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Publié par glazik-plomeur

Chômage : parlons en …

Dans la presse locale ces jours-ci on apprenait que lors d'un forum pour l'emploi, étaient proposé 180 offres d'emploi... Mais l'agence de pôle emploi de Pont L'Abbé indique que près de 4500 demandeurs d'emplois y sont inscrit, ce qui dans le meilleur des cas 4300 d'entre eux resterons sur le carreau ! C'est cela la réalité !

A travers une série d'articles examinons ensemble les raisons profondes du chômage de masse qui existe dans notre pays, sachant ce qu'il entraîne... Pauvreté, précarité détérioration de la santé Etc...

R.D.

Le constat

Les chiffres pour l’année 2015 confirment une nouvelle hausse du chômage Les mesures annoncées par le gouvernement en janvier 2016, tout comme la loi El Khomri, ne sont pas de nature à résoudre les causes conjoncturelles et structurelles pour faire reculer le chômage et la précarité.

Depuis l’élection de François Hollande, la courbe du chômage ne s’est pas inversée, malgré les cadeaux successifs au MEDEF.

Bilan 2015 : pour s’en tenir à la catégorie A, pour la France métropolitaine, en un an, ce sont 90 000 chô- meurs de plus, soit +2,6%., en trois ans et demi la progression est de 745 000 chômeurs. Si l’on étend le bilan en intégrant les catégories B et C, (ceux qui ont connu une faible activité le mois pré- cédent), il est plus négatif encore. La hausse atteint nationalement +5% sur un an. Soit 5,476 millions de personnes en métropole, dont 3,591 millions pour la seule catégorie A. Phénomène plus préoccupant encore, sur ces 5,476 millions de personne, 2,47 millions sont au chômage depuis plus de un an.

Ce chômage de longue durée ne cesse de progresser. Il est d’ailleurs symptomatique de la situation française avec un chômage de masse durable : le taux de chômage dépasse cette année 10% de la population active, et depuis 1983 il n’est jamais descendu en dessous de 7% de la population active, avec 7 années à plus de 9% et 4 années à plus de 10% dont 2015.

Les jeunes et le chômage

Le chômage des jeunes de 15 à 24 ans sortis du système scolaire et universitaire s’élevait au 3e trimestre 2015 à 24,6 % (chiffre provisoire, au sens du BIT). Les diplômes sont une protection contre le chômage, ainsi le taux de chômage cinq ans après l’entrée dans la vie active est de 11,2 % pour les bac+3 à un bac+5 , 12,2 % pour bac+2 , 21,9 % pour bac.

Par contre, au niveau CAP, BEP CAP, ce taux est de 27,9% et il culmine à 53% de chômage pour les personnes dépourvues de diplômes.

La situation des femmes

Bien plus important que celui des hommes il y a encore quelques années, le taux de chômage des femmes et des hommes tend aujourd’hui à être du même niveau. Pour autant cela masque des inégalités persistantes face à l’emploi.

Ainsi sur le taux d’emploi des femmes, l’écart entre femmes et hommes persiste : le taux d’emploi des femmes de 15 à 64 ans est de 60,2 % contre 68,1 % pour les hommes.

Par ailleurs, la progression du taux d’emploi féminin s’est faite essentiellement par la croissance des emplois à temps partiel. Ainsi l’écart des taux d’emploi devient plus important si on prend en considération le taux d’emploi en équivalent temps complet : de 66,2% hommes ce taux est de moins de 55% pour les femmes

Qu’est-ce qui est en cause ?

L’anxiété qui monte sur la planète financière révèle, comme l’avait annoncé le PCF, que la crise n’est pas finie et que c’est la logique fondamentale du capitalisme – l’obsession de la rentabilité du capital – qui est profondément en cause.

La financiarisation de l’économie,

Depuis le début des années quatre-vingt a changé la façon de produire des richesses Sous la pression des actionnaires et des marchés qui peuvent priver instantanément de financement une grande entreprise ou un État, les grands groupes et les banques ont imposé des restructurations destructrices d’emplois, l’extension de la précarité, les délocalisations, la mise en coupe réglés des sous-traitants, le démantèlement des services publics. Cela a permis de faire monter la part des profits dans les richesses créées, au détriment des salaires, mais en réduisant les débouchés (la demande) et en affaiblissant la capacité des économies développées à créer efficacement des richesses (l’offre).

Pour toujours plus de profits, les technologies informationnelles, très économes en travail, servent surtout à supprimer des emplois, d’où un énorme chômage pesant sur les taux de salaire et la demande, accentuant concurrence et délocalisations.

L’argent généré part en intérêts et des dividendes, en spéculation et placements financiers.

L’orientation des crédits bancaires vers les opérations financières alimente la spéculation et conduit à des krachs planétaires de plus en plus violents. Les capitalistes répondent par la baisse du « coût du travail » en allégeant les « charges sociales » patronales, aux dépens du financement mutualisé de la protection sociale.

Cela accentue l’insuffisance des revenus du travail et de remplacement, l’insuffisance des qualifications, la précarité et la pauvreté.

Il faut changer de logique Avec les nouvelles technologies, très économes en moyens (travail direct et travail indirect contenu dans les équipements), si on ne développe pas la demande, on fait du chômage. Il faut donc dépenser de façon telle que croissent ensemble demande et efficacité productive.

Les dépenses de services publics (éducation, santé, recherche, environnement...) présentent cette double qualité. C’est dire s’il faut les augmenter avec de nombreux emplois publics formés et bien payés, au lieu du « pacte de stabilité ».

Mais pour financer, il faut accroître la production de richesses réelles nouvelles.

Cela exige de sécuriser l’emploi et la formation, dans l’industrie comme dans les services qui lui sont, aujourd’hui, tous liés.

Pour réaliser tout cela, on ne peut pas compter sur le patronat et sur les marchés financiers. Il faut de nouvelles institutions, à l’appui des rapports de forces créés par les mobilisations sociales et politiques. L’exemple de la Grèce montre que pour atteindre de nouveaux objectifs sociaux, il ne suffit pas d’élire un gouvernement décidé à combattre l’austérité. Il faut la conquête par les travailleurs, les citoyens, de nouveaux pouvoirs sur toutes les décisions – dans les entreprises et les banques – qui portent sur l’utilisation de l’argent.

Cela exige de nouveaux rapports entre banques et entreprises, avec un nouveau crédit pour les investissements : à l’opposé du consensus actuel pour baisser les « charges sociales » patronales (166 milliards d’euros en 2014), on baisserait les charges financières du crédit et les dividendes (258 milliards d’euros).

À suivre demain.... Leurs prétendues solutions conduisent vers le pire

L'emploi et le travail au cœur de la bataille idéologique en France et en Europe

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