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Publié par glazik-plomeur

La force d’un rejet


L'édito de Patrick Apel Muller : La pluie n’a rien arrêté, au moins un million de ­manifestants ont fait des rassemblements contre la loi El Khomri un moment exceptionnel dans l’histoire des mobilisations syndicales.

Le chiffre ne résume pas tout, mais il signifie que le refus de ce projet de casse des droits du travail irrigue la société et qu’il est regardé avec sympathie par la majorité de ceux qui n’osent pas faire grève par peur de la répression patronale. L’opération badigeon de Manuel Valls n’a pas fait plus illusion que les leurres largués par des escouades d’experts patronaux célébrant en chœur la « modernité » de l’entreprise. Ils ont en eux quelque chose du docteur Don Léopold Auguste, qui avouait dans le Soulier de satin de Claudel : « Je suis pour la nouveauté, mais un nouveau qui soit absolument conforme au passé. » Le gouvernement avait tout misé sur le ralliement de la CFDT, pariant qu’il minerait la détermination des salariés et des jeunes, et étiolerait les rassemblements. « Rien ne va plus », dit-on au casino…

Le passé, Manuel Valls doit y penser quand, raide dans ses bottes, il refuse toujours de retirer le texte. Les précédents font craindre pour les semelles… L’équation est désormais clairement posée au pouvoir : soit il persiste pour contenter le Medef, croyant à la fable d’un électorat de droite le rejoignant pour célébrer son autoritarisme et l’addition se paiera encore lourdement dans les urnes ; soit il lâche le lest, qui remettrait totalement l’ouvrage sur le métier.

La force d’un rejet

C’est ce qu’ont exigé hier les sénateurs communistes en brandissant des pancartes rouges. Ils ne seront pas les seuls demain à relayer les revendications populaires lors de la discussion de ce projet de régression sociale. L’épreuve parlementaire pourrait tourner au chemin de croix ou à l’écartèlement entre le désir de chercher des appuis à droite et le risque de s’aliéner plus largement des députés socialistes, qu’un puissant mouvement social va bousculer.

Des propositions de progrès sont mises sur la table… Paradoxe pour le tandem gouvernant qui espérait achever la gauche et ses idées, voilà qu’il les ressuscite ! « La vie est une histoire à suivre », écrivait Aragon.

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