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Publié par Torreben

Ports bigoudens : le coût exorbitant de la plaisance

Il existe une confusion ou un amalgame trompeur entre la notion de « tourisme », et celle de « plaisance ». On conviendra aisément que le développement du tourisme en assurant la promotion des territoires revête une importance essentielle pour l‘activité économique.

Il en va autrement de la « plaisance ». On voit surgir sur nos côtes ces gigantesques « parkings à bateaux », dans les arrière-ports, dans les structures portuaires, ou dans les ports de pêche en déshérence.

Les bateaux ne bougent pas, ou peu, même en été, et les propriétaires sont pour la plupart des personnes extérieures au pays bigouden, quimpérois ou parisiens qui ne viennent sur le « garage à bateaux » que de manière épisodique. L’impact économique de cette activité est négligeable, tant en terme d’emplois que de contribution au commerce local.

En revanche, les ports de plaisance représentent un coût pour le contribuable, qui doit payer parfois des factures astronomiques (dragage des ports) tout cela pour le plaisir d’un tout petit nombre, hors l’intérêt général de la collectivité, au profit d’intérêts privés.

L'activité économique qui se développe sur les sites portuaires bigoudens est supportée par les communes de Loctudy et Plobannalec-Lesconil pour l'activité plaisance et pour le port du Guilvinec par le SIVU de Tréffiagat-Guilvinec (Contrat de Territoire).

Loctudy. La commune est concessionnaire du port de plaisance qui est géré dans le cadre juridique d'un SPIC ( Service Public Industriel et Commercial ). Cette gestion fait l'objet d'un budget annexe au budget municipal. Le budget primitif de la commune s’élève à environ 9 millions d’euros pour 2015. Le budget annexe du port de plaisance s’élève au total à 1, 4 millions d’euros. La plaisance impacte le budget de la commune de 15,75 % par an !

Plobannalec-Lesconil. Le Budget primitif s’élève à environ 5,4 millions d’euros, et le budget du port de plaisance à 380 000 euros (7 %), dont 170 000 euros de frais d’études et 64 000 euros de déficit reporté (!). Le nouveau maire Bruno Jullien a assuré vouloir continuer ce qui a été engagé. Il est à craindre à terme, alors que le port de plaisance n’en est qu’à l’ébauche, que la gestion de la plaisance impacte de plus en plus lourdement le budget de la commune, surtout si l’exemple de Loctudy est retenu (société d’économie mixte) pour pallier « l’infaisabilité économique » à un seul opérateur, selon les documents électoraux de la nouvelle municipalité...

Le Guilvinec-Tréffiagat C’est le SIVU de Tréffiagat-Guilvinec qui est chargé par le département de la gestion « plaisance » Le projet, déjà ancien, est délirant : son coût s’élève à 25 millions d’euros pour un total de 850 places (570 places supplémentaires). Coût de la place : 44 000 euros !

Les frais d’études engagés s’élèvent à environ 500 000 euros, à la charge du contribuable par le biais du Département... Il est probable que ce projet pharaonique restera dans les cartons car on voit mal quel investisseur pourrait le financer sans avoir la garantie d’un retour sur investissement substantiel. Mais l’argent de l’impôt aura été gaspillé...

Le citoyen est à bon droit de s’interroger : où vont nos impôts, est-ce que tout cela a un sens dans le contexte économique actuel, est-ce qu’on a les moyens de financer cette activité, ou ne serait-il pas normal que les usagers et non les contribuables assument la charge de ce qui est imposé aux communes littorales.

Afin de moderniser leur base locale, de développer les taux de profits, de puissants intérêts économiques locaux cherchent ainsi à créer de nouvelles valeurs d'usage. Le recours aux crédits publics ou aux opérations pilotées par les collectivités territoriales profitent ainsi à des intérêts privés sans contrepartie réelle pour la population. Avec l’aide d’élus locaux passifs ou complices ?

ALRX

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mathieu 11/02/2016 14:40

Votre article est partiel et faiblement documenté dans le but d'orienter le lecteur dans votre analyse sur le sujet. A aucun moment vous n'évoquez de chiffres de fréquentation (ex passeport escale) ni les études présentant les retombées économiques pour un territoire d'un port de plaisance.
Et le port de plaisance de Sainte-Marine? Plus gros port de plaisance du Pays Bigouden (750 places) géré directement par la commune.
Vous ne l'évoquez pas, peut-être parce qu'il dégage du résultat?
Il est aussi la base de l'entreprise POGO Structures qui emploie 70 personnes à Combrit.
Par ailleurs, outre le chantier naval POGO, il y a une dizaine de prestataires de servcies qui interviennent sur les bateaux (mise à l'eau et sortie d'eau; rénovation, réparation, sellerie nautique, voilerie, moteurs marins...) mais également les artisans locaux (chaudronnier, électricien et même plombier!!)

ALRX 17/02/2016 10:41

Monsieur « Mathieu ».
Nous sommes très heureux de l’intérêt que vous portez à notre blog, comme en témoignent vos remarques et critiques.... Cependant permettez-nous de penser que, volontairement ou involontairement, vous passez à côté du vrai problème qui est posé par l’exemple de la plaisance et de son « coût exorbitant » et que nous avons voulu mettre en évidence.
Nous vivons de toute évidence dans un système économique « libéral », voire « ultralibéral », dans le monde capitaliste de la « libre entreprise »... Pourtant, par le biais des collectivités territoriales (communes, communautés de communes, départements, régions..), et l’Etat lui-même, c’est un déluge de fonds publics qui finance les infrastructures et, directement ou indirectement les entreprises elles-mêmes, par le biais des différents budgets (communaux, communautaires etc.) ou par le biais d’allègements d’impôts, ou d’ « aides » diverses et variées (CICE, baisses de « charges », subventions etc...). Ceci sans aucun contrôle sur l’usage qui peut-être fait de ces fonds publics sous le fallacieux prétexte de « créations d’emplois ».
Si tel était le cas, cela se saurait (5 millions de chômeurs) !
En fait, les fonds publics, c’est à dire l’argent des impôts, l’argent des contribuables est massivement détourné de sa fonction première : permettre à l’Etat de fonctionner normalement, construire des établissements publics, des routes, des hôpitaux, des écoles, améliorer l’environnement, émettre sa monnaie, payer ses fonctionnaires, assurer les besoins sociaux.
Ce détournement de fonds n’a qu’un seul objet : accroître les profits privés, qui font les riches toujours plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres.

Nous reviendrons dans le blog sur cette question.
Cordialement.
ALRX