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Publié par glazik-plomeur

1er juin • Rencontre internationale Un autre monde est (toujours !) possible


Dans un éditorial de la Lettre des Relations internationales (LRI) publiée par le secteur International du PCF et parue en janvier de cette année, je rendais compte des propos tenus par le ministre français de la Défense dans l’amphithéâtre Richelieu de la Sorbonne – où s’affichent ces mots de Théophile Gautier dans ses Commentaire sur les Fleurs du mal de Baudelaire : Pacem Summa Tenent (« Sur les cimes, règne la paix »)...

« Le 18 janvier 2016, J.-Y. Le Drian prononçait la leçon inaugurale, La stratégie de défense française à un tournant, du nouveau cycle de conférence de la Chaire des grands enjeux stratégiques contemporains de l’Université de Paris I.

Au 25e anniversaire, à deux jours près, du déclenchement de la guerre contre l’Irak (« opération Tempête du désert ») en 1991 mais aussi à l’approche de celui, la même année, de la disparition de l’URSS (26 décembre), le ministre français de la Défense nationale confiait à son auditoire :

« Une première période qui s’était ouverte avec la fin de la guerre froide vient de se refermer ».

Le tournant stratégique actuel de la France serait constitué de trois autres :

celui de « l’irruption d’un terrorisme militarisé »,

celui de « la sécurité en Europe »,

et « la fin de la domination techno-militaire sans partage de l’Occident ».


Quatre tournants en un, n’est-ce pas prendre le risque de faire un peu de surplace ?

Si l’orateur mentionne, en passant, « le terreau socio-économique » favorable au développement de ce qu’il nomme « l’idéologie djihadiste », il ignore tout au long de son propos le levier de prévention des conflits que constitue la lutte contre les inégalités et pour les droits humains, sociaux et écologiques ;

Un impensé saisissant au moment même de la publication du rapport annuel de l’ONG internationale, Oxfam, mettant à nouveau en exergue la nécessité d’une mobilisation mondiale contre les inégalités et contre la confiscation des pouvoirs. » 2016 est aussi le Centenaire de la bataille de Verdun – qui dura plus de 9 mois et fit près d’un million de morts.

Le ministre y fera allusion à la toute fin de son discours : « Souvenons-nous aussi de Verdun (...) Quel meilleur exemple de patience dans l’épreuve, de détermination individuelle et collective, d’unité de la nation ? 362 000 Français, 337 000 Allemands, ont laissé la vie dans ce qui reste à ce jour la plus meurtrière des batailles de notre histoire.

Cent ans après, alors que l’Union européenne interroge sa politique de défense et de sécurité communes, la France et l’Allemagne, désormais unies par une solidarité indéfectible, viennent de réunir leurs industries de défense terrestres (…) Leurs armées (...) se retrouvent au Sahel et au Levant, sous une même bannière, celle de la paix, de la stabilité, de la sécurité. Verdun est donc aussi un puissant symbole de réconciliation.

Honorer la mémoire de nos morts partagés, en cette année de centenaire, c’est transmettre un espoir intact aux générations qui viennent » (texte intégral disponible sur diplomatie.gouv.fr ). Est-ce vraiment la leçon à tirer de la « boucherie » de 1914-1918 ? Est-ce vraiment un message « d’espoir » que d’entretenir la sempiternelle illusion que « toutes les guerres se gagnent et ramènent la paix » en oubliant qu’après la 1re Guerre mondiale, il y eut la deuxième, les guerres coloniales... en oubliant – plus près de nous – les décennies de guerre que connaissent les peuples afghan ou irakien, pour ne mentionner qu’eux, depuis les interventions russes ou occidentales ?

« Face aux impasses des politiques d’austérité, germe l’idée que le néolibéralisme n’est pas la seule incarnation possible de la mondialisation » écrit en février 2015 Bertrand Badie dans son livre, Un monde de souffrances (Éditions Salvator) et le 1er juin prochain, des militants et personnalités du monde entier se sont donné rendez-vous – et vous donnent rendez-vous – à Paris lors d’une Rencontre internationale, « Pour une Conférence mondiale pour la paix et le progrès », pour parler de leurs luttes et de leur vision commune pour notre humanité, celle qu’un autre monde est (toujours !) possible.

Lydia Samarbakhsh membre de la Coordination nationale du PCF chargée des Relations internationales Inscriptions : international@pcf.fr

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