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Publié par Torreben

«Précaires d'un jour, précaires toujours» : les jeunes refusent la loi travail

Germinal 2016

Editorial de Michel Guilloux (Journal L’Humanité du 2 mars 2016)

« Précaires un jour, précaires toujours ? » Tel est le début du titre de l'appel commun que les principales organisations politiques et syndicales de jeunes ont rendu public hier. À le lire attentivement, comme vont sans doute le faire des milliers de paires d'yeux dans les heures et jours qui viennent, étudiants, lycéens ou jeunes chômeurs, s'y détaillent avec précision tous les dangers d'une loi transformant le sort subi et déjà injuste d'une période de l'existence en condamnation à perpétuité à une vie en miettes.

La loi dite El Khomri met à l'ordre du jour une « flexiprécarité généralisée » comme le lançait, hier, dans l'Hémicycle à Manuel Valls le député communiste Gaby Charroux. Autrement dit le cache-sexe d'un avenir à la Germinal projeté en plein XXIe siècle. Et il faut être un pâle porte-flingue en mission pour oser asséner que la loi travail serait une merveille d'audace sociale, parce qu'elle contient le « compte personnel d'activité ».

Un CPA qui serait rien moins qu'une vraie « sécurité sociale professionnelle », selon les mots de Jean-Marie Le Guen hier. Si l'on se rend sur le site de l'Humanité.fr, on peut lire la version du proche conseiller de la ministre du Travail, qui vient de démissionner avec fracas : le CPA « n'est qu'une coquille vide, qui n'est que l'agrégation de droits sociaux déjà acquis ».

Le premier ministre, dont le même indique qu'il est le véritable auteur de la loi, est obligé de passer du coup de menton réflexe prévoyant le 49.3 au rétropédalage de la « concertation », puis du report de deux semaines de l'examen en Conseil des ministres, puis à l'espoir de séparer le bon grain syndical « réformiste » de l'ivraie des « autres »... puis... ?

« Soit on avance ensemble, soit on coule ensemble », a lancé hier Annick Lepetit, porte-parole du groupe socialiste à l'Assemblée. Quel enthousiasme. Le ministre de l'Économie, quant à lui, fait la leçon à ses amis, vantant « sa » méthode de service après-vente parlementaire de la loi Macron, oubliant un élément de contexte : l'absence, précisément, de mobilisation populaire alors. Un « petit » détail, dans un pays comme la France... (À suivre.)

 

«Précaires d'un jour, précaires toujours» : les jeunes refusent la loi travail
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