de police... Alors comme "autres activités" offertes il y a mieux!

Gilles 29/07/2016 22:49

il ne s'agit pas de remettre en cause les boîtes de nuit mais la manière dont celle ci est imposée par des élus qui ne connaissent pas les mots concertation et participation