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Publié par Torreben

37ème congrès du PCF: «Rassemblons la gauche de combat pour gagner en 2017»
Pour Pierre Laurent « Redonner la parole au peuple sera la clef du scrutin »

Avec « un pacte d'engagements communs » pour 2017, une « votation citoyenne » voire une « primaire citoyenne », c'est à trouver les voies d'un rassemblement de tous ceux qui veulent une politique de progrès social qu'a appelé le PCF à l'issue de son 37e congrès, qui s'est tenu tout le week-end, à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis. « Soyons conscients de nos responsabilités. La droite et l'extrême droite menacent, l'affaire est grave. La France que nous aimons peut le payer très cher. François Hollande et Manuel Valls emmènent la gauche au suicide. C'est maintenant qu'il faut relever le défi de construire une nouvelle perspective, sans attendre l'après-2017 », a résumé le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, lors de son discours de clôture.

Le PCF conteste l'idée d'une seule politique possible

Il a invité « tous les électeurs socialistes » à se rendre « à l'évidence : après tout ce qui s'est passé, François Hollande ne peut pas être votre candidat ». Au-delà des forces politiques ou des déçus de 2012, c'est sur les citoyens que mise le responsable communiste : « La clef, elle est dans les mains du peuple. Alors, c'est à lui qu'il faut donner la parole », a-t-il assuré. À l'heure où les socialistes au pouvoir martèlent qu'en dehors d'eux rien ne peut exister, à l'instar de François Hollande estimant le 17 mai qu'« il n'y a pas d'alternative au pouvoir à gauche en dehors de la ligne (qu'il) représente », c'est bien ce qu'entend contester le PCF.

À commencer par le projet de loi travail que le gouvernement cherche à imposer par tous les moyens, invitant désormais, « face aux régressions de la droite sénatoriale », à défendre « le progrès social » via un meeting de soutien à la réforme, mercredi prochain, réunissant Valls, Cambadélis, Le Foll ou encore El Khomri. « Nous ne les laisserons pas nous faire le coup du pire pour qu'on accepte ce qui le serait moins », a répliqué la sénatrice communiste Éliane Assassi, depuis la tribune du congrès.

Dès l'ouverture des travaux, au cœur d'une semaine de grève dans plusieurs secteurs, les délégués ont d'ailleurs adopté à l'unanimité une résolution exigeant le « retrait de la loi » et « un nouveau Code du travail plus favorable à (...) ceux qui produisent par leur travail de la richesse », tandis que la visite des syndicalistes en lutte contre la réforme, dont le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, a été l'un des temps forts de la journée de vendredi.

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La démarche adoptée par les communistes à 71,13 %, en vue de 2017, vise, selon ses responsables, à relever ces deux défis en même temps. « D'ici à octobre, une seule feuille de route : faire entrer en grand sur la scène politique la voix du peuple, son aspiration au changement et à l'unité », a expliqué Pierre Laurent. Concrètement, la première étape consiste à « rédiger d'ici au mois d'octobre » un « pacte d'engagements communs de toutes les forces populaires, sociales et politiques, qui veulent remettre la France sur la voie du progrès et de la démocratie ». Fort d'un projet politique, « Le temps du commun », adopté à 81,2 % des voix des congressistes, le PCF identifie d'ores et déjà cinq « leviers indispensables pour rendre le changement possible » : « la refondation démocratique de la République », « la lutte pour éradiquer le chômage et sécuriser la vie quotidienne de nos concitoyens », « la lutte contre la finance et pour une autre utilisation des richesses », « un nouveau modèle de développement », et « la refondation démocratique et sociale de l'Europe ». Une « votation citoyenne » serait ensuite organisée pour faire de ce « pacte » le « mandat populaire pour 2017 ». S'engagerait alors la recherche d'une candidature commune avec tous ceux ayant répondu à l'appel, et in fine, « si plusieurs candidats issus de ces forces sont disponibles », une « primaire citoyenne ou toute autre forme de processus citoyen de désignation pourrait les départager ». Les communistes, eux, se retrouveraient lors d'une conférence nationale le 5 novembre pour décider du candidat qu'ils présenteront ou soutiendront. Lors des débats, certains délégués se sont toutefois exprimés en faveur d'une proposition de candidature communiste à verser au pot commun dès maintenant, quand d'autres, depuis plusieurs semaines, soutiennent Jean-Luc Mélenchon.

