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Publié par glazik-plomeur

La presse locale et un patronat de « choc »

L'exemple BIGARD: Réaction des Communistes

Sous la plume de Frédérique Le Gall, Le Télégramme (*) consacre une pleine page avec photo sur une demi-page à ce "bienfaiteur de l'humanité" et "parrain" de la Bretagne de l'élevage qu'est Jean-Paul Bigard, 67 ans, partageant sa vie entre Paris et Quimperlé, président du syndicat national des industriels de la Viande, dont le groupe (marque Charal et Socopa) pèse 14 000 emplois, 23 abattoirs représentant 50% des achats de bovins en France, 20% des achats de porcs, 55 sites industriels et commerciaux, 4,3 milliards de chiffres d'affaires, et décide du prix de la viande bovine et porcine.


L'affichage est positif à travers le titre "BIGARD. LE PATRON QUI NE LÂCHE RIEN", ou un sous-titre "homme d'affaire éclairé", brosse à reluire passée par un confrère tout aussi puissant et redouté en Bretagne dans le milieu de l'élevage porcin, Guillaume Roué: "c'est un professionnel et un homme d'affaires performant, très éclairé, qui réussit dans un métier difficile".
Jusqu'ici, rien que de très normal dans un journal détenu par un homme d'affaire qui est à tu et à toi avec le patronat breton.
Toutefois, le contenu de l'article est bien plus contrasté et polyphonique que ne le laisse apparaître ses accroc
hes.


D'abord, on fait parler des éleveurs pour nous rappeler que BIGARD casse les prix du porc et de la viande bovine pour acheter au moins cher, profitant de l'importance de l'offre pour faire pression sur les éleveurs.


C'est Bigard qui a snobé les négociations avec le gouvernement pour relever le prix du porc après avoir claqué la porte du marché au cadran de Plérin. Depuis, Bigard achète tout ses animaux à abattre en direct auprès du producteur pour éviter le pouvoir régulateur et corporatif de la profession et pouvoir écraser les prix au mieux.


Pas la peine de rappeler les marges et les revenus que retirent les producteurs porcins actuellement. En revanche, selon le magazine Challenges, la fortune personnelle de Bigard a été multipliée par 3 entre 2007 et 2015, passant de 120 millions d'euros à 350 millions d'euros: 170e fortune française. Capital a d'autres sources d'information et évalue sa fortune professionnelle en 2015 à 620 millions d'euros (+5,1% en un an, 85ème fortune française) quand elle était en 2014 de 470 millions d'euros, +9,3% en un an, 90ème fortune française, et en 2013 : 430 millions d'euros.


Pour le coup, le Télégramme est peu dissert sur les bénéfices que le capitaliste retire de l'exploitation des éleveurs et des salariés, préférant en faire un rebelle capable de résister à la pression de l’État pour encadrer les prix. Ainsi, on fait parler un producteur: "L'état d'esprit chez Bigard, c'est de snober l’État et tout ce qui représente l'establishment parce qu'il n'attend rien de personne et qu'il ne court pas après les subventions".
Bref, une tête dure ne devant sa réussite qu'à son travail obstiné et n'attendant rien de l'Etat ni des autres, comme les aiment les Breton
s.


La réalité est un peu moins glorieuse comme le rappelle la chute du bon article de Frédérique Le Gall sous le sous-titre "Un monarque qui impose ses décisions" emprunté à une interview de notre camarade du PCF et de la CGT Michel Le Goff, élu à Bannalec et candidat aux dernières élections Régionales et Sénatoriales pour le Front de Gauche.
Michel Le Goff qui s'est battu pendant plusieurs mois avec les salariés et son syndicat la CGT pour la réintégration d'un salarié licencié, Michel Le Gouge, en 2014:
"Combattre l'injustice du patronat": intervention de Michel Le Goff le 1er mai à Quimperlé pour la réintégration de Michel Le Gouge à Bi
gard


Le social à la sauce Bigard: mobilisation contre un licenciement abusif!


Le social, les luttes, la situation des services publics et des entreprises: compte rendu du deuxième débat de l'après-midi des Rencontres du Front de Gauche 29
"Michel Le Goff, nous dit l'article du Télégramme, qui a été de toutes les luttes syndicales au sein de l'entreprise (notamment la rébellion contre les pauses pipi imposées à heures fixes), ne participe plus aux réunions annuelles du comité de surveillance, la CGT, son syndicat, en ayant été exclue. Il le déplore. "C'est le seul endroit où on peut rencontrer Jean-Paul Bigard. Maintenant je le croise dans les couloirs. C'est moi qui lui tends la main. C'est un monarque sur son trône. Il dicte son tempo. Il impose ses décisions et trouve du monde pour le suivre. Quand on a 14 000 salariés, on a du poids
".


Et c'est à ce type de patron tout puissant que le gouvernement PS à travers la loi El Khomri veut donner tout pouvoir de définir les conditions de travail (salaires, temps de travail, aménagements horaires) des travailleurs au nom de la liberté du renard dans le poulailler. C'est vrai que la viande des travailleurs est fort prisée elle aussi quand on veut produire du liquide à placer dans les paradis fiscaux.


Ismaël Dupont (**)

(*)http://www.letelegramme.fr/economie/bigard-le-patron-qui-ne-lache-rien-21-05-2016-11075693.php

(**) Ismaël DUPONT est secrétaire départemental du PCF

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