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Publié par Torreben

La gauche qui vient, d'où?
Si le mot « gauche » était déposé, certains utilisateurs seraient punis pour en abuser ! Comme ce n'est pas le cas, il y en a même qui la voient venir (d'où?). C'est le cas d'un ministre, Le Guen et d'une Fondation, Jean Jaurès, vous savez celle qui est présidée par Nallet, un ancien conseiller de Servier, celui du Mediator. Pas seulement de l'abus, mais aussi de l’usurpation !

C'est le 22 avril, par un tweet que la Fondation Jean Jaurès annonce la publication du livre du secrétaire d’État Jean-Marie Le Guen, La Gauche qui vient. Il s'agit d'une analyse des «Fractures de la politique, crispations de la société [et] dans ce contexte d’une exceptionnelle gravité, Jean-Marie Le Guen propose à la gauche, pour faire face au bloc réactionnaire et à l’approche de 2017, de se rassembler, de renouveler son offre politique et de prendre la tête du camp républicain».

Comme ça, on est servi par un membre du gouvernement connu pour avoir «sous-évalué son patrimoine d'environ 700.000 euros (d'abord Jérôme Cahuzac ensuite Yamina Benguigui). Dans un premier temps il semblerait qu'il avait fait une estimation de 30 % à 40 % inférieure au prix du marché, parce que d'après Le Monde, «les appartements étaient mal exposés» (vraisemblablement c'était la face nord !). Toujours selon Le Monde, (du 27 juin 2014) le ministre se serait ravisé et adresse un «annule et remplace» à l'administration fiscale. Essayez, simples citoyens-de-base, d'envoyer au Trésor Public un rectificatif-sans-complexes, au cas où l'Administration découvre une «erreur» et on peut imaginer l'accueil. Dans la République sans reproche il reste ministre (sous) et deux ans plus tard vient nous parler des fractures de la politique et des crispations de la société. Pour l'heure et en suivant le titre de son ouvrage, il propose que la gauche à venir renouvelle, comme une marque, «son offre politique». Celle des arrangements, des accommodements entre des citoyens un peu plus égaux que la majorité, du fait de leur fortune, de leurs titres, de leurs comparses ?

Et c'est significatif que l'éditeur de son livre soit la Fondation Jean Jaurès dont le Président, Henri Nallet (ancien ministre), fut conseiller de Servier, l'inventeur du médicament-tueur Mediator. D'ailleurs, récemment le Directeur-Général de la même fondation (décidément il n'y a plus d'héritiers de Jean Jaurès...) Gilles Finchelstein, avait publié un livre Piège d'identité, adressé à «Vous qui redoutez de voir notre vie publique tout entière restructurée autour du populisme. Vous qui constatez que le débat sur l’égalité a laissé la place au débat sur l’identité». On peut se demander quelle éthique anime ces «pourfendeurs et abuseurs» des valeurs humanistes qui fondent la République ou en tout cas, ceux qui y croient.

Ce sont les arrangements de caste qui minent la confiance des citoyens dans la politique. La corruption ce n'est pas seulement se remplir les poches, c'est bien l'abus des citoyens qui est la « corruption de la démocratie » et qui me paraît souvent bien plus grave !

Et pour le bouquet final, la même fondation (j'ai du mal à inscrire le nom de Jean Jaurès) organise un colloque sur «la gauche au pouvoir» au Théâtre du Rond-Point à Paris, le 3 mai 2016 qui sera clôturé par le président de la République, François Hollande. A coup sûr MM. Nallet et Le Guen y seront au nom de l'intégrité et de l’engagement bien placé.

Il y a quelques années, José Saramago, écrivain Portugais, avait donné une interview au journal La Republica, où il disait «que la droite n'a jamais cessé d'être à droite, mais la gauche n'est plus à gauche. L'explication peut paraître simpliste, mais il est le seul qui couvre tous les aspects de la question. Pour qu'ils soient plus ou moins tolérés dans les jeux de pouvoir, les partis de gauche ont couru vers le centre, où infailliblement ils ont trouvé une droite politique et économique déjà installée qui n'a pas besoin de se camoufler en centriste. Il est devenu ainsi une farce carnavalesque de dénominations caricaturales avec le centre-gauche ou le centre-droit. C'est le Portugal, l'Italie, l' Europe». C'était en Italie, en 2007 donc rien à voir avec la gauche qui vient du ministre !

Arthur Porto (Blog : https://blogs.mediapart.fr/arthur-porto/blog)

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