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Publié par Torreben

Rue YOUENN DREZEN à Pont-l’Abbé : une tache à effacer...

Il serait temps que cette tache incongrue disparaisse enfin du panorama des rues de la ville où cohabitent les rues Jean Moulin, du Général de Gaulle, Louis Lagadic, Rol-Tanguy, où subsiste cet « outrage permanent imposé à la mémoire de l'écrivain Auguste Dupouy, père de deux fils résistants qui périrent dans des camps de concentration et dont la rue se situe à la perpendiculaire de celle de Youenn Drezen » comme le rappelle opportunément Daniel Quillivic (http://www.ouest-france.fr/bretagne/pont-labbe-29120/la-rue-youenn-drezen-conservera-t-elle-son-nom-39548).

On ne refait pas l’histoire. Mais nous avons tous un devoir de mémoire qui permet de comprendre à qui profite ce révisionnisme qui prétend exonérer de responsabilité ceux qui ont collaboré avec l’occupant nazi pendant la guerre, dès lors qu’ils étaient « nationalistes bretons », et amène finalement à leur rendre hommage.

Drezen, quoi qu’il en soit, n’était pas un « égaré ». Il est bien l’auteur des textes racistes les plus virulents dans les publications nationalistes sous l’Occupation, publications encensant les nazis et appelant à dénoncer les patriotes résistants. « On ne peut pas feindre d’ignorer des écrits qu’on minimise pour magnifier une œuvre surévaluée. »(F. Morvan). Drezen n’est qu’un parmi tous les auteurs ou militants pro-nazis qu’on tente de réhabiliter au nom d’un « idéal » frelaté.

C’est la municipalité Sébastien Jolivet (droite) qui a proposé qu’une rue soit au nom de Drezen, mais c’est aussi la municipalité socialiste d’Annick Le Loch qui aura organisé en décembre 1999 la « manifestation culturelle » au Triskell, « un événement très flatteur pour Pont-l'Abbé avec la venue de nombreux universitaires » disait-elle, ébaubie, « Une reconnaissance de Pont-l'Abbé en Bretagne et même au-delà » (Le Télégramme du 14 septembre 1999). Il convient à cet égard de saluer l’historien Serge Duigou qui aurait souhaité de cette manifestation « qu’elle ne fasse pas l’impasse sur un élément important de compréhension de la vie d’un écrivain », reconnaissant à titre d’organisateur qu’il « avait manqué de vigilance ».

On pourra se faire une petite idée de la prose de Drezen ici : http://le-grib.com/wp-content/uploads/2013/02/drezen-antisemite.pdf.

Peut-on accepter qu’à notre époque troublée, il soit encore rendu hommage de façon permanente à un homme qui fut un chantre du racisme, de l’antisémitisme, à un auteur pro-nazi qui ne s’est jamais considéré comme français et qui crachait sur la République ?

Monsieur Mavic paraît décidé à outrepasser les « antagonismes » qui peuvent subsister. Acceptons-en l’augure. Ce serait l’honneur de notre commune de faire cesser enfin toute polémique sur des rappels historiques douloureux mais salutaires, tout comme pourrait l’être la création d’un « Square de la Résistance » à Pont-l’Abbé.

ALRX

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