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Publié par glazik-plomeur

Coup de maître...


L'éditorial de Patrick Apel-Muller. L’immense travail d’explication et de conviction qu’ont entamé les manifestants et la pétition 2.0 sape le bréviaire libéral... et pourrait bien venir à beaucoup l’envie de retrouver Rimbaud et son « changer la vie ».

L’Élysée fait grise mine depuis ce mercredi soir, pestant contre ces jeunes qui « pour leurs coups d’essai veulent des coups de maître », et ont fait d’un premier rendez-vous de mobilisation contre la loi de régression sociale un succès remarquable. L’opération de lessivage des mots qui consistait à présenter la précarisation générale et la facilitation des licenciements comme les moyens de lutter contre les CDD à répétition et contre le chômage n’est pas parvenue à effacer la sale tâche que s’est fixée le gouvernement. Salariés, chômeurs, lycéens, et étudiants, retraités aussi, se sont mêlés dans de très nombreux cortèges, souvent impressionnants, en veillant à se respecter. Précieux atout pour les autres temps forts qui s’annoncent les 17 et 31 mars.

Le simulacre de concertation, tardivement ouverte par Manuel Valls avec l’objectif de n’accorder que deux ou trois ratures dans les marges, ne fait pas plus illusion. D’ailleurs le lapsus de Myriam El Khomri mardi à l’Assemblée a trahi l’enfumage : « C’est le sens d’une gouvernance ouverte de savoir prendre 15 minutes… 15 jours pardon… pour revoir avec l’ensemble des partenaires sociaux l’ensemble de ces démarches. » Chacun des jours qui passent ancre l’exigence d’un retrait de la loi et pas seulement de son ripolinage. Le spectre d’un mouvement puissant, inversant les rapports de forces, hante le Medef et la droite, qui craignent que se défasse la contre-réforme libérale dont ils rêvaient, la « Gattaz’trophe » que raillaient hier les étudiants. Dans le petit cénacle gouvernant, d’autres slogans – qui font se succéder les noms de « Manu » et de « Hollande » mais s’accompagnent tous de « t’es foutu » – résonnent douloureusement. L’immense travail d’explication et de conviction qu’ont entamé les manifestants et la pétition 2.0 sape le bréviaire libéral qui fait leur socle. Et, qui sait, il pourrait bien venir à beaucoup l’envie de retrouver Rimbaud et son « changer la vie ».

La caméra de l'Humanité.fr s'est rendu ce 9 mars Place de la République à Paris, à la rencontre des manifestants pour le retrait du projet de loi de destruction du code du travail. Reportage.

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