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Publié par Torreben

Il y a 80 ans : le Front Populaire...

Tout a commencé le 6 février 1934 quand les ligues d'extrême droite tentent de renverser la République sous prétexte d'un scandale financier où sont compromis des hommes politiques radicaux (l'affaire Stavisky). Les raisons profondes de cette situation explosive sont liées à la situation économique que connaît la France de 1930 à 1935 et qui est une répercussion de la crise mondiale. Les ouvriers subissent les conséquences d'une conjoncture peu favorable (bas salaires et chômage). Le 9 février 1934, les Communistes ripostent énergiquement à la menace fasciste. Leur action est durement réprimée par la police hostile à la gauche républicaine. Le 12 février 1934, les grandes centrales syndicales (C.G.T. - C.G.T.U.) s'associent pour déclarer la grève générale et c'est aussi la première ébauche du rassemblement des partis de gauche. La puissante manifestation antifasciste du cours de Vincennes sera la réplique populaire au 6 février. Le 12 juillet 1934 est signé un pacte d'unité d'action socialo-communiste et le 14 juillet 1935, le grand défilé de la Bastille au cours de Vincennes, consacre la création du Front Populaire par les Communistes, les Socialistes et les Radicaux.

Le 25 mars 1936, C.G.T. et C.G.T.U. réalisent l'unité syndicale tant souhaitée par les travailleurs. Le 3 mai 1936, le Front Populaire remporte un succès important aux élections législatives. Le 4 mai, le gouvernement Léon Blum est constitué avec le soutien des Communistes. A la suite d'un mouvement gréviste sans précédent, accompagné d'occupation d'usines, des négociations s'engagent entre la délégation syndicale ouvrière et la délégation patronale. « Le mouvement gréviste de juin 1936 est le plus gigantesque qu'ait jamais connu le mouvement ouvrier français » déclarent Monmousseau et Frachon. Dans la nuit du 7 au 8 juin 1936, les accords de Matignon sont signés. C'est une victoire dont les revendications légitimes sont satisfaites : augmentation générale des salaires, semaine de quarante heures, création des Conventions collectives, congés payés, reconnaissance de l'exercice du droit syndical, élection des délégués d'entreprise. Pain, Paix et Liberté sont les mots d'ordre de la grande fête du Front populaire le 14 juillet 1936. Elle rassemble un million de participants.

L'écrivain André Malraux qui, à cette époque, n'est pas encore un homme politique, vit intensément cette période inoubliable de l'histoire sociale. Il note, brièvement et sans emphase, ses impressions journalières : Juin 36 a fait de l'ouvrier un homme libre, fier de sa condition ouvrière. Il n'y a qu'un précédent à cette libération totale, c'est la Commune de Paris en 1871 (il ne s'agit pas de la reproduction littérale de la note de Malraux mais de son esprit). Ce rapprochement audacieux entre la Commune et le Front populaire symbolise la dignité retrouvée de travailleur qui peut enfin discuter sur un pied d'égalité avec son exploiteur.

Hélas ! L'euphorie de la victoire sera brève. Le 18 juillet 1936, le soulèvement militaire du général Franco contre la République espagnole, avec l'appui de l'Italie fasciste et de l'Allemagne hitlérienne, vient assombrir l'horizon politique. Sinistre prélude à la Seconde Guerre mondiale. Le Front populaire va s'effriter dans son combat inégal contre le mur de l'argent et les 200 familles vont rétablir leur pouvoir, un moment ébranlé.

Texte écrit par Marcel Cerf, historien de la Commune de Paris (décédé en 2010)

Les « accords Matignon » signés par le patronat et la CGT.

Généralisation des conventions collectives, reconnaissance de la liberté syndicale, augmentation des salaires (de 7 à 15 %), création de délégués ouvriers élus par le personnel.

Réduction du temps de travail hebdomadaire de 48 heures à 40 heures.

Deux semaines de congés payés.

Billets de train avec 40 % de réduction pour les ouvriers et les employés.

Nationalisations des usines d'armement, de la construction aérienne (partiellement).

Création de la SNCF.

La scolarité obligatoire est portée de 13 à 14 ans.

Culture. Réseau de bibliothèques publiques, tarif réduit dans les musées, fondation du Musée de l'homme à Paris, essor des mouvements d'éducation populaire...

Recherche. Création du Centre national de la recherche scientifique.

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