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Publié par glazik-plomeur

Espagne. « L’unité des forces de gauche était attendue »

Par CATHY CEÏBE pour L'HUMANITÉ


Un gouvernement n’ayant pu être formé suite aux élections de décembre 2015, Les Espagnols sont de nouveau convoqués aux urnes. Dimanche, la coalition de gauche Unidos Podemos pourrait créer la surprise en devenant l’une des deux principales forces parlementaires après huit ans d’austérité.

Le bipartisme convulse. Il vit ses dernières heures. Depuis le retour de la démocratie, les conservateurs du Parti populaire (PP) et le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) ont structuré la vie politique, en s’alternant au pouvoir mais sans alternative sur le plan social et économique. Depuis, une page s’est tournée lors des élections générales du 20 décembre 2015, où les députés de Podemos et Ciudadanos (C’s, droite libérale) ont fait une entrée fracassante aux Cortes.

Dimanche, les Espagnols s’apprêtent à écrire un nouveau chapitre, à l’occasion d’un scrutin anticipé, en raison de l’impossibilité de former un gouvernement. Si, il y a six mois de cela, la gauche était partie en ordre dispersé, le scénario est désormais tout autre.

Tous les meetings d’Unidos Podemos ont fait le plein

C’est avec attention que l’on suivra les résultats de la coalition Unidos Podemos qui réunit Izquierda Unida (IU, Gauche unie), Podemos, Equo (le parti écologiste de la région de Valence), ainsi que différentes plateformes politico-citoyennes catalanes et galiciennes.

Unidos Podemos pourrait en effet devenir la seconde force électorale du pays, selon plusieurs sondages, et venir ainsi disputer le leadership à la droite qui devrait toutefois conserver son rang de formation la plus votée. « Les Espagnols attendaient une unité des forces progressistes », déclare Maïté Mola, membre du conseil politique d’IU et vice-présidente du Parti de la gauche européenne. Tous les meetings d’Unidos Podemos ont fait le plein, et singulièrement ceux que se sont partagés Pablo Iglesias, le secrétaire général de Podemos, et Alberto Garzon, député communiste et coordinateur fédéral d’IU qui est la personnalité politique la plus appréciée des Espagnols, d’après les enquêtes d’opinion. Cet attrait s’explique par la férocité de la crise économique de 2008 qui a dévasté le pays et les réformes « austéritaires » successivement prônées par le PSOE et le PP. Depuis, l’urgence sociale est partout.

Les 50 points de programme sur lesquels les composantes d’Unidos Podemos sont parvenues à s’entendre, non sans mal ni concessions, se veulent une réponse à cette tragédie nationale. « Ils s’adressent aux 23 % de la population qui vivent actuellement en dessous du seuil de pauvreté, soit l’équivalent de la Grèce et du Portugal réunis. Nous voulons créer des aides sociales en direction des personnes qui ne perçoivent aujourd’hui aucune allocation, et revaloriser les retraites, notamment pour les personnes dont les pensions n’excèdent pas les 400 euros », explique Maïté Mola. La responsable communiste insiste également sur le droit à un toit dans un pays qui compte trois millions de logements vides alors qu’un million de familles ont été expulsées de leur foyer en raison de la bulle immobilière spéculative. « L’autre volet important concerne l’emploi et les salaires. Il s’agit d’investir de manière différente pour garantir un travail digne, une protection sociale forte et de puissants services publics pour combattre le chômage qui touche près de 25 % de la population », poursuit Maïté Mola.

Face à l’ascension fulgurante d’Unidos Podemos, le PP, Ciudadanos et le PSOE, qui a été relégué au troisième rang des intentions de vote, n’ont pas hésité à brandir les vieux grimoires de l’anticommunisme dans l’espoir d’effrayerles électeurs. Du côté de Bruxelles, l’inquiétude se fait également sentir, de crainte que la percée de la gauche alternative ne vienne renforcer l’arc progressiste du sud de l’Europe. Il y a plusieurs semaines déjà, la Commission européenne a fait savoir qu’elle exigerait, dès juillet, de nouvelles coupes budgétaires de l’ordre de 800 millions d’euros. « Nous affronterons la troïka ou nous ne serons pas dans le gouvernement », avertit Maïté Mola, convaincue que le soutien populaire dont jouit Unidos Podemos réside dans le refus des injonctions européennes et de l’austérité, qui a ravagé des millions de vies d’Espagnols.

Les socialistes fébriles

« Il y a une remontée ! Il y a une remontée ! » s’est exclamé, lors d’un meeting, jeudi, le candidat socialiste à la présidence du gouvernement, Pedro Sanchez. Celui-ci veut croire queles sondages, qui prédisent un « sorpasso », un dépassement du Parti socialiste, traditionnellement première force de gauche, par Unidos Podemos, peuvent mentir.

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