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Publié par Torreben

Détournement de fonds publics

L'intervention croissante de l'Etat dans la vie politique, économique et sociale est un des facteurs essentiel et caractéristique de la société capitaliste dans la phase actuelle de son développement. Ce n’est pas la moindre des contradictions tant, depuis trente ans, dans le « monde libéral » domine l’idée que le rôle de l'Etat doit être minimum afin de ne pas entraver la croissance économique, cette dernière reposant prétendument sur le dynamisme des marchés et des entreprises privées.

Cette intervention s'exerce principalement sur la base économique de la société : l'Etat finance directement ou indirectement, dans de larges proportions, l'acquisition des moyens matériels de production.

Les fonds publics – c’est à dire l’argent des impôts – sont ainsi massivement détournés de leur destination première : permettre à l’Etat de fonctionner normalement, construire des établissements publics, des routes, des hôpitaux, des écoles, améliorer l’environnement, émettre sa monnaie, payer ses fonctionnaires, assurer les besoins sociaux...

Ce détournement de fonds n’a qu’un seul objet : accroître les profits privés, qui font les riches toujours plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres.

L'intervention de l'Etat ne se limite plus désormais à la gestion du budget public et des investissements qui en découlent; elle prend des formes de plus en plus variées et sélectives: sociétés d'économie mixte où sont associés Etat et entreprises privées; tarifs publics préférentiels, (pour l'électricité ou les transports ferroviaires par exemple); rôle de soutien dans les secteurs où le taux de profit (la rentabilité du capital) n'est pas assuré; interventions directes et indirectes en faveur de la concentration du capital sous des formes multiples: subventions, dégrèvements d’impôt, aides diverses et variées, crédits, commandes publiques, réglementations spécifiques...

Ainsi, sous le prétexte de « lutter contre le chômage », de « relancer l’emploi » ce gigantesque détournement de fonds est devenu le dispositif-phare de Hollande, le « pacte de responsabilité », dont on assiste aujourd’hui à l’échec cuisant. Ce plan qui devrait atteindre en 2017, 41 milliards d’euros, n’a eu aucun effet sur la courbe du chômage, mais en revanche a bien servi à conforter les profits des entreprises.

La vague menace de «conditionner les aides », sur le constat des engagements non suivis d’effet du patronat, a provoqué une levée de boucliers. Le gouvernement feint désormais de serrer la vis alors que l'absence de contraintes et de contrôle rendait évidente l'issue de ce pacte depuis le début, et en feignant de découvrir que tout cet argent déversé servait « à restaurer les marges des entreprises ». CQFD.

A titre d'exemple, en 2014, La Poste a reçu 352 millions d'euros de crédit impôt compétitivité emploi (CICE), dispositif intégré au pacte de responsabilité. Une somme faramineuse alors que la société anonyme à capitaux publics ne cesse de pratiquer des coupes claires dans ses effectifs. (6 864 emplois supprimés). La manne financière bénéficie aussi à des entreprises en parfaite santé comme les banques, ou la grande distribution. La BNP a ainsi pu prétendre à 39 millions d'euros de CICE, argent qui sert essentiellement à financer l'offre numérique pour la clientèle, non pas à recruter.

Le bilan du pacte de responsabilité est maigre au regard de cette gabegie. 14 branches industrielles sur les 50 plus importantes ont accepté des engagements et l'on peine à discerner la moindre création de poste.

Le gouvernement « socialiste » a délibérément lâché l’intérêt général du pays aux appétits des actionnaires.

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