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Publié par glazik-plomeur

Tous unis contre la loi El Khomri, les syndicats se reverront le 3 mars

Un article de CLOTILDE MATHIEU pour l'Humanité


Pas de date de mobilisation, mais un premier texte commun, avant une nouvelle réunion mercredi prochain, pour approfondir leurs « analyses » et leur stratégie de riposte.

C’est une soirée historique qui a eu lieu hier soir, à Montreuil, au siège de la CGT. Jamais depuis l’élection de François Hollande, l’ensemble des organisations syndicales de salariés (CGT, CFDT, FO, Solidaires, FSU, Unsa), à la seule exception de la CFTC, mais aussi les syndicats de jeunesse (Unef, UNL et FIDL) ne se sont retrouvés en intersyndicale sur les questions sociales. Neuf syndicats unis pour « peser » contre le projet de loi El Khomri, « élaboré sans réelle concertation » et qui « comporte des risques pour les salariés et les jeunes qui aspirent à accéder à un emploi », peut-on lire dans leur communiqué commun que seul FO n’a pas signé. « Nous sommes pour un rejet total du texte, tout est à jeter dedans, alors que d’autres veulent juste peser pour continuer les réformes. Mais ce n’est pas parce nous n’avons pas signé un texte que nous n’avons plus rien à dire » a indiqué la représentante de FO.

Tous se sont néanmoins donnés rendez-vous mercredi prochain, le 3 mars, afin « d’approfondir leurs analyses ». « Il y a beaucoup de points de convergences » au sein des syndicats « pour changer ce texte », avait affirmé plus tôt dans la journée Philippe Martinez sur RTL. Certes, précise Fabrice Angei, pour la CGT, ce « n’est pas un texte de la CGT, loin de là mais c’est une première étape importante. Le travail en commun doit se poursuivre ».

A l’unanimité, les syndicats dénoncent le plafonnement des heures supplémentaires, qui n’est autre « qu’un droit au licenciement abusif », a expliqué William Martinet, le président de l’Unef. Des jeunes qui se sentent directement concernés, car pour eux, cela signifie la « précarisation à vie ». Des jeunes qui comme pour le Contrat première embauche, verront leurs indemnités en cas de licenciements abaissées puisque ces dernières sont définies en fonction de l’ancienneté du salarié.

Autre point de contestation, l’élargissement du forfait jour en fonction des besoins de l’entreprise, sans passer par un accord, ni la validation des salariés. Et pour les salariés travaillant dans les entreprises de moins de 50 salariés, le forfait jour individuel est augmenté de 14 jours. En revanche, la CFDT n’est pas contre l’inversion de la hiérarchie des normes, les modifications des règles de négociations collectives issues du rapport Combrexelles, en privilégiant les négociations d’entreprise à celles issues des branches.

Le 3 Mars, les syndicats établiront une série de contre-propositions au texte « pour peser » d’ici au 9 mars, date de la présentation en Conseil des ministres du projet de loi sur la modification du code du travail. Mercredi prochain, les syndicats aborderont aussi les modalités de la riposte. Car hier soir, « la nécessité d’une mobilisation immédiate » n’était pas partagé par toutes les organisations syndicales, a reconnu Fabrice Angéi, dont l’organisation, avait déjà prévu, avant la parution de l’avant projet de loi, une mobilisation fin mars sur une plateforme revendicative plus large comprenant notamment la question des salaires. Une journée d’action sur laquelle « on ne peut pas faire l’impasse quand le gouvernement menace d’un 49-3 pour faire passer son texte, et semble fermer à la négociation », développe le cégétiste. Une position soutenue par FO, qui s’est déclarée, « prête à l’action », mais aussi par Solidaires, et les syndicats de jeunesse.

Or, pour la CFDT, l’Unsa et la CFE-CGC, « l’heure n’est pas venue de réfléchir à une éventuelle mobilisation, tant que la phase de négociations et de consultations n’est pas achevée », a déclaré la cédétiste Véronique Descacq, soit d’ici au 9 mars.


Le droit collectif n’est pas l’ennemi de l’emploi

Communiqué commun CFDT, CFE-CGC, CGT, FSU, UNION SYNDICALE SOLIDAIRES, UNSA, UNEF, UNL, FIDL

Les organisations syndicales de salariés et de jeunesse signataires se sont réunies ce jour pour faire le point sur la situation sociale et économique notamment après la publication du projet de loi dit El Khomri, concernant la modification du Code du travail. Ensemble et à des degrés divers, elles constatent que ce projet, élaboré sans réelle concertation, va profondément changer la législation du travail et comporte des risques pour les salarié-e-s et les jeunes qui aspirent à accéder à un emploi.

Les organisations signataires ne sont pas satisfaites de ce projet et demandent le retrait de la barèmisation des indemnités prudhommales dues en cas de licenciement abusif et des mesures qui accroissent le pouvoir unilatéral des employeurs.

Elles conviennent de travailler ensemble sur la construction de droits nouveaux, et sur les autres articles du projet, notamment, sur les licenciements économiques, le forfait jours, l’organisation du travail et la santé au travail, l’apprentissage, …

Les organisations signataires, conscientes des enjeux et des responsabilités du mouvement syndical sont porteuses de propositions et sont disponibles pour engager le dialogue permettant le développement de l’emploi, la lutte contre la précarité et la sécurisation des droits des salarié-e-s.

Les organisations signataires se retrouveront le 3 mars prochain afin d’approfondir leurs analyses.

Montreuil, le 23 février 2016


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