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Publié par glazik-plomeur

Chômage : Parlons en... (2)

Leurs prétendues solutions conduisent vers le pire

Pour faire face à la crise, le capital a joué la finance contre les capacités humaines

Face aux difficultés récurrentes de rentabilisation des capitaux sur-accumulés débutées à la fin des années 60, les capitalistes ont cherché des solutions. Les grandes entreprises se sont multi-nationalisées et ont transformé leur base technologique de production.

Utilisant les énormes potentiels de gains de productivité de la révolution informationnelle pour accroître leurs profits, elles ont, en outre, poussé le développement des marchés financiers sous la tutelle desquels les États ont placé le crédit des banques et la monnaie.

Cela s’est traduit par l’explosion du chômage, une mise en concurrence ravageuse de tous les salariés et une gigantesque enflure financière, tandis les débouchés des productions devenaient de plus en plus insuffisants.

Guerre économique et prélèvements financiers du capital sur les entreprises (intérêts et dividendes) n’ont cessé de prendre de l’ampleur, incitant les actionnaires à exiger que soient sans cesse réduites les dépenses nouvelles de développement créatrices d’emplois, de salaires et de qualifications. Chômage, précarisation de l’emploi et pressions sur les salaires ont redoublé, renforçant les cercles vicieux de la crise.

La crise financière de 2007-2008 a renforcé ces antagonismes et les politiques menées par les pouvoirs publics aussi

Plutôt que de chercher à réduire la prédation financière sur les gestions d’entreprise en luttant contre le coût du capital (intérêts et dividendes), les politiques publiques ont cherché à baisser encore plus les coûts salariaux et sociaux des entreprises (le coût du travail), et à faire financer par l’argent public le manque à gagner croissant qui en résulte pour la Sécurité sociale.

376,3 milliards d’euros cumulés d’exonérations de cotisations sociales patronales ont été financés par le budget public depuis 1991. Au moins 176 milliards d’euros d’exonérations sociales et fiscales annuelles sont prises en charge par l’État à la place des entreprises. Il faut encore leur ajouter le CICE – 41 milliards d’exonérations fiscales et sociales en plein régime à l’horizon 2017, financés par une baisse de 50 milliards d’euros de la dépense publique et sociale…

Sous couvert de révolution technologique et numérique, les politiques publiques veulent désormais aller plus loin. Dans l’entreprise, avec la réforme du code du travail qui consacre l’inversion de la hiérarchie des normes, elles veulent renforcer le pouvoir patronal sur les relations d’emploi et de travail.

Et hors de l’entreprise, avec la réforme de l’indemnisation du chômage et du compte personnel de formation, elles contribuent à renforcer la flexibilité sans sécurité du marché du travail où le salarié devient garant de sa propre « employabilité ».

Ces choix de politique publique sont en échec, en France comme en Europe

Depuis 2012, les gouvernements Hollande se sont enfermés dans cette logique de réduction des coûts des entreprises sans succès.

Avec 745 000 chômeurs de plus en 3 ans et demi, la courbe du chômage ne s’est pas inversée malgré les cadeaux successifs au Medef.

Et la croissance ne repart pas, alors même que la BCE injecte depuis 2013 des sommes colossales dans l’économie, que le prix du brut de pétrole et les taux d’intérêt sont au plus

bas.

En revanche, la vie quotidienne des Français s’est détériorée très concrètement. La qualité des services publics se dégrade fortement. L’espérance de vie à la naissance des Français diminue. Et pour la première fois depuis longtemps les jeunes anticipent que l’avenir sera plus difficile que celui de leurs parents.

L'emploi et le travail au cœur de la bataille idéologique en France et en Europe

L’emploi au cœur de la bataille idéologique

Les idées reçues de nos concitoyen-ne-s sur l’emploi et le travail sont nombreuses, reflet d’une incessante campagne idéologique que mène les tenants des logiques libérales.

L’objectif est simple : justifier la remise en cause des protections et des acquis notamment liés aux avancées progressistes depuis le CNR.

La course à l’augmentation du taux de profit et à la rentabilité financière, conduit le capital à chercher des ressources dans la concurrence entre salarié-e-s et entre territoires, dans la pression sur les salaires, le temps et les conditions de travail, dans le travail gratuit des citoyen-n-es même avec notamment la révolution numérique.

Florilège des idées reçues

Le travail est un « coût » qu’il faut réduire : «

Le travail est un coût/Ce sont les patrons qui créent l’emploiet prennent les risques/On est en concurrence avec le monde».

Au nom de ces idées, les gouvernements successifs multiplient les exonérations de cotisations sociales et bloquent les salaires pour rapprocher nos salaires des pays à « bas coûts », cassent les protections et le code du travail, comme avec la loi El Khomri, sous prétexte que cela faciliterait les embauches.

Ces méthodes sont en cours, en France comme partout dans le monde depuis des décennies, sans résultat sur la pauvreté comme sur la courbe du chômage.

Et au contraire, les dividendes explosent ainsi que les inégalités

(le rapport annuel d’Oxfam sur les inégalités révèle que le patrimoine des 1% des plus riches du monde dépasse désormais celui de 99% de la population ; 62 personnes ont autant d’argent que 3,5 milliard d’individus).

Le débat sur le « coût du travail » tente de masquer une vraie question, celle du coût du capital qui pèse de plus en plus sur l’économie réelle.

Le coût du capital empêche des dépenses nouvelles pour développer l’emploi, la formation, les salaires et créer ainsi les richesses qui permettraient de répondre aux défis actuels pour sortir de la crise.

