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Publié par Torreben

« Il n’y a pas d’autre choix »

L’affirmation que le « marché », le capitalisme et la mondialisation sont des phénomènes nécessaires et bénéfiques et que tout gouvernement, tout pays, qui prendrait une autre voie courrait à l'échec se traduit dans le langage politique d’aujourd’hui par « Tina ». There is no alternative (en français « Il n'y a pas d'autre choix ») selon le slogan politique de feu la mère Thatcher lorsqu'elle était Premier ministre du Royaume-Uni.

Cette formule définit l'ordre capitaliste mondial actuel comme un pouvoir totalitaire. Il ne peut pas exister d'alternative au système du mercantilisme mis en place par le capitalisme débridé, s’appuyant sur l'État, dont on trouve l’expression actualisée dans « la mondialisation », « libre-échange» et le fameux « TAFTA ».

La formule a été employée à Davos par l’ineffable Pierre Moscovici lors du Forum économique mondial, ce rendez-vous du gratin du capitalisme mondial. Moscovici, c’est ce hiérarque « socialiste » issu du PS, énarque, qui, après avoir été ministre de l’économie a été propulsé à la commission européenne comme chargé des affaires économiques et financières. Il parlait de la Grèce où selon lui « tout a changé ». « le gouvernement est solide et Alexis Tsipras a compris qu’il n’y avait pas d’alternative; les réformes sont plus consistantes que prévu. » Il paraissait donc se satisfaire d’une purge qui a plongé un pays entier dans la misère. Et ce n’est pas terminé, il resterait la réforme des retraites dont on perçoit ce qu’elle va signifier pour les plus démunis.

Il va y avoir une version portugaise. La gauche anti austérité vient d’accéder au pouvoir à Lisbonne. Il ne s’agit pas pourtant d’une révolution, mais aussitôt le même langage a été employé par la « Commission », avec menaces de sanction à la clef. Elle a fait savoir au gouvernement d’Antonio Costa que son projet de budget n'était pas réaliste, que ses objectifs étaient incohérents, et que la commission serait « vigilante ». Le gouvernement de gauche peut faire ce qu'il veut, mais à condition finalement de poursuivre la politique de l'équipe précédente qui a été virée par le peuple portugais. Et d’insister sur les risques de non-conformité au pacte de stabilité et de croissance et d’exiger du Portugal, un pays qui est actuellement sous procédure de déficit excessif, qu’il fasse des efforts supplémentaires, et Lisbonne échappe de peu à la sanction de l’exécutif européen. Ce n’est que partie remise.

On voit ainsi ce qu’il en est de la démocratie dans l’univers « européen ». Tout changement ne rentrant pas dans les critères fixés est ou sera sanctionné. Hollande a abdiqué aussitôt élu, toute promesse électorale oubliée (« mon ennemi c’est la finance », quelle dérision...), Tsipras a mis les pouces après s’être battu et Antonio Costa va devoir faire face à son tour à l’injonction « Tina ». Il n’y a pas d’alternatives ? Sauf une : désobéir à l'Europe.

ALRX

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