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Publié par Torreben

Le projet de loi travail viole le pacte des Nations unies !

« Le projet de loi travail est hors la loi », accuse la CGT dans son intervention qui a été lue hier lors de sa rencontre avec le premier ministre.

M. le premier ministre, votre texte est illégal...

« Monsieur le premier ministre, Madame la ministre du Travail, vous connaissez aussi nos propositions en faveur d'un Code du travail du XXIe siècle, à même de protéger les salariés contre les effets de la course au moins-disant social sur fond de précarisation du travail et de ceux qui l'exercent. Je vais donc concentrer mon propos sur ce que, peut-être, vous ignorez encore : avant même son éventuelle adoption, la loi dite travail que porte votre gouvernement viole de façon magistrale les conventions fondamentales de l'OIT.

En effet, en 2012, le comité de la liberté syndicale de l'OIT a jugé une affaire très similaire concernant un projet de réforme du gouvernement grec de l'époque organisant la décentralisation de la négociation collective au niveau des entreprises. (...) Les conclusions du comité ne laissent aucun doute possible quant à l'infraction que constitue ce type de réforme par rapport aux conventions de l'OIT. Je me permets de vous en citer un court extrait qui résonne comme un avertissement : « Le comité souligne que la mise en place de procédures favorisant systématiquement la négociation décentralisée de dispositions dérogatoires dans un sens moins favorable que les dispositions de niveau supérieur peut conduire à déstabiliser globalement les mécanismes de négociation collective ainsi que les organisations d'employeurs et de travailleurs et constitue en ce sens un affaiblissement de la liberté syndicale et de la négociation collective à l'encontre des principes des conventions 87 et 98 » Pour la CGT, la signification de cette jurisprudence est claire.

Elle transforme en avorton l'article 2 du projet de loi dit travail. Si le gouvernement s'entêtait à le maintenir, il est clair qu'il exposerait la France à une violation grave et immédiate des conventions fondamentales 87 et 98 de l'OIT qui, je vous le rappelle, protègent les libertés syndicales et la négociation collective dans le monde. Il serait irresponsable de demander la semaine prochaine aux députés d'adopter une loi bafouant aussi clairement le droit international du travail, et encore davantage d'utiliser une nouvelle fois le 49-3 à cette fin. Nous prendrions alors immédiatement nos responsabilités en alertant l'opinion publique sur ces violations et en portant plainte devant les instances habilitées de l'OIT. Et croyez-moi, nous trouverons une majorité des organisations syndicales de ce pays pour le faire (...) le projet de loi "travail" est hors la loi internationale. Il l'est doublement : devant (l'OIT) et devant les Nations unies. Vous n'avez pas d'autre option que de le retirer. Sans quoi, nous n'aurons pas d'autre choix que de poursuivre la mobilisation contre un projet injuste et illégal. »

Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT

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