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Publié par Torreben

PLOBANNALEC-LESCONIL : le dessous des cartes...

Au delà de la légitime question du déplacement de l’école, le collectif Fleming n’aura été finalement qu’un révélateur des manœuvres économiques qui agitent le Pays Bigouden, dépassant le simple cadre de Plobannalec-Lesconil.

Que s’est-il passé en effet, entre la rentrée 2014 avec la fermeture d’une classe de l’école Fleming, la déclaration de Frédéric Le Loc’h « La majorité réfléchit à la possibilité de mandater la SAFI (Société d'Aménagement du Finistère) pour une réhabilitation ou une reconstruction de l'école publique. », précisant que « La rénovation de l'infrastructure peut contribuer au renouveau du dynamisme de cette école » et le moment où a été prise la décision brutale et sans concertation de délocaliser l’école publique à Plobannalec ?

En son temps, le collectif Fleming avait estimé cette précipitation non seulement « inexplicable », mais aussi absurde au regard du coût du projet (évalué à 3,6 millions d’euros) s’inscrivant dans le dramatique contexte budgétaire des collectivités territoriales confrontées aux baisses drastiques de dotations de l’Etat.

Exit donc Frédéric Le Loc’h, écarté comme n’ayant pas su, ou pu, gérer la manœuvre, c’est à dire s’inscrire correctement et sans casse dans ces objectifs économiques régionaux dont on perçoit aujourd’hui les contours, au travers des politiques de la CCPBS et du Conseil départemental qui détiennent l’essentiel des moyens financiers.

Ce grand projet qui irait de Loctudy à Guilvinec en passant par Plobannalec-Lesconil, et Treffiagat-Léchiagat vise à développer le tourisme, et à redéfinir la structure des communes littorales afin de dégager de nouvelles valeurs d’usage.

Le nerf de la guerre – l’argent – n’est autre que celui de l’impôt, détourné en direction des intérêts privés pour asseoir les profits. On peut constater ici et là le déluge de crédits publics, pour la plaisance à Loctudy, en passant par la criée de Lesconil ou l’étude dispendieuse du futur port de plaisance de Léchiagat-Guilvinec.

Mais s’il faut de l’argent, il faut également de l’espace : « élargir l’offre foncière » selon l’expression de M. Tanter, président de la CCPBS. Le développement économique exige un cadre modernisé. Les intérêts économiques locaux y cherchent en plus de profits importants le moyen de moderniser leur base locale, de recréer de nouvelles valeurs d'usage urbaines. Mais dans ces zones urbaines anciennes, il est nécessaire de détruire les constructions pour libérer les terrains. Et cela coûte cher. Le recours aux crédits publics ou aux opérations pilotées par les collectivités territoriales sont ainsi de nature à contourner l’obstacle principal de la propriété foncière.

A Lesconil, la SAFI a exprimé crûment ces principes : le déplacement de l’Ecole Fleming générait un « foncier disponible et fléché », permettant le « renforcement de la vocation touristique et résidentielle de Lesconil ».

Exit donc M. Le Loc’h (maladroit ?), et bonjour Mme Calvez (tiens, tiens...) aux manettes de la CCPBS avec Mme Zamuner, alors que s’efface M. Chevrier, « trop voyant », des pions au service de puissants intérêts économiques et financiers....

Ainsi va le « monde libéral ». Le patronat n’assure plus le salaire socialisé que constituaient les « charges » comme ils disent, mais qui sont en fait la quote-part patronale des cotisations sociales. On recourt à l’argent public pour financer l’usine, ou l’atelier, ou le terrain, ou le local... Les fonds publics financent l’emploi. Le profit – le but ultime – n’est jamais partagé. C’est ainsi que s’accroissent les inégalités et le chômage.

Prendre conscience du dessous des cartes, savoir quels sont les vrais enjeux à travers l’action de ces femmes et hommes politiques qui prétendent « agir dans l’intérêt des populations », alors qu’ils sont « dans les eaux glacées du calcul égoïste », c’est déjà REAGIR et être CITOYEN.

ALRX

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