Si le travail à un coût pour les entreprises, il est surtout créateur de richesses…

Les chômeurs sont des assistés : «Quand on veut trouver du travail on le peut/C’est parce que la main d’œuvre n’est pas adaptée aux besoins du marché qu’il y a du chômage ».

Le chômage serait donc une responsabilité individuelle ? Au nom de ses idées reçues, on réduit le temps et le montant des allocations chômage pour « favoriser le retour à l’emploi. Sans aucun effet puisque le chômage monte, qu’à cela ne tienne, prochain projet du patronat et du gouvernement : la dégressivité des allocations chômage.

Mais qui licencie si ce n’est le patronat ? Qui choisit de délocaliser là où les salaires

sont plus faibles ? Qui continue à exploser ses profits d’année en année ? L’irresponsabilité n’est pas du côté des salarié-e-s ou des sans-emploi mais du Medef et du gouvernement Valls/Hollande qui choisit de s’y soumettre.

Le secteur public est un fardeau : «

Les fonctionnaires ne créent pas de richesse et/ou ce sont des fainéants/

Il faut alléger le mammouth qu’est le service public. Les fonctionnaires sont privilégiés, il faut aligner leurs avantages sur ceux du privé. Les dépenses publiques sont une charge».

Une charge, les dépenses publiques et les salarié-e-s qui y contribuent ?

Une charge l’école, la santé, la police, la justice, notre mairie ?

C’est le discours de ceux qui voudraient bien en faire un marché pour grossir leurs profits.

Pas celui de ceux et celles qui en bénéficient. Imaginez les moments durs comme les

catastrophes naturelles ou les attentats sans services publics ? Le service public est aussi un vecteur d’amélioration de l’efficacité des entreprises.

C’est l’école, l’université qui font des travailleurs formés de bon niveau et en nombre.

C’est la sécurité sociale qui permet d’avoir en permanence des travailleurs en bonne santé.

Le secteur public soutient aussi les débouchés des entreprises, avec la dépense de consommation des fonctionnaires et la dépense d’investissement public (67,5 milliard d’euros en 2015). Il faudrait améliorer le service public, financement et fonctionnement, augmenter le nombre de secteurs couverts ; cela créerait des emplois utiles pour répondre aux besoins des citoyen-ne-s.

La vie d’un entrepreneur plus dure que celle d’un salarié : «

Quand on est entrepreneur, on prend des risques»,Emmanuel Macron.

«Le travail, c’est précaire comme l’amour», Laurence Parisot.

S’il est vrai que la vie d’un patron de PME n’est pas la même que celle d’un patron du CAC40, qu’il soit d’une PME ou d’une entreprise du CAC40, le salarié, lui, doit travailler pour vivre.

Le gouvernement Valls/Hollande, après celui Fillon/Sarkozy, a fait pleuvoir les aides, les avantages, les cadeaux. Près de 200 milliards d’euros d’aides publiques fiscales et sociales sont versées annuellement aux entreprises par l’État pour leur adoucir la précarité...

De l’autre côté, ce sont les protections et le Code du travail en miettes, les vies

précarisées.

En fait, ce sont les salarié-e-s qui sont indispensables pour faire marcher l’entreprise, ils

savent ce qui serait bon pour la faire avancer et si on leur donnait des droits sur les orientations stratégiques, elle s’en portrait mieux.

La flexibilité favorise la création d’emploi : «C’est parce que la main-d’œuvre n’est pas adaptée aux besoins du marché qu’il y a du chômage. Il y aura toujours du chômage». « la flexibilité permet de dégager les

marges qui assureront les créations d’emplois futures », le MEDEF.

Le chômage et la précarité sont utiles aux patrons pour faire pression sur les salariés, pour que ceux-ci travaillent plus avec moins de droits et moins de salaires. Et loin du discours dominant, la précarité explose.

Ainsi en 2013, 86% des recrutements étaient de CDD d’une durée moyenne de... 10 jours. Cet explosion de la précarité n’améliore en rien la situation de l’emploi. Le chômage, la précarité, c’est un gaspillage de vies et de richesses, pour le pays et les autres.

Parce que le monde et les technologies évoluent, que les progrès de productivité sont énormes, il est normal de poser les entreprises aient les moyens de s’adapter aux

évolutions. Mais ce processus doit être maîtrisé par les salarié, utilisée par eux pour développer leurs capacités, réduire le temps de travail et non pour la seule rentabilité. Il est possible de mettre en place une sécurité d’emploi et de formation où chacun-e alterne les périodes d’emplois et de formations, sans chômage et sans perte de revenus.

Face aux contraintes économiques, le politique ne peut pas grand-chose : «L’économie guide le monde/la politique ne peut plus grand-chose».

On nous présente l’économie comme si c’était un phénomène naturel avec les mêmes mots que les catastrophes météorologiques. En fait, ce sont les politiques qui ont décidé de se soumettre aux puissances financières et de ses relais, la Commission européenne, la Banque centrale…

Quand, en 1981, la 5 e semaine de congés payés a été votée, quand les 35 heures, même avec des insuffisances, ont été appliquées, l’économie ne s’est pas écroulée. Au contraire. C’est un choix si le gouvernement Hollande/Valls écoute plus Gattaz et les quelques patrons du CAC40 plutôt que les 500 000 citoyens qui ne veulent pas de la loi El Khomri qui casse le code du travail. Et si la volonté populaire reprenait le dessus ?

A suivre...

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