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Reste à convaincre aussi les éventuels partenaires politiques dont certains se sont exprimés lors de leur visite au congrès du PCF. Cécile Duflot, dont la formation Europe Écologie-les Verts (EELV) est elle-même en congrès le week-end prochain, a estimé que l'urgence est à « un travail de reconstruction qui peut durer dix ans et qui ne se résoudra pas par une question de personne, même si nous pouvons réfléchir ensemble en vue des prochaines échéances ». Certains frondeurs du PS ont également fait un passage à l'instar de Benoît Hamon, qui du juge qu'« il faut se parler, vérifier ce qui fait accord ». Côté Front de gauche, malgré les tensions des derniers mois, les principales formations ont répondu à l'invitation. « C'est normal qu'il y ait une discussion », a temporisé Jean-Luc Mélenchon à cette occasion, tout en affirmant que « beaucoup (de communistes NDLR) sont engagés dans (sa) campagne. Ils n'ont pas attendu la décision qui, à mon avis, finira par se produire, du parti lui-même ». Pour sa part, Clémentine Autain, porte-parole d'Ensemble, a estimé que l'enjeu est de « rassembler les forces qui contestent la politique du gouvernement, pour ouvrir une nouvelle voie. Si on y arrive par consensus, c'est formidable. Sinon, il faut trouver une méthode de désignation ».

Dans la salle, d'ailleurs, le débat porte aussi sur les suites du Front de gauche. Dans leur résolution, les communistes affirment, en s'appuyant sur cette expérience, vouloir en écrire une nouvelle page. « Je ne comprends pas qu'il ne soit fait mention de "Humain d'abord "(le programme de 2012 - NDLR) qu'au passé, il a réuni 4 millions de voix, on ne peut faire comme si ça n'existait plus », a objecté Frédérick Genevée, l'un des initiateurs d'un texte alternatif en amont du congrès. Samedi, les délégués ont estimé nécessaire d'adopter un amendement en vue de « réactiver les assemblées citoyennes (initiées par le Front de gauche NDLR) aujourd'hui en sommeil ».

« La gauche, il n'y en a qu'une »

Depuis le premier appel lancé dans Libération en janvier, la primaire et la « porte ouverte » par Pierre Laurent avaient cristallisé les débats, malgré des « clarifications » en cours de route. « Il n'est pas question de mettre le doigt dans une primaire qui pourrait à l'arrivée aboutir à soutenir François Hollande ou une candidature qui porterait la même politique », a réaffirmé Pierre Laurent. Reste que le terme a continué de faire débat durant le congrès, contesté par certains comme Marie-Christine Burricand, du Rhône, l'une des signataires d'un autre texte alternatif. « Avec la primaire, on avance à reculons et nous nous installons dans un processus collectif qui risque de nous mettre le dos au mur en novembre », a-t-elle dit au micro.

Un vote spécifique en faveur ou non d'une « primaire citoyenne » a d'ailleurs été demandé et, au final, celle-ci été adoptée à 62,2 % des suffrages exprimés. Si un point fait consensus entre tous les délégués, en revanche, c'est sans doute l'idée que 2017 comptera bien deux élections et que les législatives ne doivent pas être reléguées au second rang. Une partie de leur texte stratégique y est d'ailleurs dédiée. « Nous avons besoin d'élus progressistes qui ne délaissent pas leurs convictions au moindre vent contraire du libéralisme triomphant », a insisté André Chassaigne, le chef de file des députés Front de gauche, au cours du week-end.

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